Aux Rencontres d’Arles, Mustapha Azeroual à la poursuite du rayon vert

« Gradiant 22, Groenland, Ponant », 2024. MUSTAPHA AZEROUAL. AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE/BMW ART MAKERS

Regarder un coucher de soleil : voilà l’une des expériences les plus ordinaires et pourtant les plus magiques qui soient. Qui n’a jamais admiré ces instants où, imperceptiblement, d’une seconde à l’autre, le noir l’emporte sur le rose, le soleil s’enfonce derrière l’horizon et la nuit recouvre le monde ? Mustapha Azeroual, à Arles cet été, vous invite à vivre un petit miracle du même ordre, en vous abritant dans une « oasis » contemplative nichée au cœur de l’effervescence du festival. Au cloître Saint-Trophime, le lauréat du prix BMW Art Makers 2024 (remporté en duo avec la commissaire Marjolaine Lévy) installe deux immenses panoptiques de 4,40 mètres de long et 2 mètres de haut qui plongent le spectateur dans des dégradés de couleurs vibrantes et chatoyantes. Un inventaire des couleurs du ciel recueillies au-dessus de différentes mers du monde : en Arctique, en Méditerranée, aux Caraïbes…

Lis l’histoire: Article réservé à nos abonnés En 2024, les rencontres d’Arles explorent les marges et les souterrains

Ajoutez à vos sélections

Face à ce spectacle, aucun visiteur ne verra exactement la même chose : les images sont imprimées selon un procédé lenticulaire, souvent utilisé dans les publicités. Chaque point de l’image est une lentille contenant vingt-quatre couleurs, qui se révèlent selon l’angle de vue, inventant sans cesse un nouveau ciel. « C’est un dispositif qui intègre le mouvement et permet ainsi de recréer l’expérience de la perception des couleurs, explique l’artiste. Parce que nous voyons tous les couleurs différemment.

Avec Le rayon vert (« le rayon vert »), titre de cette œuvre hypnotique, Mustapha Azeroual conjugue ainsi approche conceptuelle et expérience sensible, abstraction et émotion. Autant d’aspects inhérents au travail de cet artiste singulier, qui aime construire des images complexes, qui s’éloignent voire rompent avec l’idée de représentation simple du monde à laquelle se cantonne souvent la photographie. « La photographie m’intéresse moins comme image que comme langage »résume-t-il dans son atelier au calme absolu, situé au coeur de la ville, à Tours.

Expériences physiques

Chacun de ses projets lui a permis d’aborder une question théorique propre à la photographie. Les séries Écho a exploré la représentation de la lumière, par définition invisible. Élios étudié le rôle du soleil. Phénomène questionne le support des images. Et Éclat (ne le faites pas Le rayon vert est une suite) a étudié comment capturer les variations de couleurs – sachant que l’appareil photo ne peut pas « voir » comme un œil. « Je pars toujours d’une idée, et la forme vient après.indique l’artiste, qui s’efforce de créer des œuvres qui sont autant d’expériences physiques. On peut aborder ce travail de manière théorique, mais aussi de manière purement esthétique : c’est beau et ça fait du bien ! »

Il vous reste 57,86% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Hede Darling, base solide du Quinté+ de ce mercredi 3 juillet – .
NEXT Varilhes. Après-midi de chansons à la résidence Bleu printemps – .