« Un hôpital peut-il faire faillite ? La question peut se poser», estime Claire Charmet – rts.ch – .

« Un hôpital peut-il faire faillite ? La question peut se poser», estime Claire Charmet – rts.ch – .
« Un hôpital peut-il faire faillite ? La question peut se poser», estime Claire Charmet – rts.ch – .

Claire Charmet, directrice du site de La Chaux-de-Fonds du Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe), met en lumière les défis auxquels sont confrontés les hôpitaux suisses. Selon elle, les politiques cantonales génèrent des duplications en termes de coûts.

Jeudi dans La Matinale de la RTS, Claire Charmet aborde la crise du système de santé et des hôpitaux et explique qu’elle est bien connue et largement documentée. Cela remonte aux années 80 aux États-Unis et aux années 90 en Europe. En Suisse, ce phénomène est cependant plus récent.

Selon le directeur du site RHNe de La Chaux-de-Fonds et vice-président du conseil d’administration du RHNe, « une question se pose : un hôpital ne peut-il pas faire faillite ? Et dans quelle mesure les cantons sont-ils prêts à les soutenir?» Car en Suisse, l’organisation hospitalière est historique. Par exemple, dans le canton de Neuchâtel, les comptes sont consolidés avec ceux de l’Etat, rappelle-t-elle.

Un système de santé n’est qu’un reflet profond de la culture d’un pays.

Claire Charmet, directrice du site RHNe La Chaux-de-Fonds

En plus de faire payer les déficits aux contribuables, Claire Charmet estime qu’il peut y avoir une réduction de la quantité de services rendus par un établissement. D’autres pourraient décider de les augmenter « pour rechercher des options plus rentables qui financent celles qui ne le sont pas », souligne-t-elle.

Selon elle, « un système de santé n’est qu’un reflet profond de la culture d’un pays ». Dans un système comme la Suisse, l’histoire cantonale est essentielle. D’autres pays, dont la France, ont mis en place une gradation de soins, définissant qui doit offrir quoi, pour combien de milliers d’habitants et à partir de combien d’actes le service peut être maintenu. Cette approche a permis de réaliser un dépistage important dans ces pays.

Raisons de clôturer dans le rouge

L’hôpital de La Chaux-de-Fonds, comme celui du Valais, est confronté à des difficultés financières. Clôturer un budget en déficit, comme c’est le cas cette année pour l’établissement neuchâtelois, implique la mise en place de plans d’économies permanents, affirme son directeur.

Celui de La Chaux-de-Fonds est lié à plusieurs facteurs, dont la pression constante d’amélioration de l’efficacité et le système tarifaire qui a entraîné une pression sur les tarifs.

En réalité, nous n’avons pas un système très vertueux

Claire Charmet, directrice du site RHNe La Chaux-de-Fonds

« Nous pensions pouvoir contrôler le coût en disant qu’une prothèse de hanche devait coûter très cher, parce que c’est la norme. Petit à petit, il y a eu de la pression, on s’est dit que ça coûtait trop cher et qu’« il fallait baisser les prix, mais la structure de coûts d’un hôpital, c’est 80 % ou 70 % de personnel. Ce sont des frais fixes», explique Claire Charmet. Et c’est pour ces raisons que chacun augmente le volume des activités. “En réalité, nous n’avons pas un système très vertueux.”

De plus, si un hôpital devient plus efficace, l’assureur peut réduire le tarif l’année suivante, créant ainsi un cercle de recherche d’efficacité. « Ce qui n’est pas forcément mauvais, mais c’est beaucoup de pression », commente-t-elle.

Commentaires recueillis par : Pietro Bugnon

Adaptation web : Miroslav Mares

 
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