Les adieux inspirants à Ferland

Ce qu’on attend d’un hommage, c’est de l’émotion. Des moments indéniablement touchants où des cœurs qui ne se connaissent pas vibrent à l’unisson. C’est arrivé mardi lors des adieux musicaux à Jean-Pierre Ferland, décédé en avril, lorsque Julie-Anne Saumur chantait Un peu plus haut, un peu plus loin.


Publié à 00h58

Mis à jour à 6h02

Jusque-là, nous avions eu droit à de très bons chiffres. Comme Tu es mon amour, tu es ma maîtresse par Hubert Lenoir et Ariane Roy. Comme Quand on aime on a toujours 20 ans Et Chante chante par Lou-Adriane Cassidy, Thierry Larose et encore Ariane Roy. Comme Fleurs de macadam par Louis-Jean Cormier, Vincent Vallières et Patrice Michaud, qui ont ensuite réalisé Envoyer à la maison et a incité la foule à se serrer les coudes Le plus beau slow.

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Vincent Vallières, Louis-Jean Cormier et Patrice Michaud

De bons chiffres, mais rien qui puisse nous bouleverser le cœur. Ensuite, Ariane Moffatt, directrice artistique de ce spectacle intitulé Les petits roisa invité Julie-Anne Saumur à chanter Un peu plus haut, un peu plus loin. La chanson avec laquelle Ginette Reno a soulevé le mont Royal en 1975 et les plaines d’Abraham des décennies plus tard. Avec son ami Jean-Pierre. Et Céline.

Un peu plus haut, un peu plus loin, c’est un monument. Un coup sûr aussi, si nous parvenons à maintenir le score. Julie-Anne Saumur n’était pas seulement parfaite. Dans sa bouche, la chanson prenait un tout nouveau sens.

Entendre la dernière amante de Ferland chanter des phrases comme « un peu plus haut, un peu plus loin, je ne peux plus te tenir la main », les yeux brillants, c’était d’une émotion déchirante.

L’autre grand moment d’émotion de la soirée est venu juste après. Vincent Vallières racontait qu’à la fin de son adolescence, lui et ses amis écoutaient du rock. Radiohead, entre autres. Et Jean-Pierre Ferland… Qui venait de sortir n’écoute pas çal’immense album qui a marqué son retour en 1995. Le disque avec lequel il s’est assuré l’affection d’oreilles de plusieurs décennies plus jeunes que les siennes.

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    Vincent Vallières a proposé une version monumentale den’écoute pas çalors de l’hommage à Jean-Pierre Ferland.

  • Julie-Anne Saumur, l'amante de Jean-Pierre Ferland, a assuré le grand moment d'émotion de la soirée en interprétant Un peu plus haute, un peu plus loin.

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    Julie-Anne Saumur, l’amante de Jean-Pierre Ferland, a assuré le grand moment d’émotion de la soirée en interprétant Un peu plus haut, un peu plus loin.

  • Ariane Moffatt était la directrice artistique du spectacle Les petits rois.

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    Ariane Moffatt était la directrice artistique du spectacle. Les petits rois.

  • À la demande des spectateurs par Patrice Michaud et Jean-Pierre Ferland (dans un extrait audio), Danielle Savard et Charles Lafleur ont dansé un slow sur Le plus beau slow.

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    À la demande des spectateurs par Patrice Michaud et Jean-Pierre Ferland (dans un extrait audio), Danielle Savard et Charles Lafleur ont dansé lentement sur Le plus beau slow.

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Vincent Vallières n’est pas un grand chanteur. Ce n’était pas la plus grande voix sur scène mardi – Marie Denise Pelletier et Marie-Pierre Athur étaient là… Ce n’est pas grave.

Ferland n’était pas non plus un grand chanteur. Mais c’était un véritable artiste. Vincent Vallières a montré qu’il était capable de l’être lui aussi, en proposant une version habitée, non monumentale, deN’écoute pas ça.

À ce moment-là, nous étions à peu près à la moitié du spectacle. Le travail était fait. Il y avait eu un hommage. Il ne restait plus qu’à alimenter le feu. Ce qu’a fait Marie-Pierre Arthur en invitant sa famille choisie de Montréal (François Lafontaine, Louis-Jean Cormier et Ariane Moffatt) à chanter avec elle je reviens à la maison, une chanson qu’elle chante encore avec sa famille à son retour en Gaspésie. Après une version de La musique de Martha Wainwright qui manquait malheureusement de délicatesse.

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La musique de Jean-Pierre Ferland a traversé les générations. Hubert Lenoir et Ariane Roy l’ont encore prouvé mardi.

Alimenter le feu, c’était aussi remuer un peu la cage. Comme Ferland aimait le faire. Karkwa s’en est occupé avec le pied lourd Le chat du café des artistes Et Dieu est un Américain, accompagné de plusieurs interprètes. Mais le plus beau et le plus grand délire est venu d’Hubert Lenoir, farouche Si nous commencionsune chanson qu’il a reprise sur son album Darlène et qu’il a eu l’occasion de chanter à la télé avec Jean-Pierre Ferland lui-même. Le regretté poète avait l’air de s’amuser sombrement sur le petit écran.

Voir Hubert Lenoir et Jean-Pierre Ferland chanter Si nous commencions

Ce bel hommage devait se terminer le Nous avons de la chance. Ce qui, forcément, était touchant. Cependant, Ariane Moffatt était plus intelligente que cela. Après ce beau moment, elle a eu l’idée de placer une autre chanson, Le soleil t’emmène au soleil. Idée géniale, car c’est avec la répétition du vers « Oh, comme c’est beau, vu d’en haut » que se terminait cet adieu inspirant et inspiré à Ferland.

Le concert Les petits rois fera l’objet d’une version radio diffusée le 24 juin sur ICI Musique.

 
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