Exposition « Voyage d’un Parisien à Tarbes entre 1900 et 1920 »

Du 2 au 17 mai 2024 à Tarbes à l’Université du Temps Libre, exposition « Voyage d’un Parisien à Tarbes entre 1900 et 1920 ». L’exposition est ouverte au public les 2, 3, 6, 7 et 13 mai au 17 mai 2024.

Du 2 au 17 mai 2024, l’Université du Temps Libre de Tarbes accueille une passionnante exposition intitulée « Voyage d’un Parisien à Tarbes entre 1900 et 1920 ». Cette exposition, orchestrée par d’éminents collectionneurs de cartes postales anciennes, Daniel Mur et Jean Pou, offre un regard saisissant sur l’évolution de la ville de Tarbes au début du XXe siècle.

Voyage dans le temps à Tarbes : entre 1900 et 1920

« L’invention de la carte postale a fait plus pour le tourisme que celle du chemin de fer », affirmait Georges Duhamel. Cette réflexion résonne particulièrement à travers cette exposition, où les visiteurs sont invités à plonger dans le passé et à découvrir les trésors architecturaux de Tarbes à travers le regard des voyageurs d’antan.

Il y a un siècle, les trains et les cartes postales étaient les compagnons de voyage ultimes. Les voyageurs aimaient envoyer des cartes des lieux qu’ils visitaient, créant ainsi des souvenirs impérissables de leurs voyages. C’était une époque où voyager était une aventure, surtout au lendemain de la Grande Guerre, marquant les années folles avec une intense soif de vivre.

L’année 2020, avec sa crise sanitaire mondiale, a été qualifiée d’« année folle ». Alors pourquoi ne pas redécouvrir les cartes postales du début du XXe siècle ? Ces précieuses photos offrent un témoignage poignant de l’évolution de la ville tarbais, de ses rues animées jusqu’à ses monuments emblématiques.

Imaginez un touriste descendant du train sous la toute nouvelle verrière de la nouvelle gare de Tarbes, un beau jour de 1900. Décidant de découvrir la ville à pied pour rejoindre la Halte Marcadieu de Séméac, il entame un voyage dans le temps. Chemin faisant, il découvre les lieux, places et monuments immortalisés sur les cartes postales de l’époque, témoins d’un âge d’or de la photographie.

Cependant, cher spectateur, ne cherchez pas la petite Halte Marcadieu, la petite gare de Séméac, elle n’existe plus. Les trains continuent désormais leur route vers l’est depuis la gare de Tarbes, rendant obsolète la nécessité de rejoindre Séméac à pied ou en calèche. C’est là tout le charme de cette exposition : elle nous transporte dans un passé révolu tout en nous rappelant les changements constants de notre monde moderne.

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L’aventure des cartes postales

La conférence postale austro-allemande de 1865 a créé le concept de la carte postale. En 1869, de petites cartes administratives sont mises en circulation. Leur succès fut fulgurant : dès les premiers jours 140 000 exemplaires furent vendus, puis 10 millions d’exemplaires en un an. De nombreux pays adoptent rapidement l’idée.

1. 1872 : la loi officialise la naissance de la carte postale en France.

Deux modèles à 10 et 15 centimes ont été créés. 7 412 700 exemplaires ont été vendus la première semaine. Exclusivement imprimées par l’administration postale et vendues dans les bureaux de poste et les bureaux de tabac, ces cartes se présentent sous forme de boîtes de 8×12 cm, avec une face vierge destinée à la correspondance et l’autre imprimée à l’adresse.

2. 1875 : la production est libéralisée avec pour seule contrainte la taille et le poids du modèle administratif. Les commerçants l’utilisent pour imprimer de nombreuses cartes publicitaires. Un décret interdit à la carte postale d’aller à l’encontre des bonnes mœurs et des institutions.

3. 1889 : Les premières cartes postales illustrées françaises sont publiées à l’occasion de l’Exposition universelle. Cinq gravures réalisées par Léon-Charles Libonis, représentant la Tour Eiffel, se sont vendues à 57 500 exemplaires en vingt jours.

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Les premières cartes postales photographiques

C’est un Marseillais, Dominique Piazza, qui a pris l’initiative d’utiliser la photographie plutôt que la gravure pour envoyer des vues de Marseille à un ami exilé. Piazza développe un produit commercial, mais il ne peut pas déposer de brevet.

