un étudiant arrêté à la Sorbonne sous contrôle judiciaire pour son soutien à la Palestine

un étudiant arrêté à la Sorbonne sous contrôle judiciaire pour son soutien à la Palestine
un étudiant arrêté à la Sorbonne sous contrôle judiciaire pour son soutien à la Palestine

Vendredi midi, L., un étudiant qui faisait partie des 86 interpellés pour avoir occupé la Sorbonne mardi soir, a été présenté en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Paris, pour avoir prétendument « commis des violences sur agent de sécurité ». Après de très fortes exigences de la part du procureur qui avait demandé son placement en détention provisoire, son procès aura finalement lieu le 14 juin. En attendant, L. sera placé sous contrôle judiciaire. Cette affaire démontre le saut répressif entrepris par l’État vers les mobilisations en faveur de la Palestine ces dernières semaines.

En effet, L., étudiante à Nanterre et militante du NPA-Révolutionnaires, a été placée en garde à vue pendant plus de 48 heures avant d’être déférée au tribunal pour une comparution immédiate ce vendredi 10 mai. Nous nous y sommes rendus pour assister à l’audience de cette dernière. pour faits de « violences » contre un agent de sécurité.

Le 7 mai, près de 90 étudiants de différentes universités ont commencé à occuper un amphithéâtre de la Sorbonne pour dénoncer le génocide en cours en Palestine. Des centaines de personnes se sont également rassemblées devant l’université pour soutenir cette occupation. Quelques heures plus tard, la réponse de l’Université pour les déloger a été particulièrement brutale : les agents de sécurité se sont montrés agressifs, pratiquant notamment des clés de bras et des étranglements sur les étudiants mobilisés. Ils témoignent dans cette vidéo du média AJ+ avoir constaté des contusions suite à ces « violences ».

Afin de mettre fin à l’occupation, les forces de répression prennent le relais. À leur arrivée sur place, les policiers ont violemment réprimé les occupants de l’amphithéâtre et procédé à 86 interpellations dans la soirée, plaçant tous les étudiants présents en garde à vue. Ces faits représentent déjà un bond dans la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine, puisque les étudiants passaient la nuit dans des cellules, y restant parfois près de 20 heures. Tous ont été libérés après ce délai, à l’exception de L. qui a été déféré au tribunal judiciaire 48 heures après son arrestation. 39 étudiants ont déjà été informés de l’abandon des charges retenues contre eux, tandis que le préfet de police, Laurent Nuñez, a annoncé le Infos France que 47 enquêtes avaient été ouvertes.

L. a comparu en première instance vendredi midi, un outil de répression important déployé notamment lors des révoltes dans les quartiers populaires de l’été 2023. Ce type de procédure permet de juger très rapidement des prévenus qui n’ont souvent pas le pouvoir. outils juridiques à leur disposition. nous permettant de comprendre les conséquences de telles auditions. Un « outil » utilisé par le gouvernement pour communiquer rapidement des « chiffres » sur les événements récents, permettant ainsi de servir et de justifier un discours répressif. Les prévenus n’ont pas le temps de bien préparer leur défense, ce qui conduit souvent à de lourdes peines.

Connaissant ces éléments, L. et ses avocats ont demandé davantage de temps pour préparer sa défense. Lors de l’audience, on apprend que L. est accusé par l’un des agents de sécurité de violences. Toutefois, ce dernier ne l’accuse pas individuellement avant de changer de version, et ne le reconnaît même pas sur la planche photo qui lui est présentée. De plus, aucune constatation médicale n’a été effectuée et personne n’a donc pu constater de blessures chez l’agent de sécurité en question. Les étudiants présents sur les lieux attestent que L. n’a commis aucune violence, et rien n’est rapporté à ce sujet dans sa fiche d’arrestation. En définitive, comme le souligne l’avocate de L., Maître Elsa Marcel, rien dans ce dossier ne permet de reconnaître la culpabilité de son client.

Malgré ces éléments, le procureur de la République a requis pour le cas de L. une détention provisoire avec mandat de dépôt, soit une peine de prison jusqu’à son procès. Cette réquisition extrêmement sévère du dossier est indissociable du contexte de répression politique et de criminalisation des mobilisations contre le génocide en Palestine. Ce type de réquisition semble en effet dicté par le gouvernement, notamment à travers les circulaires Dupont-Moretti, qui appellent à des réponses pénales plus sévères en exigeant notamment des procédures « fermes et rapides ».

Même si les juges n’ont pas suivi les réquisitions du procureur, L. a finalement bénéficié d’un contrôle judiciaire jusqu’à son procès le 14 juin. Une répression scandaleuse qui vise à intimider les étudiants mobilisés contre le génocide à Gaza. Soutien à L. et à tous les réprimés.

 
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