pour Inès Chatin, dix ans de violences sexuelles et des décennies de silence – Libération – .

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Enquête

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Les hommes de la rue du Baccas

Abus sexuels, viols, photos pédopornographiques… Trente-cinq ans après une enfance traumatisante, Inès Chatin a porté plainte à l’Office des mineurs, une enquête qui dure depuis huit mois déjà. Elle dénonce les violences que lui infligent un groupe d’hommes très influents proches de son père adoptif, Jean-François Lemaire.

Chez Inès Chatin, la plupart des émotions sont enfouies. Rester impassible, ne laisser personne deviner la douleur qu’elle a endurée, c’est précisément ce que lui ont demandé ses agresseurs lorsqu’ils l’ont violée avec des objets. Souffrir en silence, c’est aussi ce qu’elle a tenté de faire pour protéger sa mère, Lucienne. Car à huis clos à la maison, un schéma pervers se déroule depuis longtemps : alimenter la culpabilité de ses deux enfants – Inès Chatin a un frère aîné, également adopté – et les asservir, leur père adoptif, le docteur Jean-François Lemaire. , il s’en est pris à sa femme. « Si on posait une question, c’était maman qui répondait » je fais encore des cauchemars à propos d’Inès Chatin. Elle reste hantée par la soirée où Lemaire l’a jetée dans le grand escalier de leur domicile, situé au 97, rue du Bac.

Avertissement

Cet article rapporte des histoires de violences sexuelles contre des enfants.

Enfermée dans cette mécanique, elle n’a pu remettre en question ses origines et verbaliser son passé qu’après le décès de Lucienne, en mai 2021 : « Maman a dû mourir pour qu’elle soit enfin en sécurité. Sans cela, j’aurais sûrement gardé le silence. elle murmure. A cela, il faut ajouter qu’ayant été victime directe des amis les plus intimes de son père adoptif, qu’elle a continué à côtoyer à l’âge adulte – certains d’entre eux ont été invités à son mariage en 1997 –, elle est restée psychologiquement asservie.

Près de trente-cinq ans plus tard, Inès Chatin accepte difficilement de décrire les scènes les plus crues de son enfance. Libérer a pu en faire l’expérience durant les soixante heures d’entretien réel

 
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