Une journée de commémoration du génocide de Srebrenica fustigé par les Serbes

Une journée de commémoration du génocide de Srebrenica fustigé par les Serbes
Une journée de commémoration du génocide de Srebrenica fustigé par les Serbes

« C’est une victoire pour la vérité et la justice ! Nous remercions tous ceux qui ont voté pour cette résolution et nous souhaitons à tous les peuples du monde de vivre en paix et de ne jamais vivre ce que nous avons vécu.», raconte Nura Begovic, de l’Association des femmes de Srebrenica, dont le frère a été assassiné en juillet 1995 par les milices serbes de Bosnie-Herzégovine. Elle a réuni quelques amis dans son salon pour suivre le vote de la résolution adoptée jeudi 23 mai 2024 par les Nations Unies.

Cette résolution, présentée par l’Allemagne et le Rwanda, fait du 11 juillet, jour de la chute de l’enclave bosniaque il y a 30 ans, une « Journée internationale du souvenir du génocide de Srebrenica » : quelques mois avant la fin du conflit intercommunautaire qui avait qui fait rage en Bosnie depuis trois ans, au moins 8 000 hommes, âgés de 16 à 60 ans, ont été exécutés par les forces serbes de Bosnie. Tandis que les femmes, les enfants et les personnes âgées étaient transférés vers les lignes bosniaques. “Nous avons les noms de chacune des victimes, même si certains corps n’ont pas encore été retrouvés”ajoute Nura Begovic.

La résolution a été approuvée par 84 États membres de l’Assemblée générale des Nations Unies, tandis que 68 se sont abstenus (notamment en Afrique et en Amérique latine) et 19 ont voté contre – dont la Chine, la Russie ou encore la Hongrie. Parmi les abstentionnistes, on note un autre membre de l’Union européenne, la Slovaquie dirigée depuis octobre par le populiste Robert Fico, alors qu’Israël n’a pas pris part au vote.

La Serbie s’est fermement opposée à la résolution, estimant qu’elle criminalisait l’ensemble du peuple serbe – un argument repris par la Russie, dont le représentant a dénoncé un texte « serbophobe ». Au contraire, Denis Becirovic, membre bosniaque de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, estime depuis New York « qu’aucun peuple n’était collectivement responsable du génocide » et que la résolution proposée « une chance historique de réconciliation ».

Officiellement, ni la Serbie ni la Republika Srpska, « l’entité serbe » de 1,2 million d’habitants d’une Bosnie-Herzégovine toujours divisée, ne contestent la réalité des crimes. Mais ils contestent le terme « génocide » et établissent des parallèles avec les crimes également commis par les forces bosniaques contre les civils serbes. L’Église orthodoxe serbe s’est également lancée dans la bataille contre la résolution, en faisant retentir le tocsin dans toutes ses églises jeudi à midi. Le gouvernement de la Republika Srpska a relancé le chantage à la sécession en adoptant le même jour un plan de « séparation pacifique » de la Bosnie-Herzégovine.

 
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