[Reportage] Kanaval, l’histoire d’un enfant et de « tout un pays »

La productrice a été enchantée par l’histoire de Rico, peut-être en raison de son parcours personnel ou de son intérêt pour les histoires d’immigration, qui ont peu de place dans les médias canadiens et québécois.

J’ai été séduit par l’histoire. Ce garçon de neuf ans arrive au Canada avec sa mère et est convaincu d’avoir atterri sur une planète remplie d’extraterrestres. J’ai trouvé cela intéressant car souvent, quand on n’est pas d’ici ou qu’on est différent, c’est tout le contraire : on a l’impression d’être l’extraterrestre qui arrive. Et Henri [Pardo] J’ai voulu inverser cette histoire du point de vue de l’enfant.

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Daniela Mujica est productrice de télévision et de cinéma. Ses parents sont d’origine chilienne.

Photo : Radio-Canada / Paloma Martínez Méndez

Avec KanavalL’acteur, cinéaste et scénariste Henri Pardo entre pour la première fois dans le monde du long métrage, mais l’intrigue ne lui est pas totalement inconnue.

Cette histoire est la mienne, celle de ma mère et de ma famille, celle de notre déracinement d’Haïti. D’où que l’on vienne, chaque nouvel arrivant porte en lui une existence riche et parfois merveilleuse qui gagnerait à être mieux connue dans les pays d’accueil.

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La communauté haïtienne au Canada

La présence de l’immigration haïtienne au Canada remonte à plusieurs décennies. Selon le recensement canadien de 2021, on estime que 170 000 Haïtiens vivent au Canada, avec une concentration importante dans les régions métropolitaines de Montréal, Toronto et Ottawa, entre autres.

Les Haïtiens ont commencé à s’installer dans le pays dans les années 1960, fuyant la dictature des Duvalier à la recherche de meilleures réalités économiques et de stabilité politique.

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Femmes d’origine haïtienne lors d’une rencontre à Montréal en 1992.

Photo : Pamela Harris / Bibliothèque et Archives Canada / Bibliothèque et archives nationales

Au fil des années, l’immigration haïtienne a contribué de manière significative à la diversité culturelle et au tissu social du Canada, en participant activement à la vie de la communauté et en créant des organismes pour soutenir ses membres.

La communauté haïtienne au Canada continue de jouer un rôle important dans divers domaines de la société canadienne, de la politique à l’économie, et a fait preuve d’une résilience remarquable au fil du temps.

Le voyage du film

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Une scène du film « Kanaval ».

Photo : Maison4tiers / Cortesía

Kanaval a été primé lors de festivals internationaux tels que le Festival international du film de TorontoTIFF à Toronto, où il a remporté le prix Amplifier les voix du meilleur film et une mention honorable pour le meilleur film canadien. Il a également remporté le prix du public au festival Cinémania.

Aux Prix Écrans canadiens, le film a été nominé dans plusieurs catégories, dont celui du meilleur réalisateur pour Henri Pardo et celui de la meilleure interprétation dramatique pour le jeune acteur Rayan Dieudonné, qui jouait le rôle principal. Kanaval est également en lice pour le prix John Dunning dans la catégorie du meilleur premier long métrage.

Le film est sorti en salles le vendredi 3 mai au Québec et sera projeté dans divers festivals et événements culturels à l’étranger.

Le pays d’où nous venons

>>Selon le Recensement de 2021, les Canadiens appartenant à une minorité ethnoculturelle représentent environ 23 % de la population, soit près de 8 millions de personnes.>>

Selon le Recensement de 2021, les Canadiens appartenant à une minorité ethnoculturelle représentent environ 23 % de la population, soit près de 8 millions de personnes.

Photo : iStock

Au Canada, un travail énorme a été réalisé pour montrer qu’il est important de raconter des histoires qui peuvent paraître différentes, mais qui faisons partie du pays d’où nous venonsreconnaît Daniela Mujica.

Les histoires de migration font partie de ce qu’est notre pays aujourd’hui. Kanaval est un exemple. Mais il y en a bien d’autres et dans presque tous les projets auxquels je participe, il y a le point de vue de personnes venues au Canada, par choix ou par obligation, et qui ont été contraintes de quitter leur pays.

Le producteur reconnaît que l’environnement cinématographique et médiatique est très exclusif, particulièrement lorsqu’une personne appartient à une minorité visible ou audible, ou encore lorsqu’elle est une femme.

>>Au Canada, la première chaîne de télévision est apparue en 1952.>>

Au Canada, la première chaîne de télévision est apparue en 1952.

Photo : iStock

Mais peu à peu, des espaces se sont ouverts. Daniela Mujica a participé à la création de l’une d’entre elles, la coalition M•É•D•I•A•. Cet organisme promeut l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité pour les professionnels issus des communautés francophones sous-représentées dans l’industrie cinématographique canadienne.

Pour ce Canadien d’origine chilienne, il était important de contribuer à ce mouvement inclusif, car cette diversité est très, très riche et doit être souligné, conclut-elle.

Ce rapport est également disponible en espagnol

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