un danger « aussi important » que le terrorisme commis par des gens « qui n’attachent aucune importance à la vie »

un danger « aussi important » que le terrorisme commis par des gens « qui n’attachent aucune importance à la vie »
un danger « aussi important » que le terrorisme commis par des gens « qui n’attachent aucune importance à la vie »

Avez-vous été surpris par la violence de l’attaque perpétrée, à Incarville (Eure) le 14 mai, par un commando lourdement armé pour échapper à un détenu impliqué dans un trafic de drogue, tuant deux agents ?

Je ne fais aucun commentaire sur cette affaire, dont l’enquête est en cours. Mais s’il y a toujours eu des groupes criminels qui menaçaient ou intimidaient, on assiste aujourd’hui à un recours généralisé au meurtre dans plusieurs villes de France. Les personnes qui commettent cette violence ne valorisent manifestement pas la vie.

Quel est le profil des tueurs ?

Les groupes criminels s’organisent selon une division du travail, où chacun a un rôle, y compris la violence et l’élimination des personnes. On voit des individus, parfois très jeunes, embauchés pour ces missions, sans forcément qu’ils aient conscience de la totalité des trafics dans lesquels ils sont impliqués. Ces non-professionnels ne savent pas bien manier les armes à feu. Ils blessent, voire tuent, des personnes qui n’étaient pas leurs cibles initiales.

Vous avez reçu il y a quelques jours vos homologues mexicains. Quel était leur message ?

Très direct. A leurs yeux, si la France et les nations européennes ne prennent pas les mesures suffisantes pour lutter, nous risquons de connaître dans dix ans la même situation qu’au Mexique, soit des centaines de milliers de morts en quelques années à cause du trafic de drogue et d’un l’État de droit est gravement menacé.

Avons-nous nié la progression du crime organisé en France ? Ces dernières années, de nombreuses ressources ont été allouées à la lutte contre le terrorisme, par exemple.

Il ne s’agit pas d’un déni, mais il est peut-être plus difficile de défendre les mêmes moyens pour le crime organisé, moins visible. Contrairement au terrorisme, dont on veut parler, le crime organisé agit de manière cachée, depuis l’importation de drogue jusqu’au blanchiment d’argent. Mais s’il reste discret, le risque et le danger que ce crime fait peser sur nos sociétés européennes sont au moins aussi importants que le terrorisme. Nous avons besoin de plus de personnel, de ressources techniques et d’évolutions normatives pour garantir l’efficacité des enquêtes.

Les sénateurs suggèrent de créer un « dossier sécurisé », comprenant des éléments sur les techniques utilisées par la police qui ne seraient pas divulgués aux avocats de la défense. Qu’en penses-tu ?

Je n’ai pas de réponse évidente. Nous sommes pris entre deux priorités : la sécurité de l’enquête et le respect des débats contradictoires. Il faut bien réfléchir aux conséquences d’un tel huis clos sur le procès et sur la capacité du juge à trancher un débat qui ne serait pas entièrement soumis au contradictoire.

Quels autres leviers devriez-vous actionner ?

Une coopération internationale accrue est nécessaire, en particulier avec les pays où résident un nombre important de criminels. C’est le cas des Émirats arabes unis. Dans le trafic de drogue, sur nos cinquante cibles prioritaires, une part importante s’y trouve. Dans toutes nos grandes enquêtes chez Junalco, l’Europe n’est jamais la seule concernée, que ce soit par l’origine des produits ou par la destination des avoirs criminels. Il faut regarder tous les continents.

Et une fois arrêtés, comment adapter nos prisons à ces suspects ? Faut-il créer des quartiers spécifiques ?

C’est une question très difficile pour l’administration pénitentiaire. Concentrer les grands criminels entre eux nécessite de pouvoir gérer un environnement carcéral extrêmement dur. On prend aussi le risque que les groupes se reforment. Mais si l’on mélange de grands criminels avec des suspects de droit commun, on court le risque d’une contamination. Il y a des évolutions possibles dans la loi. Aujourd’hui, le système de détermination des peines est très important. Cependant, nous pensons que la société a intérêt à maintenir ces criminels en prison pendant toute la durée de leur peine. Nous sommes donc favorables à une spécificité en matière de criminalité organisée, comme c’est le cas aujourd’hui en matière de terrorisme.

Êtes-vous également favorable à la création d’un parquet antidrogue, comme le proposent les sénateurs ?

 
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