la colère d’un élu

la colère d’un élu
la colère d’un élu

« Dans un désert médical, on ne respecte même plus les morts. » Première députée à Magny-lès-Jussey, Marie-Agnès Cornu a un moment hésité avant de nous demander d’exprimer sa froide colère. Et puis, elle s’est dit qu’elle ne pouvait rien dire : “Imaginez que cela arrive à une famille, que des enfants doivent rester six heures à côté du corps d’un proche parce que le médecin constatant le décès ne peut pas venir”. ! », poursuit-elle.

Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur ” J’accepte “des cookies et autres traceurs seront placés et vous pourrez visualiser le contenu (Plus d’information).

En cliquant sur “J’accepte tous les cookies”vous autorisez le dépôt de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Vous pouvez retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix


J’accepte
J’accepte tous les cookies

Elle a attendu le lendemain des obsèques de son ami d’enfance et colistier au conseil municipal, Daniel Bergez, inhumé mercredi 22 mai à l’église du village, pour raconter l’histoire. Elle ne peut pas oublier. « Samedi 17 mai, inquiet de ne pas voir Daniel – qui vivait seul dans sa maison – un habitant est rentré chez lui et l’a découvert inconscient. Il n’y avait plus rien à faire, Daniel est décédé de causes naturelles, à l’aube de ses 70 ans”, raconte-t-elle.

« Nous mettons des millions dans les maisons de retraite »

En service ce jour-là, le premier adjoint a été prévenu à 9 heures. « 15 » a été prévenu ainsi que la gendarmerie de Jussey qui est rapidement arrivée sur les lieux. « Seul problème, il n’y avait pas de médecin. Il a fallu attendre le gardien à Vesoul. Il commençait son service à 14 heures et devait voir des patients avant de venir, ce que je comprends. Il est arrivé six heures plus tard, vers 15 heures. Les pompes funèbres arriveront plus tard. » Pendant six heures, l’assistante a attendu avec la sœur du défunt, arrivée un peu plus tard de l’autre bout du département. « On touche au problème de la désertification médicale ! A quoi ça sert d’investir des millions d’euros dans des centres médicaux s’il n’y a pas de médecins. Nous ne sommes pas dans la pampa, nous faisons partie d’une communauté de communes de 49 villages », explique l’édile municipal qui prend seul cette initiative.

Depuis début janvier, la création d’un collectif régional de médecins bénévoles

Ce problème n’est pas nouveau. Seul un médecin peut délivrer un acte de décès. S’il est de garde, il reçoit 100 €. Si le décès survient dans le cadre des soins continus, il n’impacte rien du côté de l’Assurance Maladie.

Face à cette situation, l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne Franche-Comté et l’URPS (Union régionale des professionnels de santé) ont réagi.

100 € pour un acte

Le médecin libéral de l’URPS de Bourgogne Franche-Comté a constitué un collectif de médecins bénévoles, « permettant ainsi d’indemniser ces médecins pour l’établissement des actes de décès grâce au soutien financier de l’ARS BFC. Le coût est de 100 euros, auxquels s’ajoutent les éventuels frais kilométriques », indique le Syndicat. Les huit conseils de l’Ordre des médecins de la région (Doubs, Côte-d’Or, Haute-Saône, Jura, Territoire de Belfort, Nièvre, Saône-et-Loire, Yonne) ont donné leur accord pour la création de collectifs. « Les centres 15 ont une liste et doivent s’y référer », indique un membre de l’URPS. La colère de Marie-Agnès est passée. Temps de méditation.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Macron assure que la France « fera pression » sur l’Iran pour qu’il « respecte ses obligations »
NEXT Les étais de la rue de Tivoli en cours de démontage