Les scénaristes de « HPI » parlent de la saison 4 de la série phénomène TF1

Les scénaristes de « HPI » parlent de la saison 4 de la série phénomène TF1
Les scénaristes de « HPI » parlent de la saison 4 de la série phénomène TF1

Laura Bruneau développe très tôt une passion pour le petit écran et c’est devant Des Chiffres et Des Lettres qu’elle apprend à lire. La fièvre du jeu ne l’a jamais quittée : plus tard, elle a participé à Slam ou Questions for a Champion. Elle aime aussi les séries – les franchises Dick Wolf, qui voyagent à Chicago sur les traces de Chicago Fire.

La série « HPI » fait son grand retour sur TF1 avec de nouveaux épisodes. Les scénaristes du drame au succès phénoménal dévoilent les coulisses de l’écriture de cette quatrième saison.

La série « HPI » revient sur TF1 ce jeudi 16 mai pour une quatrième saison. Une saison notamment marquée par la grossesse surprise du personnage d’Audrey Fleurot, la consultante HPI, Morgane Alvaro. Alice Chegaray-Breugnot et Julien Anscutter, scénaristes de fiction, mais aussi directeurs de collection et directeurs artistiques, parlent de cette nouvelle saison de « HPI » pour puremedias.com.

Commentaires recueillis par Laura Bruneau

puremedias.com : Pouvez-vous revenir sur la genèse de « HPI » ?
Alice Chegaray-Breugnot : « HPI » est né avant moi. C’était en 2017 ou 2018, Nicolas Jean et Stéphane Carrié avaient un projet de comédie policière avec un consultant HPI de type Asperger. Il y a eu des difficultés dans le développement de la série, avec un personnage plutôt froid, très intérieur, leur référence était Lisbeth Salander (l’héroïne de la série de romans policiers Millennium). TF1 était intéressée par le projet, mais souhaitait une femme, une mère, avec des enfants. Le personnage n’a pas très bien fonctionné. Anthony Lancret et Pierre Laugier de Route Productions m’ont appelé parce que j’avais mon propre projet avec un enquêteur de HPI mais adolescent, donc ils savaient qu’il y avait une correspondance possible. J’ai donc repris le projet. J’avais un regard différent sur le sujet car mon père était HPI et il était très sociable, très brillant, un peu fou. Évidemment, en créant ce personnage très haut en couleur, la comédie s’est naturellement imposée dans l’écriture. Le projet est passé d’un thriller, d’une série d’enquête à une série de comédie policière. J’ai proposé ce soin à la chaîne. Ils ont été décontenancés car l’aspect comédie policière n’était pas ce qu’ils avaient initialement cru. Mais finalement lorsqu’ils lisèrent le dialogue V1 du pilote, ils découvrirent que c’était pour eux. Nous avons commencé une convention d’écriture pour 6 épisodes et finalement ils ont voulu en faire 8.

A lire aussi : « HPI » sur TF1 : Que vaut la saison 4 de la série phénomène avec Audrey Fleurot ?

Ils ont dit

« Évidemment, en créant ce personnage très haut en couleur, la comédie s’est naturellement imposée dans l’écriture. »

Alice Chegaray-Breugnot (« HPI »)

C’est déjà la saison 4. Comment faire en sorte que le téléspectateur ne s’ennuie pas au fil des saisons, pour toujours apporter des nouveautés ?
Alice Chegaray-Breugnot : On essaie de ne jamais s’ennuyer en écrivant, c’est la première chose. Nous essayons de changer les interactions des personnages, d’introduire un nouveau personnage qui apporte toujours un nouvel équilibre des pouvoirs. Julien et moi aimons travailler les genres. Là, par exemple, nous avons un épisode qui est une sorte de Columbo. L’idée n’est pas de copier Columbo mais c’est de mettre Columbo à la sauce HPI et ça donne toujours des choses intéressantes à renouveler.
Julien Anscutter : Sur les personnages, à chaque saison, on essaie de trouver des endroits où on ne les a pas encore emmenés et où ça nous amuse, sur le plan comique ou sur un plan plus dramatique, de les emmener, dans des domaines qu’on n’a pas encore exploré.

Le succès d’HPI vous a-t-il permis d’augmenter le nombre de scénaristes dont vous disposez pour écrire la série ?
Alice Chegaray-Breugnot : Non, nous n’avons pas changé notre méthode de travail depuis le début. Le nombre peut être plus difficile à gérer car ce sont des personnes que l’on forme, que l’on oriente par écrit. Donner vie à des textes est un travail qui prend du temps. Avoir beaucoup d’auteurs n’est pas forcément une bonne chose. Nous préférons avoir des auteurs de confiance, avec qui nous aimons travailler, qui nous apportent beaucoup de fraîcheur. Multiplier les auteurs, sur une table avec plein de scénaristes, pour faire du brainstorming, n’est pas forcément plus simple. Nous préférons travailler en petits groupes, de manière plus calme et plus profonde, à chaque saison.
Julien Anscutter : Cette saison, nous l’avons écrit avec 10 autres scénaristes. Généralement, les scénaristes travaillent en binôme. On aime que ce soit vraiment leur épisode : ils ne travaillent pas sur toute la saison, mais sur un épisode qu’ils peuvent reprendre, qui devient leur épisode, dans lequel ils apportent leurs idées, leurs envies, leur univers.

Ils ont dit

Pour créer vos démos, en général, c’est une culture générale associée à l’observation et à la déduction.

