En Turquie, les incendies de végétation tuent au moins douze personnes et tuent des centaines d’animaux

Une vue aérienne montre des dizaines d’animaux morts au sol dans le village de Köksalan suite à un incendie de forêt dans la province de Diyarbakir, en Turquie, le 21 juin 2024. MAHMUT BOZARSLAN / AFP

Au moins douze personnes ont été tuées et des dizaines blessées dans un incendie de végétation qui s’est propagé par les vents à plusieurs villages du sud-est de la Turquie, provoquant également la mort de centaines d’animaux.

Dans un rapport actualisé vendredi 21 juin au soir, le ministre de la Santé, Fahrettin Koca, a rapporté “douze morts et 78 personnes touchées”. Parmi eux, cinq ont dû être placés en réanimation, a-t-il précisé. Le ministre avait précédemment déclaré que les flammes avaient été maîtrisées du jour au lendemain, mais « Les efforts de refroidissement se poursuivent » Vendredi sur les terres brûlées de cette zone rurale située entre les villes de Diyarbakir et Mardin, proche de la frontière syrienne. Un nouveau foyer s’est déclaré vendredi matin près du village d’Ergani, dans la même région, mais a pu être contenu, selon un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP).

Outre le bilan humain, des images de dizaines de chèvres, moutons et ânes carbonisés, gisant dans l’herbe brûlée de cette région essentiellement agricole et d’élevage, ont été largement partagées sur les réseaux sociaux.

Les villageois de Köksalan, l’une des localités les plus touchées, ont rapporté à l’AFP qu’ils avaient perdu la moitié de leurs quelque mille chèvres et moutons et qu’ils travaillaient vendredi pour ramasser les carcasses de leurs animaux.

Pour les animaux secourus qui étaient encore à peine debout, le pelage brûlé dans les champs noirs calcinés, la peau parfois à vif, des appels ont été lancés à des vétérinaires bénévoles. «Mes frères vétérinaires, allez dans la zone anti-incendie» a déclaré Seracettin Bedirhanoglu, chef provincial du principal parti d’opposition CHP dans la région voisine de Van, sous “des images insupportables” animaux grièvement blessés.

Informations judiciaires

Selon le ministre de l’Intérieur, Ali Yerlikaya, l’incendie s’est déclaré jeudi soir à cause du brûlage de chaumes dans une zone située à une trentaine de kilomètres au sud de Diyarbakir, où le thermomètre grimpe au-delà de 40 degrés en journée. Les flammes se sont propagées rapidement sous l’influence du vent, touchant cinq villages.

Des images diffusées dans la nuit sur les réseaux sociaux montraient un gigantesque incendie attisé par le vent et illuminant le ciel rouge, ainsi que de gros nuages ​​de fumée. Sept équipes d’urgence et trente-cinq ambulances ont été dépêchées sur les lieux, a indiqué Koca.

Une information judiciaire a été ouverte, a annoncé le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç. Dans la nuit, le parti d’opposition pro-kurde DEM, troisième force au Parlement, a exhorté les autorités à déployer des moyens aériens, comme elles l’ont fait rapidement ces derniers jours après des incendies qui ont éclaté dans l’ouest du pays.

« Jusqu’à présent, les interventions au sol ont été insuffisantes. Les autorités doivent intervenir plus largement et avec des moyens aériens sans perdre de temps »a appelé le parti dans un communiqué.

13 000 hectares détruits en 2024

Mardi, le trafic maritime a dû être partiellement suspendu pendant quelques heures dans le très fréquenté détroit des Dardanelles, au nord-ouest de la Turquie, en raison d’un incendie de forêt. Là aussi, un feu de chaume allumé par un agriculteur est à l’origine du sinistre.

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L’été 2021 a été marqué par de violents incendies dans le sud-ouest de la Turquie, notamment dans la zone montagneuse escarpée de la province de Mugla, plantée de conifères. Un incendie a même menacé une centrale électrique.

La population découvre alors, à son grand désarroi, l’absence d’avions bombardiers d’eau en état de marche. Près de 13 000 hectares ont été détruits par des incendies en Turquie en 2024, selon le Système européen d’information sur les incendies de forêts (Effis).

Les incendies qui se multiplient à travers le globe sont associés à différents phénomènes anticipés par les scientifiques en raison du réchauffement climatique. L’augmentation des températures, l’augmentation des canicules et la baisse des précipitations par endroits représentent une combinaison idéale pour le développement d’incendies, qui se déclarent plus facilement lorsque la végétation et les sols sont très secs.

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Le Monde avec l’AFP

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