Immigration Canada empêche quelques infirmières de travailler en Outaouais en raison d’une pénurie de main-d’œuvre

Immigration Canada empêche quelques infirmières de travailler en Outaouais en raison d’une pénurie de main-d’œuvre
Immigration Canada empêche quelques infirmières de travailler en Outaouais en raison d’une pénurie de main-d’œuvre

Quelques infirmières de Gatineau ne peuvent pas travailler depuis des mois à cause d’Immigration Canada. Malgré la grave pénurie de main d’œuvre dans la région, l’un est rentré en France et l’autre se tourne les pouces chez lui.

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“C’est juste une machine monstrueuse […] aveugles à la réalité dans laquelle nous vivons. On dirait que tout le monde est impuissant et qu’il suffit d’attendre », déplore Michèle Ezui.

Depuis février, elle n’est plus autorisée à travailler. Et son compagnon, Thomas Wecker, également infirmier, est retourné travailler en France pour subvenir aux besoins de sa famille.

«Je suis en colère», dit la femme de 54 ans, qui voit les CISSS de sa région sabrer comme jamais dans les soins et services en raison d’un manque d’employés.

Mmoi Ezui fond également en larmes lorsqu’elle pense aux familles qu’elle a laissé tomber en ne retournant pas au travail. « Ces gens attendaient une réponse de ma part », dit-elle en retenant un sanglot.

Papiers en retard

Depuis 2021, elle travaille en santé mentale à l’urgence de Gatineau. Son conjoint travaillait aux urgences de Wakefield.

Les infirmiers Thomas Wecker et Michèle Ezui sont venus de France avec leurs deux adolescents pour travailler à Gatineau dans le réseau de la santé.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Elle l’a rejoint à Québec avec leurs deux adolescents un an après son arrivée.

Mais tout a changé lorsque le permis de travail de son compagnon était sur le point d’expirer cet hiver, après trois ans.

Pour le renouveler, le couple avait besoin d’une nouvelle étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), un document qui doit être produit par l’employeur. Malgré les besoins criants, ils ont attendu environ neuf mois après les CISSS de l’Outaouais et de Québec pour obtenir ces papiers.

Michèle Ezui avec ses deux fils, Aden et Karel, à Gatineau où ils vivent depuis 2021.

Photo Agence QMI, Marc DesRosiers

Il était trop tard pour Immigration Canada, qui s’est montré inflexible. M. Wecker a reçu l’ordre de quitter le pays en février dernier et le couple a dû « tout recommencer à zéro ».

Services à risque

Dans l’espoir d’accélérer les choses, le vice-président-directeur général du CISSS de l’Outaouais, Benoit Major, a même écrit au député libéral Greg Fergus en mars dernier afin de « prioriser leurs demandes ».

« L’expertise de Mmoi Ezui et M. Wecker sont importants pour notre organisation et ne peuvent être remplacés à court terme. Cette situation met donc nos services en danger », écrit-il dans une lettre comprenant Le journal j’en ai reçu une copie.

De son côté, Mmoi Ezui s’empresse de reformuler une toute nouvelle demande… Elle attend depuis le 11 mars, au chômage.

Immigration Canada n’a pas été en mesure de répondre à nos questions hier.

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