comment le paludisme nous est arrivé – .

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249 millions de cas et 608 000 décès rien qu’en 2022 : tels sont les chiffres du lourd bilan du paludisme dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2023).

Si plus de neuf cas de paludisme sur dix – et la même proportion de décès – concernent aujourd’hui l’Afrique, l’histoire de cette maladie infectieuse nous révèle qu’autrefois, sa répartition était bien plus répandue. De plus, cela était étroitement lié à nos propres voyages, bien avant l’essor du transport aérien international.

ADN parasitaire caché dans les dents des patients

« Même si aujourd’hui il s’agit avant tout d’une maladie tropicale, il y a seulement un siècle, l’étendue de l’agent pathogène (LE Plasmodiumun parasite unicellulaire porté par le moustique anophèle, NDLR) couvrait la moitié de la surface terrestre du globe, y compris certaines parties du nord des États-Unis, du sud du Canada, de la Scandinavie et de la Sibérie.» compare Megan Michel, doctorante à l’Institut Max Planck et à l’Université Harvard (communiqué de presse).

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Parce que la maladie ne laisse aucune trace visible et spécifique sur les restes humains exhumés par les archéologues, la chercheuse et ses collègues d’une vingtaine de pays ont tenté d’en déceler les moindres traces. Fragments d’ADN de Plasmodium vivax Et P. falciparum – deux agents du paludisme, responsables des formes les plus graves – se nichent en effet… dans nos dents !

Publiée dans la revue Nature (12 juin 2024), leur étude révèle les liens fascinants entre l’histoire humaine et la dissémination des parasites à travers le globe, grâce à l’analyse de la dentition de quelque 36 individus retrouvés sur les cinq continents et qui, au au moment de leur mort entre aujourd’hui et il y a environ 5 500 ans, tous portaient le Plasmodium dans leur sang.

L’arrivée du parasite en Amérique : mystère résolu

L’un de ces malades vivait près de la Laguna de los Cóndores, un lac de haute altitude au cœur de la forêt nuageuse de l’est des Andes péruviennes, vers le XVIe siècle. Sa dépouille a permis de répondre à une question cruciale : la Plasmodium vivaxAdapté au climat tempéré, est-il arrivé sur le continent américain via le détroit de Béring en même temps que l’implantation humaine, ou a-t-il voyagé plus tard, dans le sillage de la colonisation par les empires européens ?

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L’analyse génomique a révélé une similitude remarquable entre la souche de P. vivax de la Laguna de los Cóndores et de l’ancienne souche européenne du parasite, ce qui confirme avec un haut degré de certitude que les colonisateurs européens ont propagé cette espèce dans les Amériques au cours du premier siècle environ après le contact des populations.

« Amplifiées par les effets de la guerre, de l’esclavage et des déplacements de population, les maladies infectieuses, dont le paludisme, ont dévasté les peuples autochtones des Amériques pendant la période coloniale, avec des taux de mortalité atteignant 90 %. % à certains endroits”note le Dr Evelyn Guevara, de l’Université d’Helsinki et de l’Institut Max Planck (communiqué de presse).

Soldats méditerranéens…

Outre-Atlantique, l’équipe a découvert une autre histoire captivante. Leur analyse s’est concentrée sur les restes exhumés du cimetière de la cathédrale Saint-Rombout de Malines, en Belgique. Lequel était situé à proximité du tout premier hôpital militaire permanent de l’Europe moderne, entre 1567 et 1715.

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Au sein de la population inhumée là avant la construction de l’hôpital militaire, l’ADN a permis d’identifier la présence locale de P. vivax. Alors que les personnes ensuite enterrées portaient en elles P. falciparum, plus virulent. En particulier les hommes, dont les auteurs ont pu déterminer qu’ils étaient en fait d’origine méditerranéenne : probablement des soldats recrutés dans le nord de l’Italie et en Espagne pour combattre dans l’armée des Habsbourg pendant la Guerre des Quatre. vingt ans (1568-1648).

« Nous constatons que les mouvements de troupes à grande échelle ont joué un rôle important dans la propagation du paludisme au cours de cette période, à l’instar des cas de paludisme dits « aéroportuaires » dans l’Europe tempérée aujourd’hui. aujourd’hui”souligne Alexander Herbig de l’Institut Max Planck (communiqué de presse).

…et un commerçant népalais

Bien avant cet épisode marquant, une autre page de l’histoire du paludisme s’écrivait en Asie. L’équipe a identifié le plus ancien cas connu de paludisme en P. falciparum, sur le site himalayen de Chokhopani, au Népal, occupé vers 800 avant notre ère. Or, à 2 800 mètres d’altitude, cette vallée se situe bien en dehors de la zone d’habitat du parasite et du moustique anophèle. Impair !

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Si l’individu infecté était bien un homme local, génétiquement adapté à la vie en haute altitude, les vestiges archéologiques proches suggèrent que ces populations himalayennes participaient activement au commerce à longue distance. Les auteurs pensent donc que l’homme s’est rendu dans une région basse, où le paludisme est endémique, avant de revenir ou d’être ramené à Chokhopani, où il a ensuite été enterré.

« Aujourd’hui, nous considérons ces régions comme éloignées et inaccessibles, mais en réalité la vallée de la rivière Kali Gandaki servait comme une sorte d’autoroute transhimalayenne reliant les populations du plateau tibétain au sous-continent indien. »détaille le professeur Mark Aldenderfer, de l’Université de Californie à Merced (communiqué de presse).

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Les détails intimes révélés par l’ADN ancien fournissent ainsi des indices sur les innombrables façons dont les maladies infectieuses telles que le paludisme se sont propagées dans le passé, dessinant ainsi le paysage actuel des épidémies. Et constituer peut-être un outil supplémentaire pour comprendre – voire combattre – cette menace pour la santé publique, exacerbée par le changement climatique.

 
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