6 plumes émergentes de la littérature LGBTQ+ à découvrir au plus vite

6 plumes émergentes de la littérature LGBTQ+ à découvrir au plus vite
6 plumes émergentes de la littérature LGBTQ+ à découvrir au plus vite

Pour le mois de la fierté, Vogue revient sur ses livres préférés de la littérature LGBTQ+. Après avoir présenté ses classiques préférés, la rédaction s’attache à mettre en lumière les auteurs francophones les plus prometteurs du moment.

6 jeunes auteurs LGBTQ+ à lire pendant le mois de la fierté

Fatima Daas, le panache incisif

Lorsque nous l’avons interrogé sur ses influences littéraires, Fatima Daas a répondu : «Je me tourne vers ma sœur littéraire et aimante Faïza Guène, vers Abdellah Taïa, mon cher ami, et vers Maboula Soumahoro qui trouve à chaque fois les mots qui me font du bien.». Cependant, à la sortie de Le petit dernierson premier roman (2020), les médias comparent volontiers son écriture, à la fois sèche et incisive, à celle d’un Annie Ernaux. Soyons réalistes : nous voyons également le lien. Comme ce dernier, Fatima Daas ne choisit pas entre fiction et autobiographie. Dans ce monologue, qu’on pourrait lire encore et encore, le jeune auteur interroge la religion, l’homosexualité, la violence et la vulnérabilité. “J’ai le sentiment qu’on vit dans un monde de cases très standardisées, et je le ressens d’autant plus en publiant ce roman, alors qu’il vise à briser les cases.» confiait-elle au média Brut en 2021. Lire et relire.

Le petit dernier, Fatima Daas

Tal Madesta, révolutionnant le genre

Près d’un an après la publication de son essai Désir à tout prix, Tal Madesta dévoile un deuxième livre, La fin des monstres. Au plus profond de celui-ci se déroule l’histoire de sa relation à soi, aux autres et au monde. Un livre particulièrement intimiste, mais aussi politique au plus haut point. En dévoilant un aperçu de son histoire et de sa transition de genre, amorcée en 2020, le militant et journaliste indépendant s’affranchit des discours tenus à son sujet – et de celui de la communauté trans en général – pour nous livrer le sien, aussi puissant soit-il. est. Surtout, il rappelle combien il est essentiel de ne jamais lui enlever ses nuances, ses défauts et ses singularités, sinon rien ne serait pertinent. Lors de son écriture, Tal Madesta nous plonge dans la violence de son vécu, qui va de l’humiliation au rejet en passant par le deuil. Mais il nous fait aussi découvrir la joie exaltante de rencontrer sur son chemin des personnes qui le comprennent et le soutiennent, des personnes qui lui donnent foi en l’amour dans ce qu’il a de plus pur et de plus guérissant. Ainsi bercé de lumière, son récit frénétique autorise quelques instants de pause.

Tal Madesta – La fin des monstres

Doux Dibondo, pense à la noirceur

Publié aux éditions Fayard, La charge raciale, le vertige d’un silence accablant de Douce Dibondo est un véritable parti pris littéraire, avec une plume presque aussi poétique que dense et précise. Combinant des approches linguistiques, historiques et sociologiques, l’ouvrage permet à son auteur de dresser un tableau complet du racisme en France, de ses racines à ses conséquences les plus graves. “La poésie permet de creuser au plus profond de soi pour comprendre les autres et le monde.» nous raconte l’auteur lors d’un entretien réalisé en juin 2024, à Paris. A travers l’écriture, elle se demande : que disent les mots de moi ? Comment est-ce que je me définis ? Comment pouvons-nous être collectifs à partir de nous-mêmes, à partir de l’intériorité ?

Ces questions sont au cœur de la réflexion de La charge raciale, le vertige d’un silence accablant un ouvrage né de la découverte du concept développé par l’universitaire français Maboula Soumahoroet surtout l’étonnement devant le manque de mots mis sur ce mal partagé par les personnes racisées.

Douce Dibondo – La charge raciale : Vertige d’un silence accablant

Phoebe Hadjimarkos-Clarke, repenser la science-fiction

La première fois que nous rencontrons la plume de Phœbe Hadjimarkos-Clarkenous sommes en 2021. Tambourinson premier roman, vient de paraître aux Editions du Sabot, une maison d’édition à la fois indépendante, sauvage et explosive. Tambourin est passionnant, Tambourin est impossible de partir. Il est volontiers décrit comme une œuvre de science-fiction queer, mais son auteur rejette le terme de science-fiction. Déjà se dessinent les contours d’une plume étrange et décalée, décidément hors du champ traditionnel de la littérature traditionnelle. Au contraire, les propos de Phœbe Hadjimarkos-Clarke sautez, rebondissez et entrez en collision dans une histoire post-apocalyptique où Mona et Pauli tentent de s’aimer malgré un avenir volé. En janvier 2024, le jeune auteur revient avec Aliène, récemment récompensée par le Prix Inter du Livre. Une fois de plus, elle s’amuse, à la limite du fantastique, et propose un roman social puissant, avec un regard perçant sur les maux qui engloutissent notre société.

Phoebe Hadjimarkos Clarke – Aliene

Erika Nomeni, catharsis épistolaire

Auteur-compositeur-interprète, rappeur et DJ : les casquettes sont nombreuses Erika Nomeni avant de publier son premier livre fortement inspiré de sa vie intitulé L’amour de nous-mêmes. Aloe est une femme noire, pédé, gros, pauvre, qui a longtemps vécu en Seine-Saint-Denis. Dans une volée de mails qu’elle écrit à la mystérieuse Sujja, on découvre une existence secouée par un chapelet de violences qui ne révèle pas leurs noms. Entre Marseille et le Marais parisien, sans oublier son Cameroun natal, la dureté taciturne du quotidien se mêle à la toxicomanie, un Eden insidieux pour vaincre les omertas. En capturant les isolements et les insécurités, L’amour de nous-mêmes expose à quel point les dynamiques de genre, de race, de classe et de sexualité peuvent être co-construites. Un hymne précieux à l’estime de soi, d’une précision chirurgicale.

Erika Nomeni – Amour de nous-mêmes

Éric Chacour, vol du Caire

Poussé vers l’amour des chiffres dès l’enfance, rien de prédestiné Éric Chacour faire publier un livre, sinon les poèmes et les nouvelles qu’il griffonnait parallèlement à son métier de consultant bancaire. Et pourtant, le voici : son premier roman, le sensoriel Ce que je sais de toi, l’aboutissement d’une décennie de réflexion. Dix ans d’échanges avec des proches pour rester fidèle à la mémoire de la communauté levantine du Caire, au milieu des années 1980. Nous rencontrons Tarek, un jeune médecin qui a hérité du métier de son défunt père. Une mère despotique, une sœur confidente, une gouvernante moliéresque et une épouse retrouvée après des années d’oubli : Tarek est le dernier rouage d’une machine bien huilée, qui perd parfois son sens au quotidien. Lorsqu’il ouvre un dispensaire dans un quartier défavorisé de la ville, il rencontre Ali, un jeune homme à la mère malade qui refuse les contraintes des interdits. À partir de là commence une connexion dont beaucoup comprennent le contenu sans en expliquer les détails, jusqu’à ce que les principaux acteurs soient contraints à l’exil. Ce que je sais de toi raconte la vie de Tarek à l’aide d’un « vous » déconcertant. Un « vous » qui tarde à faire la lumière sur ce personnage principal, à combler les silences et les omissions derrière ses désirs et ses obligations.

Eric Chacour – Ce que je sais de toi

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