Rino Barillari | 24 heures – .

Rino Barillari | 24 heures – .
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Rino Barillari

Publié : 25/05/2024, 21h09

Il arrive rarement un moment dans la vie d’un paparazzi où il devient lui-même une célébrité. Il faut donc se demander s’il n’y a pas alors un certain honneur à être saisi, terrasse ou plage, situation compromettante ou non, par un photographe aussi célèbre que celui qui est photographié.

C’est un peu ce qui s’est passé avec Gérard, célèbre acteur français à la carrière en déclin, désormais embourbé dans des accusations de viol ou d’insulte. Cela nous amène à un autre thème intéressant : dans une « paparazzade », qui est la victime et qui est le coupable ? Ce n’est pas toujours clair. Si la personne à qui l’image est volée est injuriée par l’opinion publique ou se comporte mal, nous conviendrons que tireur est bien fait pour lui. Au contraire, si le public l’adore, alors c’est le photographe qui sera jugé scandaleux.

Revenons donc à Gérard, désormais classé parmi les bannis. Il y a quelques jours, Rome, via Vénétie, terrasse, il mange, c’est sa nature, avec un septuagénaire polonais. Un paparazzi s’approche, réaction de Gérard, bousculades, peut-être des gifles, on ne sait pas trop. Mais le vieux photographe, âgé de 79 ans, s’est précipité aux urgences, et a communiqué avec force sur l’altercation et l’agression qu’il dit avoir subie. Ce spécialiste des téléobjectifs est un génie dans son style. Il s’appelle Rino Barillari.

J’ai connu quelques paparazzi. À chacun sa méthode, mais il existe deux grandes catégories. Ceux qui se lient d’amitié avec des célébrités et utilisent ces relations pour mettre en scène plus ou moins des cascades faux avec eux. Et les autres qui préfèrent la planque, sans foi ni loi, et la bonne vieille image en catimini.

Barillari est de la deuxième génération, semblant avoir échappé au personnage Fellini de la « Dolce Vita », Paparazzo, qui est son contemporain et a laissé son nom de famille à la profession. Mais ce qui le rend unique, c’est sa technique de corps à corps. Il se rapproche trop de celui qui est sa proie, souvent au restaurant, et parvient à mettre les choses au vinaigre. Dès 1963, à peine âgé de 18 ans, Barillari était au top : sur le même via En Vénétie, le grand – et ivre – Peter O’Toole en vient aux mains avec lui. Quatre points pour le photographe, qui fait de l’incident et des blessures sa publicité : le prix des photos s’envole.

Depuis, il n’a cessé d’affiner cette stratégie dont Gérard vient de faire les frais. Barillari a volé des photos à toutes les élites de la planète (Sinatra, Sophia Loren, Brando, Michael Jackson, Lady Gaga ou Stallone…) et le prétend « roi des paparazzi » en plus d’un demi-siècle… 170 passages aux urgences du exercice de ses fonctions : 11 côtes cassées, 1 coup de couteau, 76 caméras brisées, 40 flashs épars, etc. Effectuer de la paparazzade, Rino Barillari est une sorte d’artiste.

Christophe Passernée à Fribourg, travaille au Matin Dimanche depuis 2014, après avoir notamment travaillé au Nouveau Quotidien et à L’Illustré. Plus d’informations

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