À Caen ? Ô Futur – Actualités – .

Comme chaque saison, le théâtre de Caen présente une production dédiée à la Maîtrise de Caen. Il s’agit cette fois d’une création mélangeant les mondes pour nous alerter de l’état du nôtre.

Tout d’abord, ce Masters of French boys s’associe pour l’occasion à un chœur de filles américaines de San Francisco (le San Francisco Girls Chorus dirigé par Valérie Sainte-Agathe), chacune chantant dans sa langue dans une polyphonie linguistique. Ce mélange inclut même le public qui conclut l’opéra en chantant la morale de l’histoire avec les artistes sur scène et dans la loge. Encore une rencontre des univers, et comme le théâtre de Caen l’avait déjà fait pour le Ballet Royal de la Nuit, l’art du cirque apporte sa magie, sa sonorité merveilleuse au théâtre musical. Bernard Kudlak, fondateur du Cirque Plume, est en effet chargé de la mise en scène, tâche pour laquelle il s’associe à sa fille, Alice Kudlak, qui signe également le livret de l’œuvre dans une sorte de relais générationnel.

Ce livret est une sorte de conte, avec sa poésie, ses messages tantôt forts, tantôt naïfs. Deux enfants correspondent par messagerie depuis les deux bouts du monde : dans une sorte de transe, une jeune fille (surnommée l’Oracle) prédit la fin du monde. Les enfants décident de se réunir (grâce au télétransport, moins polluant que l’avion) ​​pour chercher des solutions au réchauffement climatique. Ils s’inspirent alors des mythologies antiques, et concluent (sans véritable séquence ni transition logique) que la solution réside dans l’union, la solidarité et l’amour. Tout au long de cette histoire, les protagonistes traversent le rideau de la réalité dans un sens et dans l’autre, passant d’un réalisme brutal à un onirisme poétique.

Ô Futur (© Théâtre de Caen / Philippe Delval)

Le compositeur Thierry Pécou (en résidence au théâtre de Caen) imagine une musique, souvent figurative, aux influences multiples (musiques du monde ou jeunesse, pop, classique ou religieuse) pour accompagner ce récit. Son écriture est conçue pour son Ensemble Variances de neuf musiciens, dont une guitare électrique qui apporte de la modernité ou une flûte qui murmure avec les enfants. Chacun des trois mythes contés par les enfants est l’occasion d’une parenthèse enchanteresse dans le sujet lourd de la pièce : trois artistes de cirque exécutent leurs enchantements. Le premier construit une structure de bâtons de palmiers, l’un tenu par l’autre, et qui symbolisent la fragilité des équilibres de la nature (une petite brindille est enlevée et toute la structure s’effondre), le deuxième acrobate sur une corde aérienne, quand le troisième tourne dans les airs sur un trapèze.

Ô Futur (© Théâtre de Caen / Philippe Delval)

Le relais est confié à Olivier Opdebeeck, directeur du Masters, qu’il supervise une dernière fois avant de prendre sa retraite après 20 ans de services. Les enfants apportent à cette histoire leur voix juste, lumineuse et vibrante, ainsi que leur énergie, leur assurance et leur fraîcheur. Le cri d’angoisse d’une des jeunes filles, refusant que son avenir soit hypothéqué pour subvenir à des besoins aussi futiles que de nouvelles baskets à la mode, est particulièrement frappant. Ils démontrent également leur technique, l’écriture vocale qui leur est confiée pleine de complexités. Présents sur scène pendant presque tout le spectacle, on ne leur demande pas seulement de chanter : ils jouent, tapotant leurs mains, leurs pieds, leur langue, sur des rythmes pas toujours simples.

Ô Futur (© Théâtre de Caen / Philippe Delval)

Le public donne de la voix dans son intervention finale, chantant avec une conviction croissante, dans un grand déluge de couleurs vocales. Les nombreux artistes, de tous âges, pourront alors venir recevoir des applaudissements bien mérités.

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Ô Futur (© Théâtre de Caen / Philippe Delval)
 
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