leur bébé meurt, le CHU de Bordeaux reconnu responsable

leur bébé meurt, le CHU de Bordeaux reconnu responsable
leur bébé meurt, le CHU de Bordeaux reconnu responsable

« Je n’ai pas pu le garder et le protéger jusqu’au bout. J’ai cette culpabilité ancrée en moi. » Plus de quatre ans après le décès de son bébé, Marie Blais tente de pleurer la perte de Jules, né le 5 octobre 2019 au CHU de Bordeaux et décédé six jours plus tard suite au retard pris dans le traitement de sa bradycardie. En réunion multidisciplinaire, les médecins ont décidé collectivement d’arrêter le traitement en accord avec les parents.

«Nous sommes toujours dans une souffrance terrible», souffle Florent Blais, le mari et père. Et ce n’est pas l’indemnisation financière accordée aux parents par le tribunal administratif qui atténuera la douleur. Le tribunal de Bordeaux ayant retenu la responsabilité du CHU dans un jugement, pointant « un défaut de fonctionnement et d’organisation du service » lors de l’accouchement.

Des regrets tardifs

« Il y a eu un retard de 34 minutes sans oxygène », constate Jean-Christophe Coubris, l’avocat du couple. La lenteur du corps médical a conduit à cette situation dramatique. Cependant, la sage-femme avait alerté à plusieurs reprises le gynécologue-obstétricien de garde qui ne percevait pas l’urgence dans laquelle nous nous trouvions. Nous avons laissé la situation empirer. »

Pour la naissance de Jules, le couple qui habite à Avensan s’est naturellement dirigé vers le CHU, dont on connaît le sérieux et l’excellent classement national. «Nous y sommes allés en toute confiance mais nous n’avons guère apprécié la réaction des médecins après le décès», raconte Florent Blais. On s’est dit : s’ils ont quelque chose à se reprocher, ils nous le diront. Au contraire, ils ont cherché à nous cacher ce qui s’était passé et à nous dissuader d’envisager quoi que ce soit. »

Il a fallu attendre novembre 2020 et une expertise médicale ordonnée à la demande des avocats du couple Blais pour que de « profonds regrets » aient été exprimés par l’hôpital.

Ils ont essayé de nous cacher ce qui s’était passé et de nous dissuader d’envisager quoi que ce soit.

« La plupart des victimes ne se battront pas », concède Me Coubris. « Le temps nous a semblé très long et cruel. Tout cela est difficile à supporter», répète le couple.

Dommage grave

La grossesse de la maman, âgée de 31 ans, s’est très bien déroulée, suivie par une sage-femme libérale dans le Médoc. « C’est elle et nos proches qui nous ont conseillé d’engager une action en justice pour connaître la vérité. Nous soupçonnions qu’il y avait eu un problème. »

Le tribunal administratif dans son jugement précise que « dans leur rapport, les experts indiquent que si l’extraction fœtale aurait pu être réalisée avec un délai compris entre 12 et 15 minutes après le début de la bradycardie, il n’est pas certain que Jules ait pu certainement survécu sans séquelles. Dans ces circonstances, il faut évaluer l’ampleur de la perte de chance de naître vivant et sans séquelles à 80 % des dégâts.

Le juge prend en compte l’atteinte affective du couple et constate que “Jules est décédé dans les bras de sa mère avec son père à ses côtés après six jours d’hospitalisation suivant sa naissance”. Le magistrat évoque également un préjudice d’accompagnement car « les parents ont forcément subi des bouleversements dans leurs conditions de vie en étant quotidiennement au chevet de leur fils ».

En mars dernier, Marie et Florent Blais, par l’intermédiaire de leur avocat, ont transmis les pièces du dossier et le jugement au président du Conseil départemental de l’Ordre des médecins, « afin qu’une attention particulière y soit portée ».

 
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