«Pour le moral, ça devient vraiment difficile»

«Pour le moral, ça devient vraiment difficile»
«Pour le moral, ça devient vraiment difficile»

Les précipitations tombées en Belgique entre mardi et mercredi ont provoqué des dégâts dans les trois régions du pays. Le sol, déjà détrempé par des mois de pluies anormalement fortes, n’a pas pu retenir l’eau comme il le devrait et des coulées de boue ont été signalées dans de nombreuses communautés.

A Walhain, les habitants ne cachent plus leur lassitude. « J’ai été inondé en 2021, en mai dernier et encore ce mardi. Ma maison a été déclassée et je ne peux plus y vivre. Depuis trois ans, les inondations se multiplient et on ne sait plus quoi faire agir la communauté. Cette fois encore, j’avais de la boue dans ma cuisine.soupire Muriel Damien, une habitante de la commune.

En Wallonie picarde, les pompiers ont été sollicités une cinquantaine de fois pour des coulées de boue, des routes submergées et des caves inondées. La région d’Ath a été particulièrement touchée. Un couple a dû être relogé après que leur maison ait été inondée.

Brabant wallon : inondations à Chastre, Jodoigne et Mont-Saint-Guibert, débordement du Hain à Walhain ©ennio cameriere

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En région liégeoise, des interventions ont eu lieu mardi entre 18h et 20h pour des opérations de pompage ou de découpage. La région Basse-Meuse a été particulièrement touchée.

A Bassenge, les averses ont provoqué des inondations sur les routes et les routes ont dû être temporairement fermées à la circulation. Les pompiers ont également dû intervenir à Ans, Oreye, Remicourt et Avernas-le-Bauduin, sur la commune de Hannut, où d’importantes coulées de boue se sont propagées dans les rues.

Dans la région de Charleroi, le centre de Thiméon s’est retrouvé sous les eaux et une rue en chantier s’est effondrée à Gosselies.

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Les fortes pluies ont également causé des dégâts en Flandre, dans les communes anversoises de Lier et Lint et dans le Limbourg où les pompiers ont reçu une vingtaine d’appels en moins d’une heure.

Bruxelles a été plus épargnée que ses voisines mais les secours ont également dû intervenir localement pour des caves inondées ou des égouts débordés.

Une répétition inquiétante

Plus que l’intensité des événements, c’est leur répétition qui inquiète. “C’est la loi des séries. Il fut un temps où Jodoigne était régulièrement touché mais dernièrement, c’est Walhain qui ramasse tout. Dès qu’il y a une petite pluie battante, l’eau ruisselle et envahit les rues et les caves.”observe Daniel Demeester, responsable de la zone d’urgence du Brabant wallon.

“C’est triste. Je vis ici depuis trente ans et je n’avais pas connu d’inondation avant 2021. Mais depuis trois ans, ça ne s’arrête pas. Cette fois, j’avais dix centimètres d’eau dans mon garage et le 12 mai, j’en avais soixante centimètres. Résultat : deux voitures ont été inondées, des vélos et des outils électriques ont été détruits. Le plus douloureux, c’est que j’ai le sentiment que la municipalité ne fait rien pour empêcher cela. Depuis 2021, on aurait eu le temps de refaire les berges. Nous aurions également eu le temps de nettoyer le ruisseau pour éviter les coulées de boue. Nous aurions pu éviter ces inondations. déplore Marc Duerinckx, un habitant de la commune.

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Dans la maison voisine, Muriel Damien fait l’inventaire des dégâts. «C’est ma cuisine, refaite en 2021», soupire-t-elle, désignant une pile de meubles détrempés jonchant son allée. « Je vis ici depuis 2017 et je ne sais plus quoi faire. Depuis 2021, les inondations se produisent à tout moment. Hier, cela s’est encore produit : tout était inondé de boue et d’excréments parce que le ruisseau s’était transformé en égout à ciel ouvert. J’ai cependant refait ma terrasse et investi beaucoup d’argent pour limiter les risques suite aux inondations de 2021. Honnêtement, je ne sais plus quoi faire. Rester, c’est prendre le risque que ça recommence, mais je n’ai pas les moyens d’acheter une autre maison et je n’en ai pas forcément envie. C’est à la communauté de trouver des solutions »elle témoigne.

Brabant wallon : inondations à Chastre, Jodoigne et Mont-Saint-Guibert, débordement du Hain à Walhain ©ennio cameriere

« Dans ma cuisine, suite aux inondations du 12 mai, l’eau est arrivée jusqu’au niveau de la table. Maintenant, je ne peux plus rien faire d’autre qu’attendre que tout sèche avant de continuer les travaux. En attendant, je vis dans une annexe prêtée par des amis et ma vie est mise entre parenthèses. Je dois tout le temps m’absenter pour venir voir l’évolution de la situation et effectuer des démarches administratives. Pour le moral, ça devient vraiment difficile.»

Cette peur de la répétition anime aussi Eric Labourdette, président du SLFP Pompiers. “Les événements météorologiques extrêmes se multiplient. Lors des inondations de 2021, toutes les zones d’urgence ont été sollicitées et depuis, aucune mesure n’a toujours été prise pour éviter les dégâts. Aujourd’hui il y a des inondations et demain il y aura des feux de brousse. Les services d’urgence ne sont visiblement pas préparés à faire face à une multiplication d’événements de ce type. Toutes ces catastrophes liées au changement climatique commencent à se produire fréquemment.»

 
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