il a arnaqué les femmes rencontrées sur Meetic

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il a arnaqué les femmes rencontrées sur Meetic

Il a la réponse à tout. Grand, tête lisse, pull blanc comme l’innocence, Pascal Courtot conteste chaque accusation devant le tribunal correctionnel de Saintes, jeudi 16 mai. Ce Parisien de 63 ans doit s’expliquer sur une série d’escroqueries, d’abus de confiance, de faux de chèques. et fraudes commises entre décembre 2016 et janvier 2019 sur le secteur de Royan et Saintes. Cinq des victimes sont des femmes qu’il a attirées sur un site de rencontre.

L’un d’entre eux avait un fils qui voulait créer une école de pilotage. Il lui a assuré qu’il pouvait s’occuper des démarches administratives. Elle lui remet un chèque de 10 000 euros, plus une somme de 3 000 euros en espèces. « Je vivais avec elle, elle est partie plusieurs fois en vacances avec moi. » « 10 000 euros, c’est beaucoup d’argent », constate le président Patrick Mairé. « J’en suis conscient », avoue le sexagénaire qui a encaissé l’argent sur le compte de sa fille.

Patrick Mairé lit son témoignage. « Mon père a dit à tout le monde qu’il avait travaillé à la Chambre de Commerce. Le problème, c’est qu’il n’avait rien fait du tout. Je croyais en cette création, qu’il passerait enfin du bon côté. » « Bien », réagit le prévenu. «J’ai lu ce que dit votre fille…» «Je sais. » Pascal Courtot assure que sa conquête « n’a jamais rien demandé ».

Une aide coûteuse

Un autre lui a fait sept chèques en blanc pour l’aider, en imaginant de petites sommes. Les deux premiers sont passés, 3 000 euros pour l’un, remis à la précédente victime, 2 000 euros pour l’autre… À un troisième, à la rigueur, il a proposé un chèque de 5 000 euros. Entre-temps, elle a dû lui fournir une caution de 3 000 euros. Il lui aurait promis de l’emmener à Disneyland, elle qui n’avait pas pris de vacances depuis cinq ans. “Je n’ai pas vu les 5 000 euros et je n’ai pas vu Disneyland”, a-t-elle déclaré aux enquêteurs.

“Je n’ai pas vu les 5 000 euros et je n’ai pas vu Disneyland”

Un quatrième a découvert la disparition de trois chèques. Deux avaient servi à payer les livraisons de graviers et de granulats à son domicile de Saint-Romain-de-Benet. Le bon de commande portait son nom de famille. La troisième a financé un repas d’anniversaire dans un restaurant où elle n’est pas venue, car l’homme était ce soir-là accompagné d’une autre femme… séduite sur Meetic. ” Elle est bien. Il y en a encore pour 700 euros… » constate Patrick Mairé.

Mais comment fait-il, demande le tribunal ? « Sur mon charme, vous avez vu… » ironise l’accusé, plus beau parleur que playboy. « À aucun moment je ne leur ai rien volé. J’ai expliqué la situation, c’était vrai, réaliste. » Il raconte avoir dû récupérer 500 000 euros suite à la liquidation d’une société de sécurité saintaise dont il était directeur général. Il aurait également travaillé dans la construction automobile, formé des gens du GIGN, dirigé une filiale régionale d’un grand groupe pétrolier…

Il aurait également travaillé dans la construction automobile, formé des gens du GIGN, dirigé une filiale régionale d’un grand groupe pétrolier…

« Pas là pour prêcher »

Pascal Courtot promet de rembourser, mais pour le moment, c’est difficile. Il purge une peine de cinq ans de prison, dont deux avec sursis avec sursis, pour une nouvelle série d’escroqueries commises près de Vesoul (Haute-Saône), après son séjour en Charente-Maritime. Il a impliqué quatre personnes dans ses manigances, dont sa propre fille. Son dossier comprend trois autres condamnations pour le même bois (enregistrement).

« Le grand public le traiterait d’escroc. Nous vous demandons une analyse plus approfondie », commente Alice Rodriguez du ministère public. Elle décortique un dossier truffé de zones floues. Il y a le cas de cette arnaque au carburant à l’Intermarché de Saujon. Sa carte étant refusée, Pascal Courtot a indiqué qu’il allait changer un billet de 500 euros à la caisse centrale. Le magasin affirme qu’il a tout de suite tourné. Problème, les caméras de surveillance n’ont pas été consultées. Qui dit la vérité ? En tout cas, il n’a pas payé.


Ornella Spatafora, pour la défense, a souligné que la fraude ne peut être confirmée lorsque les chèques sont remis volontairement.

Philippe Ménard

Il est difficile de qualifier la fraude lorsqu’un chèque a été remis volontairement par un compagnon. Alice Rodriguez identifie certaines « étapes qui vont alimenter son mensonge ». Elle requiert six mois de prison.

« Nous ne sommes pas là pour prêcher sur M. Courtot, sur les choix qu’il a faits. Six ans plus tard, la situation a évolué, pas forcément très favorablement. Il a été reconnu coupable, il a purgé 27 mois. Que fait-on de lui ? Je suis tout à fait d’accord avec les arguments sur la nature de la peine. L’indemnisation de la partie civile peut avoir du sens”, réagit Me Ornella Spatafora pour la défense.

Le tribunal a acquitté le prévenu sur une grande partie de l’affaire et a maintenu la peine de six mois de prison.

 
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