Protection du caribou des forêts et des montagnes

Protection du caribou des forêts et des montagnes
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Québec mettra en place des « projets pilotes » visant à protéger le caribou forestier de Charlevoix et le caribou des montagnes de la Gaspésie, reléguant à plus tard l’adoption de mesures de protection pour la douzaine d’autres troupeaux de caribous de la province, un plan jugé incomplet, décevant et incertain par divers observateurs.



Mis à jour hier à 21h46

La stratégie québécoise de rétablissement et de protection du caribou, promise depuis 2016 et reportée à de nombreuses reprises, cède donc la place à « un plan régionalisé », a annoncé mardi à Sainte-Anne-des-Monts la ministre de l’Environnement, de la Lutte contre Changement climatique, faune et parcs Benoit Charette et la ministre des Ressources naturelles et des Forêts Maïté Blanchette Vézina.

Les troupeaux de la Gaspésie et de Charlevoix sont « particulièrement vulnérables » et ces régions « n’ont pas subi de plein fouet les feux de forêt de l’été dernier, qui ont été catastrophiques », a expliqué la ministre Charette.

Mais le Québec n’a «pas de calendrier précis» pour adopter des mesures de protection du caribou ailleurs dans la province, a-t-il reconnu.

Je ne suis pas en mesure de dire si ce sera dans un an, dans deux ans ou plus.

Benoît Charette

Prévisibilité

Les deux projets pilotes annoncés mardi pour la Gaspésie et Charlevoix consistent à restaurer les habitats prioritaires du caribou, à assurer la protection juridique des territoires ciblés, à encadrer les activités et les usages, à assurer le contrôle des prédateurs et à accroître le suivi des populations, une approche qui vise à offrir de la « prévisibilité » aux acteurs économiques. dans ces régions, a déclaré la ministre Charette.

Québec veut protéger le caribou sans mettre tout son habitat sous « cloche de verre » [qui] cela gelerait le territoire », a-t-il expliqué, illustrant que le gouvernement « n’a pas interdit d’aller à Tadoussac voir les baleines », ce qui n’empêche pas de les protéger.

La superficie et les limites des territoires ciblés par les projets, leur localisation exacte et les évolutions réglementaires envisagées feront l’objet de consultations jusqu’à la fin juillet avec les communautés concernées et les Premières Nations.

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IMAGE FOURNIE PAR LE MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, DE LA FAUNE ET DES PARCS

Territoires ciblés par des projets pilotes pour la population de caribou forestier de Charlevoix et la population de caribou des montagnes de la Gaspésie

Ces consultations « permettront de mieux comprendre comment protéger les espèces tout en contribuant à nos activités économiques », a déclaré la ministre Blanchette Vézina.

Les mesures à prendre sont pourtant connues depuis longtemps, rappelait en 2022 la Commission indépendante sur le caribou des forêts et des montagnes, qui concluait à une « urgence d’agir ».

« La première et principale cause du déclin du caribou est la perte d’habitat causée par l’activité humaine, que l’on ne peut nier », a rappelé la ministre Charette.

Ultimatum d’Ottawa

L’annonce de Québec intervient à la veille de l’échéance fixée par Ottawa, qui menaçait d’intervenir unilatéralement pour protéger le caribou si Québec ne présentait pas de plan avant le 1euh peut.

«Ce n’est pas la responsabilité du gouvernement canadien de s’immiscer dans ce dossier», a déclaré mardi la ministre Charette, invitant Ottawa à contribuer au financement des mesures proposées par Québec.

Le gouvernement fédéral avait déjà proposé un tel financement, mais exigeait de voir les propositions du Québec avant de payer quoi que ce soit.

«Ces discussions pourront se poursuivre une fois les plans évalués», a réitéré mardi le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, déplorant au passage l’absence de «plusieurs éléments clés» du plan québécois, notamment sur l’engagement de réduire les émissions de CO2. taux de perturbation de l’habitat du caribou jusqu’à un maximum de 35 %.

L’annonce [de mardi] est silencieux sur plusieurs populations de caribous. Le gouvernement du Québec doit publier une stratégie pour toutes les populations de caribou boréal du Québec, comprenant des mesures intérimaires immédiates.

