L’IA sans coûter un bras ou un rein

L’IA sans coûter un bras ou un rein
L’IA sans coûter un bras ou un rein

S’il est désormais très facile de faire exploser le prix des smartphones haut de gamme en les poussant bien au-delà de la barre des 1000 francs pour la plus petite des options non incluses dans le prix de base, Google s’entête à approvisionner le segment milieu de gamme avec des modèles qui sont plus qu’une illusion.

La preuve en est fournie avec le Pixel 8a, un nouveau modèle sorti en Suisse mi-mai 2024. Ce modèle se situe dans la même famille que le Pixel 8 et le Pixel 8 Pro, sortis en octobre 2023. Ils sont tous deux mieux équipés. que le 8a sur le papier, mais aussi plus cher (549 ou 649 francs pour le 8, de 749 à 949 pour le Pro). Le 8a, en Suisse, coûte un peu moins de 500 francs, pour le modèle de base, et 560 francs pour le modèle avec le double de mémoire, de 128 Go à 256 Go). Il est probable que les prix baisseront considérablement dans quelques mois. Pour ceux qui ne participent pas à la course aux armements, il s’agit d’un smartphone abordable.

En main, le Pixel 8a se caractérise par sa légèreté, 188 g, et ses courbes agréables à l’œil et au toucher. À cela s’ajoutent des dimensions raisonnables (152,1 x 72,7 x 8,9 mm) qui en font un appareil qui se glisse facilement dans votre poche. Même si son dos était en plastique, à aucun moment nous n’avons eu la sensation d’une descente insupportable dans une matière trash. D’autant plus que la surface mate laisse à peine apparaître les traces de doigts.

Bonne luminosité

La luminosité efficace de son écran OLED nous a immédiatement surpris et séduit. Même en plein soleil, sa consultation reste très agréable. De plus, on remarque à peine que le bord noir de l’écran est un peu plus épais que sur les modèles supérieurs. A noter que la fluidité du défilement est fixée par défaut à 60 Hz dans les options d’affichage, mais qu’elle peut être augmentée jusqu’à 120 Hz. Le smartphone perd alors légèrement en autonomie sans que cela s’avère catastrophique.

Nous avons bien sûr mis le 8a à l’épreuve sur ses capacités à prendre des photos et des vidéos et nous n’avons absolument rien trouvé à lui reprocher même si ce modèle ne possède pas tous les raffinements de ses grands frères. Les photos nous ont semblé de bonne qualité, leur colorimétrie notamment et les possibilités de stabilisation des images en vidéo nous ont paru loin d’être démérites.

On note également que le 8a est équipé du même processeur (son surnom Google Tensor G3) que les 8 et 8 Pro. L’appareil dispose donc de la puissance nécessaire pour faire tourner de manière optimale les applications les plus gourmandes, les jeux vidéo notamment.

Il s’agit aussi, semble-t-il, d’un processeur conçu pour l’intelligence artificielle (IA). L’IA, parlons-en. Une chose est sûre, cela va être le cheval de bataille de tous les constructeurs, déjà maintenant, mais aussi dans les semaines, mois et années à venir. Le 8a semble prendre les devants puisqu’il est pratiquement le seul de sa catégorie à proposer nativement des services utilisant sa puce proclamée « intelligente ». On a noté par exemple l’outil qui permet de sélectionner des bandes sonores parasites dans une vidéo et de les éliminer pour ne conserver que celle que l’on souhaite, le timbre de notre voix par exemple.

On a également noté le procédé qui, sur une photo, permet d’encercler un détail (une bouteille de vin par exemple) et de l’effacer comme s’il n’avait jamais été posé sur la table des vins. Et on ne parle même pas de l’arrivée très récente de « Gemini », une application entièrement conçue pour exploiter l’IA générative (c’est un peu hors sujet, car Gemini n’est pas spécifique au 8, l’appli est présente sur la plupart des appareils Android). smartphones et bientôt même sur iOS).

IA ou savoir-faire ?

Pour être honnête, il est encore difficile de comprendre pleinement en quoi l’IA, du moins telle qu’elle est actuellement vendue par les constructeurs, est révolutionnaire. Surtout, on a du mal à interpréter correctement si une nouvelle fonction est possible car l’IA lui a caressé le bras. Ou parce qu’il est le fruit du savoir-faire, du bon sens et du sens ergonomique d’un programmeur. Il faudra du temps pour assimiler et différencier.

Mais en l’état, Google propose une alternative aux fleurons terriblement haut de gamme d’Apple et de Samsung, avec un produit plus modeste, mais qui sait se démarquer dans les rayons qui comptent.

La jolie tentative de coup d’État contre l’IA d’Apple

Décrit comme un retardataire en matière d’adoption de l’IA générative pour ses appareils électroniques, Apple a tenté lundi dernier, lors de sa dernière Keynote, un astucieux geste qui pourrait s’apparenter à une tentative de coup d’État : renommer l’IA (Intelligence Artificielle) par AI ( Apple Intelligence). Une appropriation qui semble démontrer les réticences de la firme à la pomme à concéder son retard sur les précurseurs, OpenAI (ChatGPT) en premier lieu.

Le constructeur d’iPhone a démontré lundi 10 juin sa volonté de se lancer dans la course et même de prendre les devants en devançant ses concurrents. A-t-il réussi ? Les engagés en sont convaincus, les autres demandent encore à voir.

Apple a néanmoins pris soin de consolider sa promesse qui semble lui tenir le plus à cœur : la protection de la vie privée. Sachant que l’IA dans les applications peut nécessiter une puissance de calcul considérable, on considère que nos nouveaux appareils qui l’utilisent la chercheront sur des serveurs externes, avec tous les risques de fuite et d’exploitation par d’autres. nos données personnelles.

Apple a construit son Apple Intelligence sur deux étages. Dans le premier, avec une IA où tout est calculé par l’appareil. Cela explique pourquoi seuls les nouveaux iPhone 15 Pro et 15 Pro Max (ou iPad) pourront gérer les nouvelles fonctions présentées lundi dernier. Ces derniers étant équipés de la puce la plus puissante de leur assortiment. Cela permet également à Apple de promettre que ce qui se passe dans un iPhone reste dans l’iPhone.

Au deuxième étage, le projet d’Apple visant à utiliser ChatGPT pour des services impossibles à gérer avec la seule puce de l’appareil et donc à faire communiquer ses chouchous avec des serveurs externes. Dans ce cas, toutes les alertes jugées utiles seraient données à l’utilisateur afin que, s’il décide de se lancer, il le fasse en toute connaissance de cause…

Et Google, et les autres, dans tout ça ? La nuit ne fait que commencer.

 
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