En Chine, la machine de guerre médiatique tourne à plein régime contre Taïwan

En Chine, la machine de guerre médiatique tourne à plein régime contre Taïwan
En Chine, la machine de guerre médiatique tourne à plein régime contre Taïwan

Affiches au ton martial, vidéos de soldats sur le pied de guerre et menaces : les médias d’État en Chine n’ont fait preuve d’aucune retenue jeudi pour justifier la « punition » contre les « indépendantistes » de Taiwan.

La Chine, qui considère Taïwan comme l’une de ses provinces devant être réunifiées avec le reste du territoire, a lancé jeudi d’importants exercices militaires autour de Taïwan, qui mobilisent des avions et des navires autour de l’île.

Elles surviennent trois jours après le discours d’investiture à Taiwan du président Lai Ching-te, dont les propos ont été jugés à Pékin comme une affirmation de l’indépendance de l’île – une ligne rouge absolue pour la Chine.

Ces manœuvres sont menées avec une grande importance sur la communication dans les médias d’État.

Dans une vidéo mise en ligne par la télévision d’État CCTV, accompagnée de musique martiale, des marins dévalent les escaliers d’un navire de guerre, avant de s’engouffrer dans ce qui semble être une salle de commandement.

Sur une base militaire, un pilote prend possession d’un avion, dans une posture qui rappelle l’acteur Tom Cruise dans le film « Top Gun ».

“L’indépendance de Taïwan et la paix dans le détroit”, qui sépare l’île de la Chine continentale, sont “incompatibles”, assure l’armée chinoise sur le réseau social WeChat.

Ces exercices constituent un « avertissement sérieux » adressé aux « forces extérieures », insiste-t-elle avec une formulation qui fait référence aux États-Unis, principal soutien militaire de Taiwan.

” Mauvaise façon “

Taiwan est autonome depuis 1949, lorsque les nationalistes se sont réfugiés sur l’île après leur défaite face aux forces communistes lors de la guerre civile chinoise sur le continent.

“Toutes les forces séparatistes soutenant l’indépendance de Taiwan finiront dans le sang et avec la tête brisée”, a déclaré Wang Wenbin, porte-parole de la diplomatie chinoise.

Si Washington reconnaît Pékin au détriment de Taipei comme puissance légitime depuis 1979, le Congrès américain exige dans le même temps de fournir des armes à Taïwan, dans le but affiché de dissuader la Chine de toute volonté d’attaquer.

“S’appuyer sur l’étranger, c’est faire fausse route”, jure l’armée chinoise, assurant que pour Taïwan “la recherche de l’indépendance est vouée à l’échec”.

Des affiches, comme des films de guerre, accompagnent ces slogans. L’une d’elles montre un débarquement chinois à Taiwan, avec un navire de guerre, un hélicoptère et des chars en action.

D’autres montrent des lance-missiles pointés vers l’île, ou un avion de chasse furtif à l’affût de tout mouvement d’« indépendantistes ». La forme triangulaire de l’appareil est comparée au tranchant d’une épée.

Une mare de sang apparaît sur ces affiches aux graphismes hollywoodiens et à la fibre patriotique.

« En cage »

Le quotidien Global Times, au ton résolument nationaliste, donne la parole à un analyste : l’armée chinoise “a la capacité de mener une attaque tous azimuts sur toute l’île” de Taiwan, estime l’expert.

Les médias décryptent les exercices en cours, destinés notamment, selon eux, à organiser un « blocus » de Taïwan, pour couper l’île des approvisionnements.

Le nouveau président taïwanais Lai Ching-te a appelé lundi dans son discours d’investiture la Chine à “mettre fin à ses intimidations politiques et militaires”.

Il « s’est montré arrogant », s’exclame l’ancien rédacteur en chef du Global Times, du média et controversé Hu Xijin, connu pour ses propos souvent peu diplomatiques.

Grâce à la « puissance » de l’armée chinoise, le président taïwanais « a été en cage comme un oiseau », a-t-il écrit à ses millions d’abonnés sur les réseaux sociaux.

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