Alice Chegaray-Breugnot (« HPI »)

Morgane est HPI. Est-ce que l’écriture des lignes de ce personnage, avec ses pensées, nécessite plus de travail de recherche en amont ?
Alice Chegaray-Breugnot :
Oui ! Notamment pour les démonstrations de Morgane, où elle doit combiner beaucoup de connaissances différentes, mais aussi de l’ingéniosité. Pour créer vos démos, en général, c’est une culture générale associée à l’observation et à la déduction. C’est compliqué à écrire, cela demande beaucoup de recherches. On est toujours à la recherche de faits amusants, de choses comme ça qui alimenteront ces moments d’éblouissement de Morgane. Dans le dialogue, c’est difficile parce qu’il faut que ce soit clair, tout en restant complexe. C’est également difficile dans la structure des épisodes car cela prend des raccourcis tout le temps. Par rapport à une série thriller où il faudrait 3 ou 5 scènes pour découvrir quelque chose, elle avance dans l’enquête en une seule scène, ce qui oblige à constamment tordre l’enquête pour ne pas arriver à la conclusion trop vite. .
Julien Anscutter : Il faut trouver des enquêtes à la hauteur pour que cela ait vraiment du sens. Ces scènes des démos où elle progresse sont des scènes que nous cherchons à renouveler régulièrement, dans le fond comme dans la forme. Nous travaillons beaucoup sur ces scènes pour qu’elles restent époustouflantes à chaque saison.

Quel degré d’improvisation possède Audrey Fleurot ?
Alice Chegaray-Breugnot : Dans ce type de scène, elle cherche à chaque fois à surprendre, en proposant quelque chose de différent au jeu. Il y a un peu d’improvisation sur les textes, mais elle est quand même très rigoureuse car les démonstrations ne le permettent quasiment pas. Elle apporte des punchlines mais aussi beaucoup dans la manière de mettre en scène physiquement le personnage, elle s’en empare de manière très physique. Elle invente toujours plein de choses dans ses gestes et ses expressions faciales. C’est une incarnation très forte.

Ils ont dit

“Audrey Fleurot apporte des punchlines mais aussi beaucoup dans la manière de mettre en scène physiquement le personnage, elle s’en empare de manière très physique.”

Alice Chegaray-Breugnot (« HPI »)

Qu’est-ce qui a changé dans l’écriture entre la saison 1 et la saison 4 ?
Alice Chegaray-Breugnot :
La série a beaucoup évolué, c’est dû au fait qu’on partait vers un genre, la comédie policière, dans la case du jeudi, la case thriller, et on a avancé un peu en tâtonnant. Tant la chaîne que nous les auteurs, nous ne savions pas jusqu’où nous pouvions pousser la comédie, sans perdre le thriller, sans perdre le fil de l’enquête. La saison 1 a été un laboratoire, nous avons expérimenté et appris à faire en sorte que la comédie ne gêne pas le thriller. C’est une compétence qui nous a permis de jouer dans la comédie. Chaque saison que nous testons et essayons, c’est toute la difficulté de « HPI », faire un thriller d’enquête suffisamment complexe et intéressant, en réduisant le nombre de séquences par épisode qui lui sont consacrées chaque année pour laisser de la place aux arches et aux comédie du personnage.
Julien Anscutter : Nous avons pris confiance dans l’équilibre entre comédie et thriller de la série. On a aussi osé aller dans des domaines qu’on n’aurait pas forcément abordés, par exemple en faisant des enquêtes un peu plus sombres, car on sait qu’on saura garder un équilibre comédie/thriller, même en abordant des sujets plus sombres, ou à l’inverse poussant les curseurs de comédie un peu plus loin.

La saison 4 tourne autour de la grossesse de Morgane. Le téléspectateur ne connaîtra l’identité du père que dans la seconde partie de la saison à la rentrée. Pourquoi ce choix ?
Julien Anscutter : Concernant la grossesse de Morgane, nous avons décidé assez vite d’en faire l’intrigue de la saison. D’une part, profiter de Morgane qui est enceinte, comme seule Morgane Alvaro peut l’être, avec les tenues qui vont avec, sa façon d’envisager la grossesse. Plus que la question de savoir qui est le père, la question que doit se poser Morgane est de savoir comment elle se projette avec cet enfant. Elle a terminé la saison précédente en blessant Karadec au moment où ils commençaient une relation. Elle a, au fond, ce fantasme si Karadec était le père, que cette grossesse pourrait être un moyen facile de réparer les choses et de renouer les liens. Nous avons évidemment fait en sorte que ce ne soit pas une solution de facilité, et cela oblige Morgane à se demander ce qu’elle veut réellement. L’arc de la saison est que Morgana a 3 pères potentiels, mais aucun d’entre eux n’est disposé à élever cet enfant avec elle et cela l’oblige à réfléchir à sa relation avec les autres et à la façon dont elle se retrouve dans cette situation.
Alice Chegaray-Breugnot : C’est aussi une saison sur le retour du karma, cette grossesse avec 3 pères et finalement zéro père, est la conséquence de ce qu’elle a fait de sa vie très rock’n’roll et parfois un peu égoïste les saisons passées.

Ils ont dit

“Concernant la grossesse de Morgane, on a décidé assez vite qu’on voulait en faire l’intrigue de la saison.”

Julien Anscutter (« HPI »)

Parmi les pères potentiels, il y a le personnage de Timothée. Pourquoi est-il alors absent des premiers épisodes de la saison ?
Alice Chegaray-Breugnot : « HPI » est très choral, il y a beaucoup de personnages, on ne peut pas tous les nourrir dans chaque épisode. C’est impossible. Il vaut mieux faire venir un personnage, lui donner une vraie intrigue à jouer, le temps de quelques épisodes, que de l’avoir partout et c’est un peu perdu. Timothée est très présent dans la saison, mais pas au début, aussi parce qu’on voulait marquer la solitude de Morgane avec cet enfant et Timothée est un personnage qui quand il est là, on aime beaucoup qu’il soit là. Nous l’avons amené plus tard, mais c’est un choix narratif.

 
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