Le Premier ministre britannique Keir Starmer est arrivé jeudi matin à Kyiv. Il doit signer un partenariat de sécurité « de 100 ans » avec l’Ukraine, quelques jours avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Le leader travailliste, qui se rend en Ukraine pour la première fois depuis son élection en juillet, signera ce traité sur la défense, l’énergie et le commerce avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a annoncé Downing Street dans un communiqué.
L’Ukraine et ses alliés européens craignent un éventuel désengagement américain, Donald Trump ayant répété à plusieurs reprises vouloir mettre fin rapidement au conflit avec la Russie.
Volodymyr Zelensky a déclaré que lui et Starmer discuteraient de la possibilité de stationner des troupes occidentales en Ukraine pour superviser un accord de cessez-le-feu, une proposition initialement avancée par le président français Emmanuel Macron.
« Aide active » des Britanniques
“Le Royaume-Uni et l’Ukraine signent un partenariat historique de 100 ans pour approfondir leurs liens de sécurité et renforcer leur partenariat pour les générations futures”, a déclaré Downing Street à l’occasion de cette visite surprise.
«L’ambition de (Vladimir) Poutine d’éloigner l’Ukraine de ses partenaires les plus proches s’est avérée un échec stratégique monumental. Au contraire, nous sommes plus proches que jamais, et ce partenariat fera passer cette amitié à un niveau supérieur”, a déclaré Keir Starmer, cité dans le communiqué.
Cet accord couvrira la « collaboration militaire » en mer, mais aussi « les partenariats scientifiques et technologiques dans des domaines tels que les soins de santé et les maladies, l’agrotechnologie, l’espace et les drones ».
“Les Britanniques nous aident activement en ces temps difficiles”, a réagi l’ambassadeur d’Ukraine au Royaume-Uni et ancien commandant en chef des armées ukrainiennes, le général Valery Zalouzhny. “Nous devons être ensemble pour devenir encore plus forts dans cette lutte difficile que mène l’Ukraine contre l’agresseur”, a-t-il ajouté sur Telegram.
-« Ne faiblissez pas »
Lors de la dernière réunion du « groupe de contact » des partisans militaires de Kiev la semaine dernière à la base militaire de Ramstein en Allemagne, le président ukrainien a appelé ses alliés « à ne pas faiblir ». Il a une fois de plus exhorté ses alliés occidentaux à envoyer des troupes occidentales en Ukraine afin de « forcer la Russie à la paix ».
Donald Trump, qui doit être investi lundi 20 janvier, a affirmé qu’il préparait une rencontre avec Vladimir Poutine pour « en finir » avec le conflit en Ukraine. Le milliardaire républicain a clairement affiché son scepticisme quant aux milliards d’aide dépensés par Washington pour soutenir Kiev depuis l’invasion russe du 24 février 2022.
Lors de son audition mercredi, Marco Rubio, le secrétaire d’État désigné par Donald Trump, a appelé à une « diplomatie audacieuse » de la part des États-Unis pour mettre fin à la guerre. Le principal problème de l’Ukraine, dit-il, n’est pas « le manque d’argent, mais plutôt le manque d’Ukrainiens ».
Keir Starmer doit également annoncer jeudi une aide supplémentaire de 40 millions de livres (47,4 millions d’euros) pour la relance économique de l’Ukraine, selon Downing Street.
L’armée en difficulté
Le Royaume-Uni est l’un des principaux soutiens militaires de Kiev depuis le début de la guerre. Elle fournit notamment à l’armée ukrainienne des missiles Storm Shadow, utilisés par Kiev pour frapper des cibles militaires et énergétiques sur le sol russe, ligne rouge pour Moscou.
Londres a promis 12,8 milliards de livres (15,2 milliards d’euros) d’aide militaire et civile à l’Ukraine depuis l’invasion russe en février 2022, et a formé plus de 50.000 soldats ukrainiens sur le terrain britannique, selon les chiffres officiels. En juillet 2024, le gouvernement travailliste s’est engagé à mobiliser trois milliards de livres par an d’ici 2030-2031 pour soutenir militairement Kiev.
La visite de M. Starmer à Kiev intervient alors que l’armée ukrainienne est en difficulté depuis plusieurs mois sur plusieurs secteurs du front, face à une armée russe plus nombreuse et mieux armée. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, est également en visite officielle jeudi à Kiev.