En Gironde, le cri de désespoir d’un jeune éleveur face à la tuberculose bovine

En Gironde, le cri de désespoir d’un jeune éleveur face à la tuberculose bovine
En Gironde, le cri de désespoir d’un jeune éleveur face à la tuberculose bovine

Une vache infectée en novembre dans le troupeau de Bérénice Walton a contraint la jeune éleveuse à réformer son troupeau de 200 vaches Bazadaise.

Le Figaro Bordeaux

A 33 ans, Bérénice Walton voit partir en fumée les treize années de travail mené dans son exploitation d’Arveyres (Gironde). Son troupeau de 200 vaches Bazadaise, race locale, s’apprête à être entièrement abattu par arrêté préfectoral. En cause : un cas de tuberculose bovine détecté et confirmé en novembre. Si le taux d’incidence annuel (0,05%) permet à la France d’avoir le statut “indemne” de la maladie depuis 2001, selon l’Anses, la France continue de lutter contre des foyers d’infection persistants, notamment en Dordogne selon l’éleveur, également vice-président. président de la Chambre d’Agriculture de Gironde. Six mois avant la condamnation de son exploitation, un troupeau situé à quelques kilomètres de son domicile avait subi le même sort.

Si la procédure est indemnisée par l’Etat et que la viande est encore consommable et vendue en gros aux commerçants, l’éleveur dénonce une procédure dépassée. « Depuis 2001, nous avons abattu 10 000 vaches par an pour une vache positive. On est en 2024, si c’était efficace, ça se saurait”, gronde le trentenaire. Pour celle qui a mis 13 ans à constituer son troupeau composé de 60 mères de cette race désormais rare, il est grand temps de revoir également l’application de ces normes. « Nous avons passé des semaines sans réponse officielle. Nous chargeons quotidiennement nos animaux dans des camions sans savoir combien nous allons en retirer ni quand. Parfois (…), on ne sait pas non plus quand le camion arrive. Imaginez des éleveurs seuls à la maison, qui ne sont ni élus ni syndiqués. »» décrit-elle ainsi, en faisant référence au taux élevé de suicides parmi les agriculteurs.

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Faune

Selon l’éleveuse, qui a tiré la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux, la contamination de son cheptel est tout simplement due à la faune sauvage. Le 23 juillet, un blaireau, testé positif à la tuberculose, a été retrouvé mort à 400 mètres de sa ferme. Les sangliers, les cerfs et les renards, que l’on ne peut empêcher de traverser les champs ou de lécher les abreuvoirs, peuvent également être porteurs de la bactérie. Une origine incontrôlable, qui inquiète beaucoup Bérénice Walton : « Je vais racheter des vaches, mais ce ne sera pas la même chose dans deux ans ? Le blaireau traverse nos prairies tous les jours et en étant positif et vivant, il continue à transporter la bactérie pendant six à douze mois.

L’éleveuse doit désormais aussi gérer son exploitation et rembourser ses investissements, sans biens à vendre et sans salaire depuis septembre. « J’espère qu’on pourra revoir ce protocole et que mon troupeau ne soit pas décimé pour rien. Entre ça et l’arrachage des vignes, si on continue, on aura plus d’agriculteurs en Gironde dans 10 ans », estime l’éleveur. Elle a désormais un an pour racheter son bétail, en se concentrant sur une autre race – car les Bazadaises ne s’achètent pas en gros –, en espérant que ce choix deviendra rentable d’ici quatre ans. Entre-temps, une cagnotte a été ouverte par une de ses amies pour la soutenir financièrement et payer le salaire de son employé, qu’elle ne souhaitait pas licencier deux ans avant sa retraite.

 
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