Investissement important en cas de crise | La CDPQ doit renflouer Alstom

Investissement important en cas de crise | La CDPQ doit renflouer Alstom
Investissement important en cas de crise | La CDPQ doit renflouer Alstom

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) desserre les cordons de sa bourse pour aider Alstom à se remettre sur les rails. Malgré l’effondrement de son investissement de plusieurs milliards de dollars dans le géant français, le pécule des Québécois devrait y réinjecter près d’un quart de milliard.


Publié à 00h54

Mis à jour à 5h00

Ce qu’il faut savoir

  • La CDPQ réinvestira 250 millions dans Alstom.
  • Son investissement dans le géant français s’est effondré de 58% ces trois dernières années.
  • Dans la tourmente financière, Alstom a besoin d’argent et va émettre de nouvelles actions. La CDPQ en achètera.

En pleine tourmente financière depuis le rachat de l’ancienne division ferroviaire de Bombardier, Alstom utilise des moyens majeurs pour renflouer ses caisses et réduire sa dette : il souhaite lever 1 milliard d’euros (1,4 milliard CAN) par l’émission d’actions et 750 millions d’euros (1,1 milliard CAN) milliards) au moyen d’obligations.

Le Fonds n’a pas rendu publique sa décision. C’est plutôt Alstom qui a révélé mercredi que l’institution comptait apporter le montant de sa participation (17,4%) dans l’entreprise. Cela signifie que le manager québécois devrait débourser 174 millions d’euros (255 millions CAN).

«Il s’agit d’un atout important pour la CDPQ et, par cette intention de souscrire à ce financement, nous jouons notre rôle d’actionnaire à long terme», a indiqué la Caisse mercredi dans un communiqué, sans préciser le montant en jeu. .

Le gestionnaire du fonds de pension est le principal actionnaire du fabricant de matériel roulant et compte deux représentants à son conseil d’administration. Dans ce contexte, la Caisse pourrait difficilement passer son tour, estime Michel Magnan, professeur à l’École de gestion de l’Université Concordia.

” [La Caisse] a accès à l’information interne puisqu’elle est membre du conseil d’administration, a-t-il précisé. Si les principaux actionnaires d’Alstom ne s’associent pas, pourquoi les autres le feraient-ils ? Cela compromettrait le succès de l’opération. Le signal serait négatif. »

Deuxième actionnaire d’Alstom, Bpifrance (7,5 %) imitera la CDPQ. A court terme, les investisseurs ont été rassurés par le plan de sauvetage annoncé par Alstom. A la Bourse de Paris, son action a avancé de 9,4%, soit 1,47 euro, pour clôturer à 17,11 euros.

Le déraillement

Alstom est devenu propriétaire de l’ancienne division ferroviaire de Bombardier en janvier 2021. Les actions de la multinationale française s’échangeaient alors autour de 45 euros. La Caisse a joué un rôle clé dans cette transaction. Propriétaire d’un tiers de Bombardier Transport, il avait converti sa participation dans Alstom en plus d’acheter des actions du géant français au prix de 40,67 euros.

L’investissement était alors estimé à 4,1 milliards CAN et considéré comme l’un des plus importants de la Caisse. Sa valeur a depuis fondu comme neige au soleil. Mercredi, il s’élevait à environ 1,7 milliard CAN, soit une baisse de 58 %.

Alstom a hérité des problèmes d’exécution qui ont frappé Bombardier Transport sur les grands projets. La situation de la multinationale française s’est toutefois fortement dégradée le 5 octobre lorsqu’elle a annoncé que son année risquait de se terminer avec un trou de plusieurs centaines de millions dans sa trésorerie.

Un contrat problématique appartenant à Bombardier Transport faisait partie des raisons évoquées par le géant français. Il s’agissait du programme Aventra, qui prévoyait la livraison de 443 trains à cinq clients différents au Royaume-Uni.

“Nous constatons les bénéfices des efforts déployés par nos équipes pour intégrer Bombardier et accroître l’efficacité aux niveaux que nous avions observés avant l’acquisition”, a expliqué mercredi le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers.

Travaille toujours

Le constructeur français n’est pas encore tiré d’affaire : l’intégration de Bombardier Transport pourrait prendre jusqu’à l’année prochaine. Si ce calendrier est respecté, il lui aura fallu quatre ans pour digérer sa dernière grosse prise.

Selon Ivan Tchotourian, professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval spécialisé en droit des affaires, gouvernance et responsabilité sociale, la Caisse ne s’attendait probablement pas à devoir réinvestir dans Alstom après avoir mis la table pour cette importante transaction. d’il y a trois ans.

“Elle ne devait pas s’y attendre”, a-t-il déclaré. Ce n’était pas une obligation, mais après, aller expliquer, en tant qu’actionnaire principal présent au conseil d’administration, que vous n’avez pas investi, cela peut être compliqué. Nous aurions également rendu la tâche plus difficile à Alstom. »

Parallèlement à l’opération financière annoncée mercredi par Alstom, le géant français a cédé 700 millions d’euros (1 milliard CAN) d’actifs. Elle a notamment cédé le mois dernier ses activités nord-américaines de signalisation.

La multinationale a clôturé son exercice clos le 31 mars avec une consommation de trésorerie de 557 millions d’euros. En 2022, l’entreprise affiche un excédent de 200 millions d’euros.

Sa perte ajustée s’élève à 309 millions d’euros en 2023, alors que sa dette avoisine les 3 milliards d’euros. Pour alléger la pression sur ses finances, Alstom souhaite également suspendre son dividende lors de son prochain exercice.

Apprendre encore plus

  • 3,6 milliards de dollars américains
    Prix ​​final de la vente de Bombardier Transport à Alstom

    Source : Alstom

    92 milliards d’euros
    Valeur du carnet de commandes du géant français

    Source : Alstom

 
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