Elmgreen & Dragset à la Pace Gallery à Genève

Elmgreen & Dragset chez Pace à Genève

Publié aujourd’hui à 11h36

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Cette paire de bottes de pluie en bronze vert à gros trous est rangée à l’entrée de la galerie. Il s’appelle « Hard Rain », en hommage à la célèbre chanson de Bob Dylan. Les bottes étaient laissées là comme si nous revenions d’une longue promenade en forêt. Pourtant, s’il pleut beaucoup, les fameuses bottes ne nous seront pas d’une grande utilité… C’est comme si Marcel Duchamp s’était invité lui aussi. Les objets du quotidien sont détournés et décontextualisés.

Michael Elmgreen et Ingar Dragset, ce duo d’artistes scandinaves qui travaillent ensemble depuis près de trente ans, s’inscrivent justement dans cette envie. Depuis Berlin, où se trouve leur impressionnant studio, ils explorent les questions d’identité ainsi que les enjeux culturels et politiques. Quelle tension peut surgir lorsqu’un discours, un objet ou une pratique artistique ne correspond pas aux standards actuels ? « Imaginez si les gens du XVIIIe sièclee siècle arrivaient dans nos villes ultra-normées. Où tout, absolument tout est balisé d’une manière ou d’une autre avec des panneaux et des limites. Je ne pense pas qu’ils comprendraient quoi que ce soit », commence par expliquer Michael.

Surréalité et absurdité

C’est la première fois que ce duo explosif expose à Genève, à la galerie Pace. « Paysages » vous saisit, vous interroge et vous donne envie de comprendre… L’exposition personnelle déploie ses ailes, littéralement, jusqu’au 10 août. Sur le mur du fond de la galerie, une phrase semble en apesanteur au-dessus d’un désert : « Un désert peut-être si désolé » que personne ne sait qu’il existe. Ceci est une citation de la regrettée poète danoise Inger Christensen. Lorsqu’on leur demande s’il s’agit du même désert dans lequel se trouve leur célèbre « Prada Marfa » au Texas, cette boutique de luxe fermée au public, ils répondent ensemble : « Non, celle-là n’existe pas, c’est une composition de plusieurs images qui fait écho au lac Léman.

Elmgreen & Dragset, «Camouflaged, Fig.4», 2024, acier inoxydable poli miroir, laque.

Le lac, qui les a inspirés pour ces œuvres créées pour l’occasion, se reflète dans les cinq panneaux d’exposition. On connaît leur forme mais, dessus, aucune indication en dehors du ciel et des miroirs. Le spectateur devient l’œuvre et vice versa.

Plus loin, un nid d’oiseau placé dans une vitrine de musée porte en lui un petit livre intitulé « Comment devenir un oiseau ». “C’est un clin d’œil à tous ces livres d’auto-assistance, mais celui-ci n’est conçu que pour un oiseau.” L’oiseau, d’ailleurs, se retrouve niché dans deux mains blanches qui sortent du mur. Il semble mort. Mais en s’approchant, on découvre une respiration presque imperceptible. “Tous les enfants ont déjà essayé de sauver un moineau ou un merle en le mettant par exemple dans une boîte à chaussures.”

Décontextualisation et déni

Juste à côté de l’accueil de la galerie, un agent de sécurité assis sur une chaise haute, censé observer tout ce qui se passe, nous attend. Et pourtant, il a les yeux rivés sur un livre et ne semble pas trop intéressé par l’environnement. Ni même au petit garçon, juste à ses pieds, qui tente de combler les pièces manquantes d’un puzzle. L’objet est un ciel parsemé de nuages ​​et il est presque impossible à réaliser. “Chacun a sa propre perception du ciel.”

Elmgreen & Dragset, « Still Life (Blackbird) », bronze, laque, technologie animatronique.

Elmgreen & Dragset nous proposent un choix qui n’en est pas un. Ou plutôt, ils nous permettent de vivre autrement la vie, la nature, le quotidien. Comme pour « L’Oreille de Van Gogh », cette gigantesque piscine verticale exposée devant le Rockefeller Center, à New York, en 2016. Le duo ne cesse de nous étonner. Après la très grande exposition au Centre Pompidou-Metz, il sera à l’honneur au Amorepacific Museum of Modern Art de Séoul en septembre. Exaltant.

Carole Kittner Est journaliste pour le magazine Tribune des Arts depuis 2021. Spécialiste de l’art contemporain, de l’horlogerie et de la joaillerie, elle a travaillé pour Edelweiss et a travaillé dans les relations publiques dans le monde du luxe depuis 2001. Plus d’informations

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