Moncton et le Cap-Breton enregistrent la plus forte croissance démographique au pays

La ville de Moncton au Nouveau-Brunswick connaît l’un des taux de croissance démographique les plus élevés au pays, tout comme la région du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse. Un rapport de Statistique Canada démontre que la majorité des villes de l’Atlantique ont vu leur population croître grâce à l’immigration.

Selon les données de Statistique Canada publiées mercredi, près de 75 % des Canadiens vivaient dans l’une des régions métropolitaines de recensement (RMR), ce qui indique que le pays est de plus en plus urbanisé.

Moncton en fait partie RMR. Avec celle de Kitchener-Cambridge-Waterloo en Ontario, elle connaît le taux de croissance démographique le plus élevé au pays, entre le 1er juillet 2022 et le 1er juillet 2023, avec un taux de 6 % pour ces deux-là. RMR. Calgary suit de près avec un taux de croissance démographique de 5,9 %.

Croissance démographique

Ville Taux de croissance 2022 à 2023
Moncton (RMR) 6,0%
Halifax (RMR) 3,9%
Charlottetown (AR) 4,7%
Saint John, T.-N.-L. (RMR) 3,2%

RMR : région métropolitaine de recensement
AR : agglomération de recensement

Source : Statistique Canada

Statistique Canada explique cette augmentation par une forte migration internationale. Partout au pays, on constate que l’augmentation nette du nombre de résidents non permanents a dépassé celle des immigrants venus s’établir durablement, pour la première fois depuis 2001-2022.

Les résidents non permanents désignent une personne originaire d’un pays étranger dont le lieu de résidence habituel est le Canada et qui est titulaire d’un permis de travail ou d’un permis d’études ou qui a demandé le statut de réfugié.

Une cérémonie de citoyenneté le 17 avril 2019 sur la Colline du Parlement, à Ottawa.

Photo : - Canadienne / Sean Kilpatrick

Toutefois, à Moncton, la tendance est différente. La croissance est principalement due à l’immigration de longue durée plutôt qu’aux résidents temporaires.

À Moncton, ce sont des gens qui viennent s’installer, qui reçoivent leur résidence permanente. Par rapport à l’immigration temporaire où il y a plus de volatilitéexplique Patrick Charbonneau, démographe à Statistique Canada.

Il précise que le RMR Moncton a accueilli 5 000 immigrants et environ 3 900 résidents temporaires au cours de l’année sous revue.

Charlottetown et le Cap-Breton également en tête de liste

Pour les plus petites municipalités, soit les agglomérations de recensement (AR), la majorité d’entre elles ont également connu une croissance démographique.

Deux d’entre eux, dans la région de l’Atlantique, ont connu les plus fortes augmentations de croissance au pays, le Cap-Breton (6,4 %) en première place et Charlottetown (4,7 %) en troisième position.

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Le besoin de logements abordables est toujours criant à l’Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

La migration internationale est la principale cause de la forte croissance enregistrée à Charlottetown.

Au Cap-Breton, c’est le contraire. Ce qui est particulier, c’est qu’il s’agit ici principalement d’une contribution de l’immigration temporaire. Travailleurs temporaires, étudiants internationaux ou demandeurs d’asileprécise Patrick Charbonneau.

Des logements plus abordables : la principale raison

L’économiste Richard Saillant n’est pas surpris de constater la croissance démographique de la ville de Moncton et du Cap-Breton.

Selon lui, le dénominateur commun est que le logement dans ces municipalités est plus abordable et attire des personnes qui n’ont plus les moyens de vivre dans le Les points chauds de l’immobilier au Canada.

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L’économiste Richard Saillant estime qu’un ralentissement démographique est attendu dans les années à venir.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Nous avons un afflux de ce que j’appellerais des réfugiés logés, particulièrement du sud de l’Ontario, mais aussi de nouveaux arrivants au pays qui choisissent des endroits moins inabordables, et le Nouveau-Brunswick et les Maritimes en général sont des destinations de premier choix.explique Richard Saillant.

Une augmentation également dans les zones rurales

À l’échelle nationale, le taux de croissance démographique dans les zones rurales a augmenté de 1,1 %. Dans l’Atlantique, cette proportion est encore plus élevée, entre 1,5 et 1,7 % pour le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse et 3,1 % pour l’Île-du-Prince-Édouard. Seule Terre-Neuve-et-Labrador a connu une légère baisse.

Richard Saillant explique que ce phénomène de migration vers les régions rurales s’est également manifesté en 2021-2022 et que la disponibilité de logements plus abordables en est la principale raison.

Les gens sont répartis partout dans la province et je dirais dans la région des Maritimes où les logements sont disponibles à un prix plus compétitif qu’ailleurs au pays.

Un ralentissement démographique à prévoir

Cette forte croissance démographique pourrait s’essouffler dans les années à venir. Richard Saillant rappelle qu’Ottawa souhaite réduire le nombre de résidents temporaires, de 6,2 % à 5 % d’ici 2027.

Nous allons entrer dans une période de grand ralentissement démographique, je ne dis pas que la région va arrêter de croître, elle va continuer de croître et sans doute plus vite que dans le reste du pays car le logement est moins inabordable.il explique.

>>Marc Miller avec des drapeaux canadiens derrière lui.>>

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Le ministre de l’Immigration, Marc Miller, a annoncé en mars que la proportion d’immigrants temporaires diminuerait dans les années à venir.

Photo : - Canadienne / Spencer Colby

Il ajoute que ceci répit permettra aux municipalités d’augmenter leur capacité de construction, mais que cela se fera dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre généralisée, en raison d’un flux plus restreint de nouveaux arrivants prêts à travailler dans ce domaine.

Lorsque le moteur principal, qu’est l’immigration internationale, s’essouffle dramatiquement, il faut s’attendre à des flux migratoires beaucoup plus faibles. A partir de l’année prochaine, nous entrons dans un nouveau régime.

 
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