pourquoi plus de quatre ans après le début de la pandémie, sa diffusion est sur une pente ascendante en France

pourquoi plus de quatre ans après le début de la pandémie, sa diffusion est sur une pente ascendante en France
pourquoi plus de quatre ans après le début de la pandémie, sa diffusion est sur une pente ascendante en France

Perçu par beaucoup comme de l’histoire ancienne, le Covid connaît en France un rebond perceptible mais jusqu’ici modéré, à l’approche des vacances scolaires et des Jeux olympiques.

« Cela a commencé par des sueurs en pleine nuit et des jambes qui tremblaient. Au début, je l’attribuais aux brusques changements de temps. Jusqu’à ce qu’un collègue me dise : « attention, le Covid revient ! « Au début, j’étais surprise, mais je suis allée me faire tester après le travail et c’était complètement positif », raconte Rita, une quadragénaire francilienne. “C’est mon deuxième Covid, et je tousse beaucoup, sachant que je souffre d’asthme”, ajoute-t-elle.

« Une hausse de plus en plus marquée »

Plus de quatre ans après le début de la pandémie, plusieurs signaux d’augmentation de la circulation convergent, comme dans d’autres pays européens.

À l’hôpital ou en médecine de ville, “les recours pour suspicion de Covid-19 continuent d’augmenter depuis huit semaines”, même s’ils restent encore modestes, a observé Santé publique France mercredi 12 juin.

Une hausse « de plus en plus marquée », tant pour les passages aux urgences (+52 % sur une semaine) que chez SOS Médecins (+51 %, avec 1 507 interventions du 3 au 10 juin).

Les eaux usées, où la présence du Sars-CoV-2 est surveillée dans 12 stations, montrent également une nette progression de la circulation virale au cours du mois écoulé.

Les jeunes ont été les premiers à illustrer le retour du Covid, dans la foulée des concerts de la chanteuse américaine Taylor Swif à Paris en mai. Sur les réseaux sociaux, les fans ont montré leurs tests positifs ou ont encouragé d’autres « Swifies » à se faire tester.

Rebond dans plusieurs pays européens

“Après une longue période de faible activité”, plusieurs pays européens ont connu un rebond épidémique ces dernières semaines, a récemment rapporté le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

“La hausse était prévisible”, a jugé Mircea Sofonea, épidémiologiste à l’université de Montpellier et au CHU de Nîmes.

En cause : « un déclin immunitaire » de la population, mais aussi « une évasion immunitaire » des nouveaux sous-variants du virus, tous membres de la lignée Omicron JN.1, selon cet expert. La protéine Spike, qui permet au SARS-CoV-2 de pénétrer dans les cellules hôtes, semble présenter des mutations clés dans ces variantes.

Attention au cocktail des JO

“A notre connaissance, rien ne prouve que cette nouvelle vague ait un impact sanitaire plus important que les deux précédentes”, selon Mircea Sofonea.

Rien ne suggère une gravité accrue des variants actuels, dont un nouveau dérivé d’Omicron, baptisé KP.2 et surnommé « FLiRT », détecté en Europe et aux Etats-Unis.

Si, depuis mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé ne considère plus la pandémie comme une urgence sanitaire mondiale, elle rappelle régulièrement que le SARS-CoV-2 « continue de circuler et d’évoluer ». Le risque demeure d’une variante plus dangereuse.

L’impact du Covid sur les hospitalisations et les décès n’est pas nul

“L’évolution d’Omicron depuis fin 2021 nous montre à quel point l’évolution du SARS-CoV-2 est loin d’être linéaire : des lignées plus anciennes refont surface grâce à un saut évolutif important, puis se diversifient, se recombinent”, a relevé l’épidémiologiste.

Et si le SARS-CoV-2 a le potentiel de devenir saisonnier, selon plusieurs experts, ce n’est pas encore une réalité.

Au fil du temps et des vagues, l’impact du Covid sur les hospitalisations et les décès a cependant fortement diminué, grâce au haut niveau d’immunité acquis par la vaccination et/ou les infections. Mais il n’est pas nul, et les Covid longs s’y ajoutent.

Des vaccins très protecteurs contre les formes graves

Si les vaccins perdent avec le temps leur efficacité contre les infections, ils restent très protecteurs contre les formes graves, insistent les autorités sanitaires.

Une nouvelle campagne, ciblant les plus de 80 ans et les plus vulnérables, a débuté mi-avril en France.

Pour mieux correspondre aux mutations du virus, l’OMS a préconisé fin avril des formulations ciblant la lignée JN.1 pour les futurs vaccins anti-Covid.

Le masque reste recommandé

Le masque reste recommandé, notamment en cas de symptômes, dans les lieux très fréquentés et en présence de personnes vulnérables.

Et la prudence reste de mise pour les Jeux Olympiques. Car le cocktail de « mixité, promiscuité, contexte convivial favorise la transmission du SARS-CoV-2, comme d’autres virus respiratoires », a rappelé Mircea Sofonea.

 
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