Pourquoi Daniel Kretinsky s’intéresse autant à Atos

Pourquoi Daniel Kretinsky s’intéresse autant à Atos
Pourquoi Daniel Kretinsky s’intéresse autant à Atos
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L’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, à Paris, le 22 janvier 2020. JOËL SAGET / AFP

On connaissait son goût pour les centrales à charbon, la grande distribution et la logistique. Nous avons découvert son attirance pour les ordinateurs. Depuis l’été 2022, l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky met les bouchées doubles pour reprendre Atos, le numéro deux français du secteur.

Sa première tentative a échoué en février, malgré sept mois de négociations soutenues. La restructuration de dette entreprise par le groupe informatique en mars lui offre une seconde chance, en reproduisant le même schéma que pour Casino, tombé entre ses mains en début d’année.

Pourquoi dépenser autant d’énergie pour se lancer dans un nouveau métier, si différent de la production ou de la grande distribution d’électricité ? L’initiative financière est audacieuse, mais tentante.

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Avec 600 millions d’euros de fonds propres, dont une partie a été apportée par la société d’investissement britannique Attestor, même partenaire que lors du rachat de Casino, Daniel Kretinsky pourrait mettre la main sur une société réalisant plus de 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et libérée de presque la totalité des 5 milliards d’euros de dette qui l’étouffent aujourd’hui. Il faudra la réorganiser après des années d’errance financière, mais l’ancien avocat tchèque a bâti sa fortune en relançant des dossiers désespérés. La revente de certaines activités d’Atos pourrait également permettre de rembourser rapidement l’investissement initial.

Besoin de numérique

Au-delà du gain potentiel, Atos a un autre attrait. « Nous nous intéressons à l’industrie des réseaux, au sens large. Pour nous, Atos s’inscrit dans cette logique »explique Jiri Novacek, l’un des principaux conseillers de Daniel Kretinsky, rencontré le 21 mai à Paris, dans les bureaux de Weil, le cabinet d’avocats qui conseille l’homme d’affaires tchèque dans ce dossier.

A l’entendre, le groupe de services informatiques serait même le lien qui manquait entre Casino, Editis (les deux principales sociétés du milliardaire en France), le distributeur britannique Sainsbury’s, son homologue allemand Metro, le logisticien néerlandais PostNL et des dizaines d’acteurs de l’énergie. actifs (centrales électriques, sites de stockage, gazoduc) détenus en Europe centrale, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, aux Pays-Bas, en Irlande et en Suisse. Ces entreprises ont un besoin croissant de numérique : au total, le groupe tchèque affirme dépenser chaque année 2 milliards d’euros en services informatiques.

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Pour gérer cet empire hétérogène, il fallait « développer des capacités de surveillance et d’exploitation d’infrastructures informatiques complexes, ainsi que de gestion des centres de données et des lignes de communication le long de nos réseaux de distribution d’énergie »développe EP Equity Investment (EPEI), le fonds d’investissement luxembourgeois de Daniel Kretinsky, dans le cadre de son offre de restructuration de la dette d’Atos.

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