Pourquoi un « jour mort » sur la formation des enseignants

Pourquoi un « jour mort » sur la formation des enseignants
Pourquoi un « jour mort » sur la formation des enseignants

Si le projet éminemment macronien de création des « écoles normales du XXIee siècle » était une copie, il est peu probable que de nombreux enseignants et formateurs le considèrent comme moyen. En témoigne l’appel lancé par un très large mouvement intersyndical – issu principalement de la recherche, de l’enseignement supérieur et des étudiants – pour faire de ce lundi 6 mai un « jour mort » à l’Inspé (instituts nationaux supérieurs d’enseignement et d’études). éducation). ‘éducation). Des rassemblements devant les rectorats et parfois des conférences devaient rythmer cette mobilisation déclenchée par les annonces faites par Emmanuel Macron lui-même, le 5 avril.

Outre le passage des concours de recrutement après la licence (bac+3), à la place du master (bac+5) aujourd’hui, qui fait l’objet d’évaluations divergentes, la séparation des cours entre professeurs de la 1euh enseignants des cycles supérieurs et secondaires, la précipitation de la mise en œuvre – qui devrait être effective à partir de 2025 – et la volonté de faire des enseignants de simples « exécutants » au service d’une vision politique venue d’en haut : telles sont les critiques essentielles adressées à cette refonte complète du système. formation des enseignants. Bien entendu, après le concours, les lauréats seraient rémunérés pour deux années de formation supplémentaires, les conduisant à un master spécifique.

Les syndicats craignent une baisse généralisée du niveau de qualification

Mais la carotte de ce pré-recrutement n’est guère une illusion : la faible rémunération envisagée ne suffira pas, craignent les organisations professionnelles, à compenser la dégradation générale des conditions d’exercice et de l’image de la profession. Les futurs enseignants du primaire devraient suivre une licence spécifique « préparation à l’enseignement scolaire », tandis que leurs collègues du secondaire continueraient de pouvoir choisir une licence disciplinaire mais seraient alors contraints de suivre le master commun. “très professionnel”selon Emmanuel Macron, sans possibilité de poursuivre dans leur discipline initiale.

Les syndicats craignent donc un abaissement généralisé du niveau de qualification. D’autant que si les Inspé actuelles étaient sous la responsabilité des universités, les futures ENSP perdraient cette indépendance et seraient placées directement sous le contrôle des rectorats. Double effet : rupture totale avec la recherche en sciences de l’éducation et « la transformation des formateurs en simples exécuteurs de modèles venus d’en haut », dénonce l’intersyndicale. Au moins, on ne peut pas reprocher à cette vision de la formation des enseignants un manque de cohérence avec une pratique professionnelle de plus en plus standardisée, avec des « guides », évaluations et autres régulations venant aussi d’en haut.

Une entrée en vigueur « totalement irresponsable » l’année prochaine

Pour l’intersyndicale, qui réclame en urgence le report de la réforme et la mise en place d’une véritable concertation, « il est totalement irresponsable de vouloir mettre en œuvre cette réforme pour la session 2025 du concours, moins de cinq mois avant la rentrée scolaire » 2024. Une précipitation qui ressemble aussi à une volonté d’éviter un véritable débat sur la nature et les finalités de cette réforme.

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