« La dégustation est une école d’humilité »

« La dégustation est une école d’humilité »
« La dégustation est une école d’humilité »

« Je n’y connais pas grand chose, mais ça pourrait être amusant ! » Arrivée sur le fil pour le lancement du 1D édition du Grand Test des Vins de Loire, dimanche 26 mai dans le cadre de Vitiloire, Ny-Avo, 18 ans, a l’enthousiasme des débutants. Apprentie dans la restauration, elle s’est engagée sur les conseils de son patron, ” apprendre “. Assis autour d’elle dans une salle du Palais des Congrès de Tours, une cinquantaine d’amateurs – dont certains très avertis – entourés d’élégants tabliers noirs. Devant chaque personne, un verre de dégustation, une liste de vins de Loire, un crachoir, une petite corbeille de pain et un verre d’eau. Autour d’eux se trouve une équipe de sommeliers professionnels. « L’idée est de mettre le grand public dans le cadre d’une véritable dégustation professionnelle »décrit Benoît Gautier, l’initiateur de cette nouvelle rencontre organisée par la Fédération des Associations vitivinicoles d’Indre-et-Loire et de Sarthe et Tours Événements.

Pour cette première édition du Grand Test des Vins de Loire, seule la moitié des places proposées étaient occupées. Les organisateurs espèrent être au complet lors de la prochaine édition.
© Photo NR, Mariella Esvant

« Le but est avant tout de se faire plaisir »

Au programme de cette matinée d’essais à l’aveugle, treize vins de Nantes à Sancerre, dont cinq blancs, deux méthodes traditionnelles et six rouges. « Nous avons essayé de présenter des appellations variées, avec des vins plutôt représentatifs », constate Benoît Gauthier, lui-même vigneron à Vouvray. Pour chaque vin qui leur est servi, par une équipe de sommeliers professionnels, les dégustateurs disposent de 8 minutes pour retrouver le cépage, l’appellation, le millésime, le nom du domaine, et celui du millésime. Avant le départ, le chef sommelier, David Fontaine, président de l’Union de la sommellerie française (UDSF) Val de Loire, a donné quelques conseils.

Les participants ont pu découvrir treize vins de Loire dans les conditions d’une dégustation officielle, encadrée par des sommeliers professionnels.
© Photo NR, Mariella Esvant

« Ce qui est le plus important, c’est d’abord d’identifier le cépage, c’est l’identité d’un terroir. Ensuite, on procède par effet d’entonnoir, par éliminationil explique. En fin de compte, c’est le terroir qui va apporter quelque chose au vin, et cela se comprend mieux sur le terrain. » Lui, qui n’a découvert la sélection que ce matin-là, prévient : « Même nous, professionnels, ne serions pas sûrs de le faire sans faute : la dégustation est une école d’humilité. Le but de ce matin, c’est avant tout de s’amuser : il faut prendre ça comme un jeu. »

Travail d’enquête

Autour des verres, le silence tombe. « Il faut utiliser tous les sens, le nez, les yeux, la bouche »commente Mathieu, venu avec sa compagne, ses parents et son petit frère. « Nous ne sommes pas des novices, mais des débutants en compétition »glisse Christine, la mère de cette famille qui aime « déguster, découvrir, partager autour du vin ». Au bout de quelques minutes, les premières impressions ressortent, avec des mots contenus. Les mains glissent sur la carte des vignobles. Hésite, revient. Regaste. « On bouche d’abord le verre pour concentrer les arômes, puis on le sent pour avoir une première sensation, représente Luc, le père. Ensuite, on déguste, pour confirmer le cépage ou l’assemblage que l’on croit sentir. Il faut alors tenter de le localiser, sachant que tel cépage se trouve sur tel ou tel territoire. Tout cela dépend de notre histoire, de notre culture. »

Pour le maître sommelier David Fontaine, le premier défi est d’identifier le cépage, « qui est l’identité d’un terroir ».
© Photo NR, Mariella Esvant

Un peu plus loin, un groupe de trois amis, habitués aux blind tests autour des dîners, pensent pouvoir arriver au millésime sans trop d’erreurs. Après, « le domaine et le nom du millésime, c’est un peu la roulette russe »avoue Benoît. « Nous visons une victoire par hasard », plaisantent Paul et Clément. Tout au long de la dégustation, ces habitués du Vitiloire enthousiasmés par l’idée de tester «cette nouvelle façon d’en profiter» franchi “des choses qui semblent plutôt claires, d’autres où c’est une page blanche.”

Lors du décompte des résultats, les organisateurs ont découvert quelques surprises, dont des amateurs très avertis. “Ce qui me rendait le plus heureux, c’était de voir les gens heureux”, se félicite Benoît Gautier. Dès l’après-midi, entre les tribunes du Vitiloire, le bouche à oreille faisait son œuvre. « Nous espérons que cette nouvelle animation fera son chemin » Déjà discount Iman Manzari, adjointe au commerce de la ville de Tours, et présidente de Tours événementiel. Ny-Avo est partie aussi souriante qu’elle est arrivée, et « un peu plus informé ».

Au moment du dépouillement, les organisateurs ont découvert des résultats parfois très éclairés.
© Photo NR, Mariella Esvant

 
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