les parents et la FCPE du Lot loin d’être convaincus

les parents et la FCPE du Lot loin d’être convaincus
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l’essentiel
La réforme du système scolaire suscite de nombreuses craintes. La fédération des parents FCPE exprime ses inquiétudes et cherche à se mobiliser.

En décembre, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, avait présenté une réforme du système éducatif connue sous le nom de « Choc du savoir », dont les décrets avaient été publiés en mars 2024. Cette annonce avait suscité de vives inquiétudes et oppositions. C’est ainsi que le Conseil de l’enseignement supérieur (CSE) s’est exprimé contre les mesures préconisées.
Alors que les actions se multiplient pour dénoncer cette réforme, la FCPE a organisé lundi une réunion d’information à Figeac. Autour de Frédéric Lacabane, président de la FCPE du Lot, et avec l’aide d’une grande intersyndicale de l’éducation (FSU, CFDT, CGT, UNSA, FO, SUD), enseignants et parents d’élèves se sont réunis pour échanger sur les problèmes soulevés par la « Clash of Knowledge », notamment en ce qui concerne les collèges.

Entretien avec Florence Cabrit (SNES-FSU)

Le gouvernement constate que les collégiens ne progressent pas suffisamment. Partagez-vous cette analyse ?
Certes, le collège se porte mal mais parce qu’il a été abandonné en termes de moyens. Les dotations ont diminué, les postes ont été perdus, les doubles emplois tendent à disparaître, ce qui rend les conditions d’enseignement et d’apprentissage problématiques. Si nous partageons donc une partie du constat, nous ne partageons pas l’analyse des causes ni les solutions préconisées.
Que pensez-vous des manuels pédagogiques uniques et labellisés afin d’uniformiser les pratiques ?
Une telle mesure signifierait pour les enseignants la perte de leur liberté pédagogique, pourtant fondamentale. De plus, les compétences pédagogiques ont plus d’influence sur la réussite des élèves que les manuels scolaires, et un enseignement entièrement mécanisé ne peut pas aider les élèves à progresser. Il est significatif que les États-Unis et le Royaume- reviennent actuellement au « enseigner pour tester », une manière de réduire l’enseignement au bachotage pour réussir une évaluation. Cette approche pédagogique marquerait la fin de l’école émancipatrice.

Les questions portaient largement sur l’organisation des cours de français et de mathématiques en groupes de besoins dès la prochaine rentrée scolaire pour les élèves de 6e et 5e.

Les parents s’inquiètent des futures conditions d’apprentissage

Les professeurs du collégial présents ont souligné les difficultés pratiques d’une telle organisation aux ressources constantes, notamment en milieu rural. Mais ce sont surtout les futures conditions d’apprentissage qui suscitent l’inquiétude des parents. Antoine Massimi (CGT) a rappelé que plusieurs études avaient montré qu’une telle organisation était contre-productive : les élèves progressent généralement moins que dans des classes hétérogènes, et l’ambiance est délétère dans tous les groupes. Enfin, les possibilités de changer de groupe seraient en réalité extrêmement réduites, ce qui équivaudrait, selon Jane Cayrel (CGT), à « trier socialement les élèves dès la 6e ».
Au terme d’une rencontre très riche, les parents ont exprimé leur inquiétude et ont décidé de se mobiliser afin de sensibiliser les autres familles aux enjeux de cette réforme qui concerne, à travers l’école publique, l’ensemble de la société.

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