Une étude de l’UdeS révèle que les pesticides sont nocifs même à faibles concentrations

Une étude de l’UdeS révèle que les pesticides sont nocifs même à faibles concentrations
Une étude de l’UdeS révèle que les pesticides sont nocifs même à faibles concentrations

Dans l’eau ou dans le sol, les pesticides sont présents partout. Les scientifiques savent depuis des années qu’une consommation massive est nocive pour la santé. Mais cette toxicité ne se calcule qu’individuellement, chaque substance chimique ayant sa propre limite de concentration à ne pas dépasser.

« Dans l’environnement, il existe des dizaines de types de pesticides. Ce que nous voulions évaluer, c’est le danger que pourraient représenter plusieurs faibles concentrations, si elle pouvait être aussi grande qu’une seule forte concentration », explique le professeur au département de biologie Luc Gaudreau, qui a dirigé cette étude.

En prouvant que de petites quantités de plusieurs pesticides peuvent avoir un effet équivalent à une forte concentration d’un seul d’entre eux, un nouveau risque sanitaire se révèle. D’autant plus que les produits étudiés sont des insecticides, des fongicides et des herbicides largement utilisés au Canada.

Les effets des interactions entre pesticides pourraient être très importants, selon M. Gaudreau.

Au contact des cellules composant le corps humain, les pesticides provoquent des mutations directes ou indirectes dans l’ADN. Si cela se produit dans les mauvais gènes, ces changements peuvent provoquer un cancer.

Cela s’explique par la façon dont agissent les pesticides, qui s’attaquent aux mêmes cibles moléculaires. Lorsque de petites quantités de plusieurs produits attaquent les cellules, cela a le même effet qu’une forte concentration d’un seul d’entre eux.

«Plus on habite dans une région où l’agriculture est intensive, plus les risques sont grands», commente M. Gaudreau.

Une ouverture vers d’autres études

Cette découverte n’est pas la fin, mais le début de la recherche sur les pesticides. Même si plusieurs types ont été interdits au cours des dernières décennies, les connaissances sur ces produits demeurent encore insuffisantes, selon M. Gaudreau.

“Nous n’en savons pas assez sur les effets des pesticides, c’est pourquoi nous avons tendance à en abuser jusqu’à nous rendre compte qu’ils sont nocifs.”

Pour y remédier, il faudrait intensifier les recherches sur le sujet, mais aussi étudier différemment leurs conséquences.

« Si on parle de cancer, il n’y a pas beaucoup d’études épidémiologiques. En France, (…) c’est très clair que les cancers des agriculteurs y sont associés, ces études sont beaucoup plus claires”, rappelle-t-il.

M. Gaudreau aimerait donc intensifier ses recherches, en augmentant le nombre de combinaisons de pesticides étudiées. Mais cela prend du temps, puisque le nombre de permutations augmente en fonction de la quantité de produits étudiés, et cela reste compliqué à réaliser en laboratoire, déplore le professeur.

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Les pesticides n’augmentent pas seulement le risque de cancer. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, les risques de leucémie, de malformations congénitales, de maladie de Parkinson ou d’Alzheimer pourraient également être accrus en cas de contact trop fort et prolongé.

L’objectif final de l’étude la plus récente serait de mieux comprendre ces produits en réalisant des études à plus grande échelle, en tenant compte du fait que les pesticides peuvent s’additionner. M. Gaudreau espère avoir ainsi ouvert la porte à bien d’autres études de ce type, qui pourraient faire avancer la question de l’utilisation de ces substances chimiques.

«La grande question est de savoir quels effets néfastes cela peut avoir, pour ensuite faire des choix rationnels quant à l’utilisation des pesticides et de leurs alternatives», conclut M. Gaudreau.

 
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