Développer l’éco-responsabilité en entreprise grâce à la méditation – .

Développer l’éco-responsabilité en entreprise grâce à la méditation – .
Développer l’éco-responsabilité en entreprise grâce à la méditation – .

Entrée en vigueur le 1er janvier 2024, la nouvelle directive sur le reporting développement durable des entreprises (Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) remplace la Non-Financial Reporting Directive (NFRD) en vigueur depuis 2014. Elle impose des normes européennes harmonisées de durabilitéélargit le périmètre des entreprises concernées (de 11 000 à 50 000) et intègre le concept de double matérialité, évaluant à la fois les impacts environnementaux et sociaux des entreprises et leur influence sur les résultats financiers.

De nombreuses journées mondiales et semaines dédiées Des initiatives RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) sont prévues en 2024. Ces événements offrent aux entreprises l’occasion de communiquer sur leurs actions éco-responsables et d’organiser des activités internes pour renforcer l’engagement des collaborateurs. Ces initiatives témoignent d’une volonté croissante des entreprises et des législateurs de renforcer les pratiques durables et de responsabiliser les acteurs économiques face aux défis environnementaux et sociaux actuels.

Normes spécifiques concernant l’engagement des employés

La directive CSRD introduit les normes européennes harmonisées de durabilité (ESRS), qui obligent les entreprises à rendre compte de manière standardisée sur divers aspects de leur engagement social. Ces normes comprennent des exigences spécifiques en matière de reporting sur la manière dont les entreprises impliquent leurs employés dans les initiatives de développement durable et sur les politiques mises en place pour améliorer l’engagement et la rétention des employés. Ces exigences visent à encourager une plus grande implication des salariés dans les stratégies de développement durable des entreprises et à améliorer la transparence des pratiques sociales et environnementales au sein de l’Union européenne. Le CSRD impose ainsi aux entreprises d’évaluer non seulement l’impact environnemental et social de leurs activités, mais également la manière dont les entreprises sensibilisent, forment et développent les compétences de leurs salariés sur ces enjeux de durabilité.

La pleine conscience pour aider les entreprises à faire face au CSRD

La pleine conscience se produit lorsqu’un individu dirige délibérément son attention sur le moment présent, sans jugement, en restant conscient du déroulement de son expérience à chaque instant (« Un programme ambulatoire en médecine comportementale pour patients souffrant de douleurs chroniques basé sur la pratique de la méditation de pleine conscience : considérations théoriques et résultats préliminaires », de J. Kabat-Zinn, Psychiatrie de l’Hôpital Général, 1982).

La méditation de pleine conscience permet ainsi de mieux comprendre les comportements inconscients et de réduire le phénomène de dissonance cognitive, c’est-à-dire les écarts entre nos valeurs et nos actions dans le monde. Pour tester les bénéfices de la pratique de la méditation de pleine conscience sur l’engagement éco-responsable des salariés, nous avons lancé un programme de recherche depuis 2020.

Dans une première étude réalisée auprès de 830 salariés français, nous avons établi un lien entre la méditation de pleine conscience et la consommation éthique. Nous avons testé nos hypothèses auprès de deux groupes de participants comparables en termes de critères sociodémographiques : un groupe composé de 523 personnes ayant suivi un programme de réduction du stress basé sur la pleine conscience (MBSR) – une approche pédagogique qui guide les participants dans leur pratique de la méditation de pleine conscience pendant 8 semaines – versus un groupe de 307 participants n’ayant jamais suivi de programme de formation à la méditation de pleine conscience (« La pleine conscience réduit les attitudes monétaires avares et améliore les croyances éthiques des consommateurs : l’entraînement à la pleine conscience, le timing et la pratique sont importants », d’Elodie Gentina, Carole Daniel et Thomas Li-Ping Tang, Journal of Business Ethics, 2020)

Les résultats mettent en évidence que la méditation de pleine conscience amène les individus dans le domaine de la réflexion éthique (les personnes ayant suivi un programme MBSR obtenant un score de croyances éthiques plus élevé que celles n’ayant pas suivi de formation). En d’autres termes, cultiver sa capacité à être attentif au moment présent, à développer une plus grande conscience de ce qui se passe en nous et autour de nous, conduit à penser et à agir de manière plus éthique dans le domaine de la consommation.

Dans une deuxième étude réalisée auprès de 778 salariés français, nous avons démontré que le développement de cette identité éthique conduisait effectivement à une intention d’achat de produits plus écologiques, démontrant l’engagement des salariés dans des actions d’achat plus durables (« Mindfulness et intention d’achat écologique : un modèle de modération médiatisée révélant le rôle de l’identité éthique », par Carole Daniel, Elodie Gentina et Tavleen Kaur, Ecological Economics, 2023).

Enfin, une troisième étude réalisée auprès de 467 salariés français confirme les effets de la méditation de pleine conscience sur cet engagement, et l’étend au-delà des achats dits « verts », aux comportements de frugalité, à des attitudes plus consommatrices. éthique et actes engagés de préservation de l’environnement (« Pleine conscience, bien-être spirituel et comportement de consommation durable », de Carole Daniel, Rafi MMI Chowdhury et Elodie Gentina, Journal of Cleaner Production, 2024).

La méditation de pleine conscience confirme son utilité en entreprise

Les programmes de formation à la méditation de pleine conscience pourraient ainsi enrichir l’offre de formations de sensibilisation aux enjeux de durabilité comme les fresques (sur le climat, sur l’économie régénératrice), devenues virales en entreprise. Ces bénéfices récemment établis s’ajoutent aux effets plus connus et établis de ce type de formation sur le stress et le bien-être.

En 2022, dans le cadre d’un programme de recherche sur la santé des salariés, nous avons réalisé une étude auprès de 1 022 salariés démontrant le rôle protecteur de la pratique de la pleine conscience sur l’équilibre vie professionnelle-vie privée. Cette étude a démontré que les salariés pratiquant la méditation de pleine conscience étaient mieux à même de contenir les effets néfastes de leurs tendances addictives au travail que les salariés non pratiquants (« La pleine conscience atténue les effets délétères du bourreau de travail sur les conflits travail-famille », par Carole Daniel, Elodie Gentina et Jessica Mesmer-Magnus, Sciences Sociales & Médecine, 2022).

Les entreprises ont en effet un intérêt majeur à promouvoir la pratique de la méditation de pleine conscience, un intérêt qui va bien au-delà de la lutte contre le stress et de la prévention des risques psychosociaux.

Ainsi, la méditation de pleine conscience n’est pas seulement un outil de développement personnel, visant des objectifs individuels hédoniques ou curatifs. C’est aussi une pratique de développement de la conscience éthique, sociale et environnementale.

 
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