Les investissements de Totalenergies toujours très orientés vers les énergies fossiles

Les investissements de Totalenergies toujours très orientés vers les énergies fossiles
Les investissements de Totalenergies toujours très orientés vers les énergies fossiles

Alors que s’ouvre son assemblée générale ce vendredi, le géant pétrolier prévoit d’investir deux fois plus dans le maintien et l’expansion du pétrole et du gaz que dans les énergies bas carbone entre 2024 et 2028, selon l’ONG Reclaim Finance.

L’assemblée générale de Totalenergies sera particulièrement scrutée ce vendredi, notamment par de nombreuses ONG environnementales. Ces dernières années, certains d’entre eux ont appelé les investisseurs participants à exprimer leur désaccord avec la stratégie du géant pétrolier français qui n’est pas conforme aux objectifs climatiques fixés par certaines organisations internationales. Parmi ces ONG figure Reclaim Finance, qui appelle à voter contre la réélection de Patrick Pouyanné à la tête de l’entreprise afin de marquer ce désaccord.

Reclaim Finance a récemment analysé les stratégies climatiques de douze des plus grandes sociétés pétrolières et gazières européennes et américaines cotées ainsi que de sociétés pétrolières et gazières nationales (NOC), dont Totalenergies. L’objectif de cette analyse est de comparer les objectifs de chaque entreprise à l’horizon 2030 avec la trajectoire du scénario Net Zero Emissions (NZE) à l’horizon 2050 préconisé par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Comme les onze autres joueurs, le représentant français est encore loin de suivre cette trajectoire.

Une production pétrolière et gazière près de 60 % supérieure au niveau exigé par l’AIE jusqu’en 2028

Depuis 2021, Totalenergies a investi pas moins d’un milliard de dollars dans l’exploration pétrolière et gazière. Rien que l’an dernier, le groupe pétrolier a investi 7,5 milliards de dollars dans cette activité ainsi que dans la production de pétrole et de gaz, tandis que plus de trois milliards d’euros ont été alloués au gaz naturel liquéfié, une énergie fossile sur laquelle le groupe mise particulièrement. En 2023, Totalenergies a particulièrement gâté ses actionnaires, à qui ont été distribués plus de 16 milliards de dollars. C’est plus du triple du montant dépensé pour sa branche électricité. Sauf que si elle finance les énergies renouvelables, elle investit aussi dans les moyens de production électrique carbonés comme les centrales à gaz, comme le précise Reclaim France.

Au-delà de ce bilan à contre-courant du scénario NZE de l’Agence internationale de l’énergie, l’ONG s’inquiète surtout des projections de Totalenergies en termes d’investissements dans les années à venir. Déjà sixième développeur mondial de gisements pétroliers et gaziers et onzième en termes de développement de terminaux de liquéfaction, le groupe prévoit d’augmenter sa production pétrolière et gazière de 2 à 3 % par an d’ici 2028. « En atteignant cet objectif et en maintenant sa production à un plateau par la suite, sa production sera 59 % supérieure au niveau requis pour s’aligner sur le scénario NZE », souligne Reclaim France.

« En 2030, l’extraction pétrolière et gazière de TotalEnergies représentera 2,3 % de la production mondiale d’hydrocarbures dans le scénario NZE. Cela représentera 81,5% de la production d’énergie de l’entreprise.

Face à une part du pétrole et du gaz qui représentera plus de 80 % du mix énergétique de Totalenergies en 2030, celle des énergies renouvelables fait pâle figure en comparaison de ses 10 %. Concrètement, la capacité nette installée en énergies renouvelables du groupe atteindra à cette date 66 GW, soit trois fois plus qu’aujourd’hui. Concernant la production d’hydrogène, elle restera donc particulièrement faible en 2030 et « pourrait s’appuyer en partie sur les énergies fossiles ».

BP et Shell ont annulé leurs objectifs de baisse de production pétrolière en 2023

Si Totalenergies n’est pas considéré comme un « bon élève » en matière de stratégie climat, il n’est pas forcément le pire élève en la matière. Par exemple, la société britannique BP a investi presque deux fois plus d’argent dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz en 2023. En revanche, étant un acteur moins important que Totalenergies au niveau mondial, BP devrait afficher un écart plus faible par rapport aux trajectoire recommandée par le scénario NZE. Cependant, l’année dernière a été marquée par un retour en arrière des Britanniques qui « sont revenus sur leurs objectifs de réduction de la production pétrolière et gazière, ainsi que sur l’affaiblissement de leurs objectifs de décarbonation ».

De son côté, l’italien Eni n’a investi que 600 millions de dollars dans sa branche intégrant les énergies renouvelables. Ce montant devrait plus que doubler d’ici 2027 mais il ne représentera encore que 16% des investissements sur cette période. En prévoyant une augmentation annuelle de sa production pétrolière et gazière comprise entre 3 et 4 % jusqu’en 2027, l’entreprise se dirige vers un écart considérable par rapport à la trajectoire du scénario NZE avec une production supérieure de 73 % au niveau exigé par l’AIE.

Au cours des trois dernières années, Shell a investi 2 milliards de dollars dans l’exploration pétrolière et gazière, soit le double de Totalenergies, qu’elle a également dépassé en termes de montants distribués aux actionnaires (près de 24 milliards de dollars). En revanche, l’entreprise a investi l’an dernier près de deux fois moins que son rival français dans sa branche incluant les énergies renouvelables (2,7 milliards de dollars). Comme BP, « l’entreprise a également renoncé à ses objectifs de réduction de la production pétrolière, ainsi qu’à un affaiblissement de ses objectifs de décarbonation pour 2030 ».

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