Steven Guilbeault

Vives critiques

Le plan proposé par Québec est «un exemple flagrant de l’inefficacité du cadre législatif québécois», a jugé la biologiste Fanie Pelletier, professeure à l’Université de Sherbrooke et membre du Comité consultatif sur les espèces fauniques menacées ou vulnérables au Québec. .

« Comme le gouvernement n’est pas légalement tenu de respecter des délais prédéterminés pour mettre en place des mesures de conservation efficaces, ce type de ralentissement semble la norme sans que le ministre n’en rende des comptes », estime Mme.moi Pelletier, auteur principal d’une étude sur la question, publiée mardi.

Le professeur d’écologie animale à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) Martin-Hugues St-Laurent parle d’une stratégie « timide, dans le sillage du statu quo, et dont la réelle efficacité à contribuer à la relance [du caribou] reste à démontrer par des analyses sérieuses.»

Le plan présenté «est une tâche incomplète et soumise tardivement», a affirmé la biologiste Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec, saluant la volonté du gouvernement de restaurer l’habitat du caribou de Charlevoix et de la Gaspésie, mais déplorant l’absence de mesures pour les autres troupeaux. .

Cette absence inquiète aussi le biologiste Alain Branchaud, directeur général de la section québécoise de la Société de la nature et des parcs, qui réclame « une intervention rapide du gouvernement fédéral » pour protéger les troupeaux « au bord de l’effondrement », comme celui de Pipmuacan. . , tout en saluant le « pas en avant sur le long chemin menant au rétablissement du caribou » que représentent les mesures annoncées pour la Gaspésie et Charlevoix.

Les Premières Nations d’Essipit et de Mashteuiatsh ont déploré un « manque flagrant de courage politique, de vision et de sensibilité pour l’espèce qui continue de disparaître définitivement » de la part du gouvernement Legault, réclamant un plan « beaucoup plus sérieux, rigoureux et urgent ». « .

Des critiques sont également venues de la classe ouvrière, qui déplorait l’absence de stratégie globale.

« Le Québec est mûr pour une nouvelle approche forestière intégrée qui traverse tous les enjeux : aires protégées, caribou, incendies, développement, sylviculture, politique industrielle, réglementation, etc. », a déclaré Daniel Cloutier, directeur québécois du syndicat Unifor, qui compte 14 000 travailleurs. membres du secteur forestier au Québec.

«Le gouvernement fait les choses à la pièce plutôt que de regarder la situation globale du secteur forestier», a déclaré Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière de la Confédération des syndicats nationaux (FIM-CSN). ), appelant à « une gestion forestière qui résiste dans la durée ».

Chute marquée des caribous en Gaspésie

La population de caribous de la Gaspésie a diminué du tiers en deux ans, montre le plus récent inventaire gouvernemental, publié mardi. D’une population de 37 à 40 animaux en 2021, le troupeau est passé à une population de 23 à 25 animaux en 2023, indiquent les données gouvernementales. Le Québec a également procédé à la capture et à l’enclos de 13 caribous, dont 10 femelles, en février, afin de les protéger en prévision de la période de mise bas ce printemps. Le nombre de femelles gravides est inconnu pour le moment. Une telle opération a également été réalisée l’année dernière, mais aucun des deux veaux nés en captivité n’a survécu et une femelle est décédée.

Projet reporté à Val-d’Or

Le projet québécois d’augmenter la population de caribous de Val-d’Or en ajoutant six caribous capturés dans le Nord-du-Québec a été reporté d’un an. Cette « supplémentation » de ce troupeau vivant en captivité depuis 2020, annoncée début mars, a été mise sur la glace « suite à des discussions avec différents partenaires de terrain ». […] afin de poursuivre les discussions pour mieux intégrer leurs préoccupations et consolider le projet », a indiqué sans plus de détails Ève Morin Desrosiers, porte-parole du ministère de l’Environnement. La population de caribous de Val-d’Or compte neuf animaux, dont trois sont nés au cours des trois dernières années.

Apprendre encore plus

  • Du 23 au 25
    Population estimée de caribous en Gaspésie en 2023

    Source : Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

    De 700 à 1500
    Population estimée de caribous en Gaspésie en 1950

    Source : Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

  • 5252
    Population estimée de caribou forestier au Québec

    Source : COMMISSION INDÉPENDANTE SUR LES CARIBOUS DES FORÊTS ET DES MONTAGNES

 
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