TV5Monde devient « média non grata » au Burkina Faso

TV5Monde devient « média non grata » au Burkina Faso
TV5Monde devient « média non grata » au Burkina Faso

Ce mardi 18 juin, le Burkina Faso a interdit la diffusion de TV5Monde pour six mois.

Après RFI, France 24Le Monde, LCI, Jeune Afrique, c’est au tour de TV5Monde être suspendu pour une période assez longue – six mois – au Burkina Faso. Avec une amende supplémentaire de 50 millions de francs CFA, soit 76 000 euros.

Ce qui est agaçant, c’est toujours et encore la remise en question de la situation sécuritaire et militaire du pays, puisque le coup d’État du capitaine Ibrahim Traoré en octobre 2022. Cette fois, il est accusé de « remarques tendancieuses », à l’antenne, par Newton Ahmed Barry. Ce journaliste et ancien président de la Commission électorale s’est exprimé lors du journal télévisé de TV5, notamment sur l’attaque jihadiste meurtrière de Mansila, au nord-est du pays, près du Niger.

Alors que plusieurs dizaines d’instructeurs russes sont arrivés du Mali à Ouagadougou, il s’agit aussi de discréditer les rumeurs de mutinerie et « sautes d’humeur » est apparu sur les réseaux sociaux. ” Ce n’est pas ainsi », assure l’armée, qui a pourtant les plus grandes difficultés à justifier comment un obus a pu arriver dans la cour de la télévision publique, à deux pas de la présidence. UN ” incident de tir », selon la chaîne étatique.

Et cette suspension prend une tournure particulière compte tenu de la nature de TV5Monde. Car TV5 n’est pas la France, même si Paris assure la majorité de son budget. C’est une chaîne francophone où l’on retrouve des télévisions de Belgique, du Canada et de Suisse. Yves Bigot, le patron de la chaîne qui vient de quitter ses fonctions faute de reconduction, comptait même ouvrir son capital à sept pays africains. Le 6 juin, il a signé une charte éditoriale avec la société des journalistes de la chaîne qui garantit qu’elle est conforme au journalisme » initiative de confiance », un label international de qualité de l’information.

Interférence de puissance dans les médias

Un label auquel RFI et France 24 ont également adhéré. Et au Burkina Faso, on observe un contrôle accru des médias. Il suffit de voir qui porte plainte contre TV5 : ce n’est pas directement le gouvernement, mais le régulateur, le Conseil national de la communication, qui, depuis une réforme en novembre dernier, est la voix du pouvoir dans les médias. Cette suspension de six mois fait suite à l’interdiction d’un mois de Radio Omega, expulsions de journalistescomme celui de Monde et de Libérer qui avait parlé d’un « guerre de propagande » avec des groupes jihadistes. On voit également des agences proches du pouvoir organiser des campagnes de diffamation contre les journalistes burkinabè.

En gros, quand la sécurité du pays n’est plus sous contrôle, on essaie de contrôler les messagers.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

NEXT Antilles menacées par l’ouragan Beryl, classé « extrêmement dangereux » : Actualités