Pourquoi l’industrie du jeu vidéo se porte-t-elle si mal ? – .

Pourquoi l’industrie du jeu vidéo se porte-t-elle si mal ? – .
Pourquoi l’industrie du jeu vidéo se porte-t-elle si mal ? – .

Le début de l’année a été assez désastreux puisque Riot Games (530 personnes), Microsoft Gaming (1900 personnes), Sony (900 personnes) et Electronic Arts (670 personnes) ont tous licencié des centaines d’employés. Au Québec, on estime qu’elle a perdu entre 500 et 600 emplois sur 15 000 depuis le début de 2023. Eidos-Montréal a licencié une centaine de personnes le 29 janvier tandis que 42 postes ont été supprimés chez Beenox à Québec quelques jours plus tard. Récemment, c’était au tour de Behaviour Interactive, créateur de Mort à la lumière du jour, pour licencier une centaine de salariés. Avalanche Studios a également fermé son emplacement à Montréal.

Pour Jean-Jacques Hermans, directeur général de la Guilde québécoise du jeu vidéo, cette vague de mises à pied frappe certes fort, mais ne constitue pas une surprise pour l’industrie.

« Il y a eu une forte croissance pendant la pandémie. Il y avait beaucoup de joueurs et beaucoup d’argent disponible. Il y a des studios qui ont grandi trop vite. Tout le monde s’attendait à un plateau. Avait-on prévu une telle ampleur ? Probablement pas, mais il y a eu moins d’impact au Québec, parce que je crois que l’industrie était mieux contrôlée.»

De plus, avec environ 1 000 jeux lancés sur Steam chaque mois, la concurrence est trop féroce pour soutenir autant de studios selon M. Hermans. Et ce sont surtout les petits qui souffrent.

« Il y a un engouement pour les studios indépendants partout dans le monde, avec toutes sortes d’incitations économiques », dit-il. Il est devenu extrêmement compliqué pour les studios de se démarquer. Je pense donc qu’il est normal d’assister à une restructuration. Nous sommes devenus trop gros, trop vite.

Les fameux crédits d’impôt

Autre nuage noir à l’horizon pour l’industrie québécoise, les crédits d’impôt deviendront beaucoup moins attractifs, selon la Guilde, à compter du 1er janvier 2025. Désormais, les premiers 18 000 $ de rémunération ne feront plus partie du calcul. pour obtenir des crédits. En contrepartie, le plafonnement de cette mesure, auparavant à 100 000 $, a été annulé. Ces mesures ont été mises de l’avant par le gouvernement lors du dernier budget afin de recentrer l’aide fiscale sur les emplois hautement spécialisés et bien rémunérés.

Toutefois, selon la Guilde, ces mesures n’atteignent pas l’objectif souhaité alors que 80 % des studios au Québec comptent 50 employés ou moins.

« Il n’y a pas de salaire de 100 000 $ dans ces entreprises, explique M. Hermans. Le déplafonnement leur donne zéro. Le salaire moyen dans ces entreprises se situe autour de 60 000 $ ou 65 000 $. La moyenne globale de l’industrie au Québec est de 88 000 $, mais cela inclut les gros salaires dans les grandes entreprises.

Jean-Jacques Hermans, directeur général de la Guilde du jeu vidéo du Québec (Fourni)

La Guilde a commandé une étude d’impact auprès de PricewaterhouseCoopers. Elle a été partagée avec le gouvernement il y a quelques semaines lors d’une réunion entre les ministres des Finances et de l’Économie.

«En résumé, les petits studios perdent entre 45 % et 68 % de leurs crédits d’impôt sur une période de trois ans », précise M. Hermans. Pour les structures de taille moyenne, elle varie de 30 % à 50 % tandis que les grandes entreprises sont touchées entre 5 % et 16 %. Ce qu’on a dit au gouvernement, c’est qu’il frappe des entreprises qu’il ne veut probablement pas frapper.»

M. Hermans est clair ; si les changements se passent comme ils le sont dans quelques mois, l’industrie se dirige vers un déclin dans la province.

« Nous ne sommes pas innocents non plus, nous comprenons la réalité économique et nous comprenons qu’il y a 11 milliards de déficits. Nous comprenons également que nous sommes en plein emploi. Mais les crédits ne servent plus à créer des emplois, ils servent à rester compétitifs par rapport au reste du monde. Nous sommes une industrie mature, c’est vrai, mais maintenant que tout le monde a copié ce modèle à travers la planète, comment rester compétitif face à l’Arabie Saoudite, au Koweït, à la France ou à l’Ontario qui bénéficient désormais d’incitations économiques plus fortes que nous ?

La Guilde poursuivra ses représentations auprès des autorités gouvernementales.

« Nous ne nous faisons pas l’illusion de penser que le gouvernement serait soudainement prêt à faire des accommodements dans le domaine des jeux vidéo alors qu’il n’a pas voulu en faire dans d’autres secteurs, mais nous faisons notre part. travail, résume M. Hermans. Peut-être sommes-nous capables de mettre en place des moyens de financement des studios différemment qu’avec des crédits d’impôt auprès d’autres ministères ?

 
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