Son idée sera reprise par les éditeurs et imprimeurs parisiens. La carte postale démocratise alors la photographie, jusque-là réservée à une élite.

L’âge d’or : 1900-1920

Le début du XXe siècle marque une période prospère pour la carte postale.

L’enseignement public gratuit et obligatoire permet à de nouvelles classes sociales d’accéder à la lecture et à l’écriture.

Tous les villages sont desservis par la Poste.

Le tourisme se démocratise progressivement, stimulant le marché des cartes postales.

La fréquence d’acheminement du courrier fait de la carte postale un vecteur d’information important.

Les frais de port d’une carte postale sont inférieurs à ceux d’une lettre.

Les cartes postales s’achètent partout : bijoutiers, mécaniciens, buralistes, épiciers, cafétés, cordonniers et même pharmaciens peuvent devenir éditeurs. Désormais vendue environ 15 centimes, la carte postale est accessible à tous et fait déjà l’objet de collections.

En 1900, la France comptait trente-huit millions d’habitants et publiait huit millions de cartes et trente-trois revues de collection.

Initialement, seule la face visible de la carte peut être écrite.

Le verso est réservé exclusivement à l’adresse.

Le 1er mai 1904, la correspondance est autorisée du même côté que l’adresse.

L’image prendra place au recto de cette carte note 9×14 cm.

Jamais autant de lettres ou de cartes postales n’ont été écrites que pendant la Grande Guerre : 6 à 7 milliards ont été échangées entre les soldats et leurs proches, soit une moyenne de près de 1 000 lettres par soldat.

Publiés par des éditeurs privés ou des organismes officiels, ils véhiculent de la propagande et des messages d’amour. Certains éditeurs osent produire des cartes satiriques et antimilitaristes mais à partir de 1915, elles sont soumises à la censure.

Le déclin commença après la Grande Guerre.

Plusieurs facteurs expliquent cela :

L’automobile libère le touriste qui s’éloigne des lieux où abondent les cartes postales.

La photographie amateur permet désormais de garder d’autres souvenirs.

La production industrielle remplace les procédés de fabrication plus artisanaux : les productions régionales se raréfient et la qualité n’est plus au rendez-vous.

Le développement de la presse illustrée, du téléphone et de la radio fait perdre l’intérêt informatif de la carte postale.

Les années 50 et 60 : l’arrivée de la couleur

La photographie couleur est apparue dans les années 1950 mais il faudra attendre le milieu des années 1960 pour obtenir des reproductions satisfaisantes.

Contrairement aux décennies précédentes, les évolutions techniques apportent davantage de qualité. L’utilisation généralisée des bromures permet de réaliser des cartes noir et blanc plus esthétiques.

Les photographes proposent des vues aériennes, c’est l’ère des cartes brillantes et irrégulières.

Dans une société en évolution rapide, les éditeurs évitent de représenter des personnes et des voitures sur les photos afin que les cartes postales ne se démodent pas trop rapidement. Amorcée dans les années 1930 et 1940, cette évolution s’accélère, rendant les vues des villes et des villages moins vivantes.

Après 1970 : renouveau

Stimulés et inspirés, les éditeurs innovent avec des cartes multi-vues, des reproductions de tableaux ou d’affiches, des cartes humoristiques… Ils apportent un nouveau soin aux photos et à leur présentation. Les années 1990 inventent de nouveaux formats, proposent de nouvelles qualités de papier et donnent naissance à la carte électronique.

Passée au format et à la couleur 10,5×15 cm, la carte postale devient un marqueur social voyageant d’un expéditeur à un destinataire qui, fier de cette attention amicale, l’expose pour la mettre en valeur.

Ces cartes restent le meilleur témoignage de notre passé et restent un support indispensable pour comparer avec notre présent qui est en constante évolution…

Savoir :

ENTRÉE LIBRE

Place du Foirail – 13 rue Blaise Castells 65000 TARBES

Du 2 au 17 mai.

Université du Temps Libre, exposition « Voyage d’un Parisien à Tarbes entre 1900 et 1920 ».

L’exposition est ouverte au public les 2, 3, 6, 7 mai et du 13 au 17 mai 2024.

 
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