« Il faut poursuivre notre travail de reconquête des milieux aquatiques »

« Il faut poursuivre notre travail de reconquête des milieux aquatiques »
« Il faut poursuivre notre travail de reconquête des milieux aquatiques »

La fédération départementale de pêche a tenu son congrès ce samedi 25 mai. L’occasion pour son président, David Fernandez, de revenir sur l’année écoulée mais aussi sur les actions de préservation des cours d’eau. Entretien.

Lors de votre assemblée générale, vous avez notamment évoqué la saison de pêche 2023 dans l’Aude. En conséquence, quelles conclusions tirez-vous ?

Dans l’ensemble, c’est une saison qui s’est plutôt bien déroulée. Nous avons eu une activité riche, notamment dans nos actions, que ce soit dans la gestion des milieux aquatiques ou dans le développement de la pêche récréative. Parce que nous continuons à mettre en œuvre notre plan de développement auprès des locaux et des touristes. Le seul bémol, le même que celui de 2022, est la sécheresse. Cela a eu un gros impact sur nous, principalement dans le secteur des Corbières. Mais nous poursuivons malgré tout une dynamique amorcée il y a quelques années.

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Quelle est l’évolution du nombre de pêcheurs dans l’Aude ?

Actuellement, depuis 2019, nous constatons une stabilité autour de 10 000 membres. Avec une baisse des cartes adultes mais une forte hausse chez les jeunes. On constate qu’ils reviennent de plus en plus sur les berges des cours d’eau du département. Il y a un côté naturel qui les intéresse beaucoup. La fédération départementale a également fait beaucoup d’efforts dans tout ce qui touche à l’éducation à l’environnement, aux écoles de pêche et à leur déploiement. Nous disposons également de matériel de pêche qui évolue avec par exemple des bateaux float tube, du petit matériel pour la pêche des carnassiers, des leurres, des cannes souples. Mais c’est aussi grâce à la mise en place d’itinéraires bien identifiés où les jeunes savent qu’ils peuvent trouver telle ou telle espèce ou pêcher selon certains chemins bien définis.

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Avec le réchauffement climatique, est-il difficile de retrouver certaines espèces dans nos cours d’eau ?

Pour être honnête, cela devient de plus en plus difficile pour la truite fario. Elle perd du terrain. C’est pourquoi nous devons poursuivre nos travaux de reconquête des milieux aquatiques. L’exemple de la truite fario est évident : lorsque les eaux se réchauffent, elles tentent toujours de remonter le courant pour trouver de l’eau fraîche. Mais parfois, elle arrive à des barrages où elle ne peut pas monter plus haut. Elle reste coincée. Nous travaillons donc avec plusieurs partenaires, c’est un de nos sujets actuels.

Avec quels partenaires ?

Nous avons la chance d’avoir le Syndicat paritaire des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR). Ce partenaire dispose d’un savoir-faire depuis les années 1990 sur lequel nous pouvons nous appuyer, notamment pour ses compétences en hydrologie, en écologie et sa continuité. Nous les mettons en synergie pour pouvoir proposer des actions dans l’intérêt global. Il y a aussi la ressource en eau car elle ne concerne pas seulement les pêcheurs mais c’est aussi de l’eau potable, pour les agriculteurs et pour la population en général.

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Cette ressource en eau en baisse est-elle un frein pour les pêcheurs ?

Nous veillons à anticiper les conditions climatiques générales, afin que le pêcheur puisse s’orienter. S’il n’est plus sur une rivière, c’est un plan d’eau comme un lac. Nous avons encore la chance dans ce département de passer de la montagne à la mer. Nous pouvons proposer diverses activités. Je ne m’inquiète pas trop pour le pêcheur, mais plutôt pour la ressource en eau. Mais je reste convaincu qu’avec nos partenaires nous pourrons trouver des solutions.

 
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