« Depuis six ans, il y a des signes systématiques de partialité de l’État » malgré les accords de Matignon, estime Christiane Taubira

« Depuis six ans, il y a des signes systématiques de partialité de l’État » malgré les accords de Matignon, estime Christiane Taubira
« Depuis six ans, il y a des signes systématiques de partialité de l’État » malgré les accords de Matignon, estime Christiane Taubira

Le 15 mai, le projet de loi constitutionnelle modifiant le corps électoral de Nouvelle-Calédonie pour les élections provinciales a été adopté par l’Assemblée nationale, déclenchant plusieurs jours d’émeutes dans l’archipel. Depuis, la France – notamment les territoires d’outre-mer – a les yeux tournés vers Nouméa. Ce 25 mai, l’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira a réagi à cette nouvelle sur Place Publique.

En Nouvelle-Calédonie, les tensions sont toujours vives. Depuis l’adoption par l’Assemblée de la réforme constitutionnelle sur le dégel du corps électoral, des émeutes ont éclaté. Ce 25 mai, l’ancienne députée guyanaise et ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira a abordé le sujet dans l’émission Place Publique sur Guyane la 1ère.

En 1988, un pacte considérable de responsabilité politique a été conclu», a-t-elle déclaré en référence aux accords de Matignon. Le premier texte de ces accords indique que «[l’impartialité de l’État] la sécurité et la protection les plus strictes seront assurées à tous, ainsi qu’une meilleure répartition dans toutes les régions des services publics et administratifs.

Pourtant, depuis six ans, on assiste à des signes systématiques de partialité étatique : il y a eu 2018 à l’occasion de l’anniversaire de la grotte d’Ouvéa (19 Kanaks morts, 4 gendarmes morts), il y a eu 2021 avec le 3e référendum qui a été avancé en des conditions absolument discutables, il y a eu le refus de reconnaître la valeur politique des 56% d’abstention, il y a l’intégration au Gouvernement d’une personnalité locale dont on connaît les positions anti-indépendantistes très, très dures… Le Gouvernement actuel a méthodiquement démantelé le relation de confiance, l’engagement d’impartialité au service de tous qui a été pris en 1988 et validé par les Français à l’échelle nationale.

L’ancien ministre de la Justice estime que le gouvernement actuel ne respecte pas son engagement pris en 1988.

©guyane

De plus, elle pointe les inégalités sociales entre les différentes communautés de Nouvelle-Calédonie près de 40 ans après ces accords.

Christiane Taubira a également évoqué la montée des violences sur l’archipel depuis le début des émeutes, ainsi que dans les années 1980. Le ministère de l’Intérieur d’Outre-mer a également enregistré 7 décès suite aux tensions au 25 mai..

Face à cette situation, « l’État met tout en œuvre pour rétablir l’ordre, assurer la sécurité de nos concitoyens, grâce à l’action des forces de police et de gendarmerie, et permettre à chacun de retrouver au plus vite des conditions de vie normales.

Justement, concernant la réponse des autorités, «Je ne vois pas ça sur le territoire national, sauf situation très exceptionnelle», indique l’ancien député, qui pointe également un « amateurisme général » du Gouvernement dans la gestion de cette crise.

Christiane Taubira revient sur la réponse du chef du gouvernement à la crise que traverse la Nouvelle-Calédonie et aux mouvements sociaux en France


©Extrait de l’émission Place Publique, sur Guyane la 1ère

Pendant ce temps, dans un entretien au Parisien, Emmanuel Macron s’est dit prêt à soumettre la réforme contestée du corps électoral en Nouvelle-Calédonie à un référendum nationalsurtout si les élus locaux ne parviennent pas à se mettre d’accord entre eux sur le sujet.

L’intégralité du numéro de Place Publique du 25 mai sera rediffusé ce dimanche 26 mai à 18h15

 
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