«Ils vont me tuer»

Anne (pseudonyme) est devenue mère à 20 ans. Elle s’est droguée au contact de son mari toxicomane, aujourd’hui en prison.

Anne a un frère, « Jules », âgé de 40 ans. Il a toujours vécu avec sa mère. Au contact de sa sœur, Jules, qui ne travaille plus depuis près de dix ans, s’est également adonnée à la drogue en plus de l’alcool. En bref : ils demandent régulièrement de l’argent à leur mère retraitée.

Une nuit de mi-janvier 2024, vers 1 heure du matin, la maman est réveillée de son premier sommeil par sa progéniture très insistante : ils lui demandent 40 euros. Elle refuse, après avoir déjà tenté, en vain, de leur faire prendre conscience de leur vice.

Une heure plus tard, frère et sœur reviennent réveiller leur mère. Cette fois, Jules en vient aux mains. Tandis qu’Anne tient fermement les bras de leur mère, Jules lui donne des coups de pied et des coups de poing. Bilan : hématomes et contusions aux avant-bras, jambes, épaules. La mère trouve refuge chez des voisins. À la police, elle a déclaré avoir été battue par ses deux enfants adultes toxicomanes.

En prison

Cette fois, Jules et Anne sont placés en détention préventive. Tous deux ont été, ce mercredi, accusés d’avoir battu leur mère devant le tribunal judiciaire de Mons.

En termes de sanction, ils ont de la chance : sauf si le parent victime d’un vol est en état de faiblesse, le code pénal ne prévoit pas de sanctions spécifiques pour vol ou extorsion lorsque l’auteur est un descendant. Anne et Jules ont donc « simplement » riposté à leur mère.

Endetté

Me Mylène Danczak représente la mère, partie civile. Elle explique la situation de celle qui voit, mois après mois, sa pension volée par ses enfants. Une mère désormais endettée, qui est sur le point de devoir vendre sa maison à Hornu. « Ils vont me tuer », a-t-elle déclaré à la police en janvier. « J’ai peur à l’idée qu’ils sortent de prison et viennent chez moi », confie-t-elle à son avocat qui demande au président : « Écoutez sa détresse. Elle ne veut pas rompre les liens avec ses enfants. Elle veut juste qu’ils prennent soin d’eux-mêmes. »

A l’audience, frère et sœur, désormais sevrés physiquement, regrettent : à les entendre, ils n’ont jamais voulu blesser leur mère.

Le parquet proteste

Du côté du parquet, une peine de 15 mois (avec sursis probatoire possible) est requise tant pour le frère que pour la sœur, l’un ayant, par sa présence, renforcé l’action de l’autre.

Me Marie Carbonnelle défend Jules qui, à 40 ans, n’a pas un profil délinquant. Elle avoue le cercle vicieux de la consommation et du besoin d’argent, qui fait que la mère de Jules ne veut plus qu’il vive sous son toit. Me Frédéric Guttadauria plaide des coups légers en faveur d’Anne. Les deux défenseurs espèrent un sursis de peine accompagné de conditions probatoires. Mais le parquet a protesté : la mère a déclaré à la police qu’elle avait été battue par ses deux enfants. Certaines blessures en témoignent.

 
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