Changement de mentalité important parmi les CFO suisses

Changement de mentalité important parmi les CFO suisses
Changement de mentalité important parmi les CFO suisses

« Si tant d’entreprises envisagent de réduire leurs effectifs, c’est probablement parce qu’elles ne pensent pas trouver le personnel qualifié qu’elles recherchent dans un délai raisonnable », explique Alexandre Buga.

Les directeurs financiers sont également optimistes quant à l’avenir de leur entreprise. Toutefois, un bon quart des personnes interrogées s’attendent à une réduction du nombre de salariés dans leur propre entreprise. Et c’est avec une certaine inquiétude que les responsables financiers scrutent les actions de partenaires commerciaux importants, comme la Chine et l’Allemagne. Dans le même temps, les directeurs financiers placent les multiples risques géopolitiques en tête du baromètre des préoccupations.

Comme le révèlent les résultats de la dernière enquête menée récemment auprès des CFO par la société d’audit et de conseil Deloitte Suisse, le moral des CFO suisses semble s’être sensiblement rétabli. Plus de la moitié des CFO interrogés (56%) jugent positive ou très positive l’évolution de l’économie suisse au cours des douze prochains mois (41% à l’automne 2023), et environ 38% ont des attentes neutres à cet égard. matériau (voir illustration 1). Les perspectives sont solides et positives, mais les directeurs financiers ne sombrent pas dans l’euphorie. Les responsables financiers suisses adoptent une vision encore plus optimiste de leur principal partenaire commercial, les États-Unis. En effet, 59 % des directeurs financiers (41 % à l’automne 2023) espèrent une évolution économique positive, voire très positive aux États-Unis au cours des douze prochains mois.

Illustration 1: Prévisions économiques pour la Suisse et ses principaux partenaires commerciaux

Ces attentes positives contrastent fortement avec les évolutions économiques attendues en Allemagne (deuxième partenaire commercial) et en Chine. Un bilan très négatif ressort ainsi de l’enquête concernant l’Allemagne : 66% des CFO pensent que le pays connaîtra des évolutions économiques négatives ou très négatives (65% à l’automne 2023). Les attentes concernant la Chine s’améliorent certes légèrement, mais une part importante des CFO interrogés (47%) s’attendent également à une évolution négative ou très négative (65% à l’automne 2023). On constate actuellement une tendance selon laquelle les perspectives pour la Suisse et d’autres grands partenaires commerciaux s’améliorent, tandis que les prévisions pour l’Allemagne restent pratiquement inchangées, c’est-à-dire extrêmement pessimistes.

«Si les prévisions économiques négatives pour l’Allemagne se confirment, les exportations suisses devront se réorienter vers d’autres marchés. Les entreprises doivent développer des modèles économiques flexibles, capables de s’adapter rapidement en fonction des circonstances. Une stratégie proactive de gestion des risques fondée sur une bonne diversification et une stabilité financière est déterminante pour réduire notre dépendance aux marchés», explique Alexandre Buga, associé-gérant en Suisse romande, pour expliquer ces résultats.

Les directeurs financiers s’attendent à une baisse du nombre d’employés

Les directeurs financiers ne cachent pas leur optimisme non seulement quant aux bonnes perspectives économiques mais également quant aux perspectives de leur entreprise. La moitié (50%) des personnes interrogées estiment que l’évolution de la situation de leur entreprise sera favorable au cours des douze prochains mois. Seuls 16% se disent pessimistes. Ces chiffres sont similaires à ceux de l’enquête de l’automne 2023. Concernant les indicateurs de leur entreprise, les CFO interrogés se montrent également optimistes : 63% s’attendent à une hausse de leur chiffre d’affaires, et 39% espèrent une hausse des marges.

Concernant ces indicateurs, une exception notable se dessine cependant : 27% des responsables financiers estiment que les effectifs de leur entreprise vont diminuer au cours de l’année à venir, en raison de licenciements ou de postes devenus vacants et qui ne seront pas pourvus. C’est la deuxième fois consécutive que ce pourcentage augmente. Alexandre Buga ajoute : « Si tant d’entreprises envisagent de réduire leurs effectifs, c’est probablement aussi parce qu’elles n’espèrent pas trouver le personnel qualifié qu’elles recherchent dans des délais raisonnables. Pour de nombreuses entreprises, la pénurie de main d’œuvre demeure un problème majeur. Cependant, les entreprises s’appuient également de plus en plus sur l’intelligence artificielle et l’automatisation. Par conséquent, leur capacité d’embauche est réduite, et les effectifs ont tendance à diminuer. » Cette tendance se reflète également dans les chiffres actuels du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) : l’année dernière, le nombre de postes vacants a diminué et le SECO prévoit une légère augmentation du taux de chômage pour 2024.

Les risques géopolitiques passent au premier plan

Conflit au Moyen-Orient, guerre en Ukraine, tensions entre Taiwan et la Chine, issue incertaine des prochaines élections présidentielles américaines : ce sentiment d’insécurité grandissante se reflète également dans le Baromètre des préoccupations indiquant les principales préoccupations des entreprises. Par rapport à l’automne 2023, les risques géopolitiques ont augmenté de neuf places et occupent désormais la première place. Les inquiétudes liées à la faiblesse de l’économie ou de la demande (2e place) ainsi qu’à la pénurie de main d’œuvre (3e place) reculent légèrement dans le classement. Même si les intentions d’embauche diminueront jusqu’à l’automne 2024, trouver du personnel qualifié dans des délais raisonnables demeure un défi pour les entreprises.

La réglementation ESG, une autre Source d’inquiétude

Dans le top 10 des préoccupations, on retrouve, directement en quatrième place, le thème de la régulation, qui inquiète de nombreux responsables financiers. Dans ce contexte, les CFO ont rendu compte pour la première fois des réglementations en matière de développement durable (reporting ESG). « L’augmentation du nombre de directives réglementaires et leur diversité entraînent non seulement un travail supplémentaire en termes de conformité, mais aussi des coûts supplémentaires pour les entreprises. La mise en œuvre et le suivi des réglementations de développement durable nécessitent des ressources et des investissements importants. L’enquête révèle que de nombreux directeurs financiers y voient un conflit d’objectifs, car ils doivent à la fois garantir la conformité et atteindre les objectifs de leur entreprise. Dans un environnement réglementaire à la fois complexe et très dynamique, il est donc souhaitable que les entreprises mettent en place une structure de gouvernance solide et s’informent régulièrement des dernières évolutions réglementaires pour minimiser les risques et saisir les opportunités », confie Alexandre Buga.

Illustration2: Risques menaçant les entreprises du point de vue des CFO suisses.

Les directeurs financiers estiment que la situation en matière de politique économique et monétaire s’est stabilisée : les risques de change et les taux d’intérêt figurent toujours dans le top 10, mais les inquiétudes concernant une inflation persistante ont disparu du classement. En moyenne, les CFO prévoient un taux d’inflation stable de 1,5% sur douze mois et de 1,4% sur 24 mois, un résultat bien en dessous du seuil de 2%, qui implique donc une stabilité des prix.

Concernant l’enquête Deloitte auprès des CFO

La 47e enquête menée par Deloitte auprès des CFO en Suisse a été réalisée en ligne du 5 mars au 5 avril 2024. 121 CFO de tous secteurs et travaillant dans des entreprises cotées et non cotées ont participé. L’enquête européenne auprès des CFO est réalisée dans plusieurs pays, dont la Suisse. Les résultats des enquêtes nationales sont agrégés et devraient être disponibles à partir du mois de mai.

 
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