Fécamp – Pascal et les chants de marins – .

Il cherche l’histoire de la mer et des marins dans les chants d’antan.

L’Histoire des Marins, il l’a dans le ventre, Pascal. Eh bien… Peut-être devrais-je plutôt dire aux cordes vocales. Nous avons tous nos choses préférées : ce qui le motive, c’est l’Histoire à travers la chanson. Car en la matière, les marins sont servis. Autrefois, quand même les journaux n’existaient pas, le moyen que nous trouvions pour diffuser l’information était le chant. Quand les journalistes écrivent leurs articles aujourd’hui, ce sont des vers que nous avons inventés à l’époque. Pouvoir chanter la nouvelle aux villageois. Soyons clairs, à cette époque, ce sont surtout les crimes qui faisaient crier le chanteur de rue. Dans le passé, il n’y avait pas que le chanteur de rue pour raconter l’histoire du présent. Les marins n’étaient pas en reste.

Pascal a écrit sur les chansons qui racontent Fécamp © Radio-France
Fred Romanuik

LE SIFFLET DANS LES VOILES

Vous n’avez pas oublié comment fonctionnait un bateau autrefois. Le navire a traversé les vagues grâce à la seule force du vent. À l’époque, on ne connaissait pas le buzz du diesel. Aujourd’hui, au lieu du rugissement de nos moteurs, nous avons eu le sifflement du vent dans les voiles. Autant dire que le marin de l’époque ne connaissait pas les nuisances sonores. Les seuls décibels qui lui chatouillaient les oreilles étaient ceux des éléments. Cela a donné aux équipages suffisamment de temps pour chanter. Des chansons qui pour beaucoup résonnent encore parfois, dans nos ports. Merci aux passeurs comme nos Fécampois.

Où que l’on regarde, chez Pascal, il y a toujours un coin qui rappelle la marine © Radio-France
Fred Romanuik

DES HISTOIRES À RACONTER

Ils sont partis pendant des mois, nos marins, nos pêcheurs. Des mondes de testostérone, au milieu de nulle part. Même s’ils étaient entourés de bleu, il y avait des histoires à raconter. Les terres où ils ont mis les pieds. Tempêtes, épidémies, hommes. Ils chantaient ces histoires à bord. Pour s’occuper, bien sûr, mais aussi pour suivre la vie du navire. Le célèbre ho hisser! était enfin fatigué. Alors, on chantait les textes écrits par l’un ou l’autre. C’était fort, c’était viril. C’est ce qu’il aime, Pascal. Retrouvez ces morceaux d’histoire chantés sur les bateaux ou dans les ports. Et transmettez-les.

Chaque bateau a son histoire. Tout ce que tu as à faire c’est de le chanter © Radio-France
Fred Romanuik

TRANSMETTRE L’IMMATÉRIEL

Pascal est un voyageur d’histoire. Avec son groupe, il chante ici et là. Loin, parfois. On l’a vu les chanter outre-Atlantique, ces chansons qui parlent de l’Homme. Il partage leintangible, c’est ça qui est beau. J’aime sa prémisse: Si j’ai deux billets de 5 €, vous me dites : « Tiens, donne-moi 5 € »… Eh bien, nous avons 5 € chacun. J’ai perdu 5€. Alors que si je t’apprends une chanson, nous sommes 2 à la connaître. Cela va au-delà du partage, cette histoire. Partager, d’une certaine manière, c’est un peu diviser… Là, on est dans la duplication, dans l’émulation. Alors, ce que je dis c’est : prenez bien en photo le visage de Pascal, dans les photos qui illustrent cet article. Vous le croiserez forcément, lors de Grand’Escale ou après, dans les rues de Fécamp. Si j’étais toi, je l’arrêterais. Et je demanderais également mon droit à bénéficier de la duplication. Et je ne lui demanderais qu’une chose : me chanter une chanson.

Sur chaque port il y a 1000 chansons à écrire
Sur chaque port il y a 1000 chansons à écrire © Radio-France
Fred Romanuik
 
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