Journée noire dans le BTP, les syndicats prêts à durcir le ton

Journée noire dans le BTP, les syndicats prêts à durcir le ton
Journée noire dans le BTP, les syndicats prêts à durcir le ton

Trois mois plus tard, le secteur du BTP est toujours en construction et en attente de visibilité. En février dernier, le ciment avait déjà craquelé au moment des négociations annuelles obligatoires (NAO). Des discussions houleuses et douloureuses ont eu lieu autour des salaires notamment, sujet qui cristallise le secteur : une augmentation de 0,5 à 1,6 % annoncée par la FRBTP (Fédération réunionnaise des BTP) contre les 5,5 % demandés par les syndicats, »pour faire face à l’inflation et à la crise du secteur« Plusieurs nouvelles revendications avaient été clairement exprimées, à savoir l’instauration d’avances de démarrage de 30% pour tous les marchés publics et une meilleure »visibilité sur l’avenir», avec une Ligne budgétaire unique (LBU) plus conséquente. Une commission de conciliation entre organisations syndicales et employeurs avait même été mise en place pour fixer enfin de nouveaux délais. Tout le monde est resté insatisfait. Peu de choses se sont produites. ému, le ton est donc haussé. La différence, c’est cette fois que tous les acteurs du BTP, syndicats et patronat, sont unis pour éviter le «mort planifiée» du secteur.

Hier, à la surprise générale, l’intersyndicale a activé un nouveau levier de contestation. La CGTR, FO et CFDTR ont installé une barrière filtrante au niveau du rond-point donnant accès à l’entrée de la LNR à Saint-Denis, provoquant accessoirement d’importants embouteillages. UN “blocage potentiellement illimité», ont annoncé les manifestants avant qu’une délégation ne soit reçue à la préfecture, notamment par le secrétaire général chargé des Affaires régionales. “Nous traversons une crise profonde. Il faut faire quelque chose pour relancer l’activité de toute urgence. La situation est grave avec des travaux bloqués, des projets infructueux, des offres remises sur la table., a notamment alerté Johnny Lagarrigue de la CFDT. “Nous sommes à l’agonie. Des entreprises ferment, il y a des centaines de licenciements et surtout aucune visibilité» a ajouté Maximin Hoarau de la CGTR BTP. Nous n’avons pas été entendus, il n’y a rien de concret et rien n’a été évoqué.« L’intersyndicale réclame notamment le déblocage des chantiers arrêtés, avant de dénoncer »les promesses non tenues des décideurs ».

Nouveau « jour noir » ce jeudi

Nous partageons les préoccupations des syndicats concernant l’emploi et restons solidaires avec euxa pour sa part déclaré Jimmy Amédée, président de la commission sociale de la FRBTP après la réunion en préfecture. Nous aussi, nous alertons sur la situation depuis près de deux ans. Nous avons eu de nombreux appels d’offres infructueux et nous avons également souffert d’une augmentation des matériaux, conséquence directe des difficultés de ces dernières années.» Des éléments circonstanciels qui placent donc la filière dans la bétonnière. Notez également cette crise”sans précédent» a un impact considérable sur les infrastructures futures, si bien que même les politiques publiques de certaines communes s’emploient à augmenter le nombre de logements pour répondre au solde migratoire positif de certains quartiers, au nom de l’hyper-proximité et de la mixité sociale.

En milieu de journée, l’intersyndicale annonçait que «demain (Aujourd’hui) serait un autre jour sombre pour l’industrie de la construction», avec notamment des opérations de remorquage. Autrement dit, chefs d’entreprises et salariés entendent poursuivre leurs actions devant la préfecture. Une rencontre avec la Région, le Département, les maires de l’île et tous les «donneurs d’ordres» est attendu aujourd’hui dans l’après-midi.

Table de Lény-Huayna
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