Par
Romain Michel
Publié le
4 décembre 2024 à 6h48
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« Actuellement, dans l’industrie automobile, le la situation est instable. Lundi, nous pouvons vous dire que tout va bien et annoncer un plan de licenciements mercredi. S’il n’y a pas de prise de conscience, le secteur pourrait mourir en France. »
C’est le cri d’alerte de Denis Bréant, responsable CGT du secteur automobile. «A quoi ça sert de faire 2 millions de véhicules électriques pour 2030, si toutes les pièces viennent de l’étranger ? »
La semaine dernière, l’équipementier Valeo a annoncé la suppression de 868 postes sur huit de ses sites français. L’usine d’Athis-de-l’Orne (Orné) ne semble pas être impactée par ce plan de restructuration. Toutefois, les mauvaises nouvelles n’incitent pas à l’optimisme.
Une baisse des chiffres
« Nous ne sommes pas concernés pour le moment, mais pour combien de - ? On ne sait pas si on est à vendre», demande Mickaël Duval, délégué CGT du site d’Athis.
Il souligne la baisse drastique des effectifs depuis plusieurs années.
De 150 avant le covid, on est passé à 88. Les salariés partent d’eux-mêmes et ne sont pas remplacés. Nous ne sommes plus des priorités pour eux.
Une évolution qui inquiète les plus concernés, notamment avec l’actualité récente, et qui est inquiétante. « Je ne sais pas s’ils vont nous garder pour si peu de monde… Nous sommes une miette. »
Pourquoi le site d’Athis-de-l’Orne est-il épargné par ces décisions ? « Cela fait deux ans que nous gagnons de l’argent, c’est ce qui nous sauve », estime le délégué CGT, avant de philosopher sur la situation : « Cela fait 21 ans que je suis au pouvoir, et cela fait 21 ans qu’on a dû fermer. »
Fermetures importantes
Pourtant, les mesures annoncées la semaine dernière sont concrètes. « Ce n’est pas un message qui apporte de la sérénité. À mon avis, cette première action peut s’inscrire avec une secondeplus tard, dont on ne connaît pas encore les effets », estime Denis Bréant, également salarié sur le site de Mondeville.
Le message est clair : Valéo ferme les robinets dans une optique de compétitivité.
Positions are being eliminated on eight French sites: La Suze-sur-Sarthe, Saint-Quentin-Fallavier, Amiens, Reims, Limoges, Laval, La Verrière and Sainte-Florine.
« C’est la première fois qu’ils ferment un site aussi important que Suze-sur-Sarthe. Demain, la fermeture d’Athis-de-l’Orne pourrait se faire facilement, ce n’est pas le cas pas des productions du futur. »
Une situation financière saine
Le dirigeant syndical est d’autant plus mécontent que le volet financier se porte bien : « il y a une croissance du chiffre d’affaires… Nous supprimons des postes pour rester compétitifs. » Parmi les emplois perdus, le domaine de la recherche et du développement est le premier impacté. « Valeo ne cherche pas à investir dans l’outil de recherche. »
Enfin, le timing de l’annonce agace : « avant les fêtes de fin d’année, c’est très moyen. »
Contactée, la direction du site d’Athis-de-l’Orne n’a pas répondu ne souhaitant pas communiquer sur la situation.
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