Paris, Berlin et Varsovie prévoient de développer une capacité de frappe sol-sol à très longue portée

Paris, Berlin et Varsovie prévoient de développer une capacité de frappe sol-sol à très longue portée
Paris, Berlin et Varsovie prévoient de développer une capacité de frappe sol-sol à très longue portée

Tout ce qui peut renforcer la dissuasion mérite d’être pris. C’est d’ailleurs ce qu’a suggéré Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, évoquant le développement d’une capacité de frappe sol-sol à longue, voire très longue portée, à la suite d’une rencontre avec Boris Pistorius et Wladyslaw Kosiniak-Kamysz. , ses homologues allemand et polonais, le 24 juin.

Fin mai, lors de la visite d’État du président Macron en Allemagne, « une coopération générale et inclusive à long terme dans le domaine des frappes à longue portée » a été évoquée. Mais aucune précision n’a été donnée à ce sujet. Il a donc fallu attendre la première réunion des ministres de la Défense du Triangle de Weimar depuis 2015 pour en savoir plus.

« La question des frappes à longue ou très longue distance, pour les Français, est toujours quelque chose d’un peu tabou car, en effet, on n’a pas le droit de parler de dissuasion conventionnelle quand on est une puissance dotée d’un pouvoir dissuasif. Mais finalement, j’ai brisé ce tabou il y a quelques mois en disant : « même une puissance dotée doit étayer sa dissuasion nucléaire sur un système de dissuasion conventionnelle, en tout cas, sur des forces conventionnelles importantes ». Et donc, là aussi, des réflexions sont en cours. La Pologne est intéressée», a déclaré M. Lecornu, lors d’une conférence de presse donnée aux côtés de MM. Pistorius et Kosiniak-Kamysz.

Lors du prochain sommet de l’Otan, qui se tiendra du 9 au 11 juillet à Washington, les trois pays devraient signer une lettre d’intention pour définir les bases d’une future coopération dans ce domaine. Sans tarder, M. Lecornu a posé un premier jalon en rappelant que la France “dispose déjà de capacités et de briques technologiques”, avec “notamment la MdCN”. [Missile de Croisière Naval]dont une version terrestre a été présentée par MBDA au salon de l’armement EuroSatory 2024.

Il s’agit de la “seule solution européenne souveraine pour un système de missile de croisière tiré depuis une plateforme terrestre, conçu, produit et assemblé en Europe”, avait alors soutenu MBDA. Et de souligner que ce missile, baptisé LCM [pour Land Cruise Missile]offrirait les « mêmes capacités exceptionnelles que le MdCN, notamment sa précision métrique pour frapper l’ennemi en profondeur, à distance de sécurité, son haut niveau de capacité de survie dans des environnements contestés grâce à sa surface transversale radar réduite et sa capacité de surveillance sur le terrain ». ».

Pour rappel, la portée du MdCN est de l’ordre de 1000 km.

Le LCM est une des solutions proposées par MBDA pour le programme « Long Range Land Strike ». [FLP-T]pour lequel Thales et ArianeGroup sont également en lice.

De l’autre côté du Rhin, on se met aussi en ordre de marche. Ainsi, le 21 juin, le ministère allemand de la Défense a soumis au Bundestag l’autorisation de débloquer une enveloppe de 600 millions d’euros pour le développement du missile Tyrfing 3SM. [Super Sonic Strike Missile], dont la portée pourrait atteindre 1000 km. Mené conjointement par MBDA Deutschland et le norvégien Kongsberg, ce programme ne devrait pas être achevé avant 2035.

A noter que, pour le futur système de tir indirect à longue portée de la Bundeswehr, MBDA Deutschland développe également le Joint Fire Support Missile [JFS-M]un missile de croisière d’une portée d’au moins 300 km et capable d’être compatible avec les systèmes M142 HIMARS et Euro-PULS.

 
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