Pourquoi limiter les allocations de chômage à deux ans pourrait coûter (très) cher

Pourquoi limiter les allocations de chômage à deux ans pourrait coûter (très) cher
Pourquoi limiter les allocations de chômage à deux ans pourrait coûter (très) cher

Un des points clés du programme MR et Engagés lors de cette campagne électorale concernait le retour au travail. Pour les deux partis, l’un des moyens qui permettraient d’atteindre un taux d’emploi de 80 % d’ici 2030, comme prévu, consiste à supprimer les allocations chômage au bout de deux ans, tout en garantissant un soutien plus ciblé des CPAS.

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L’objectif? Eviter de faire tomber dans la dépendance les demandeurs d’emploi, sachant que le coût du budget « chômage et interruption de carrière » pour le gouvernement fédéral représente 6,2 milliards et que 48,3 % des chômeurs complets indemnisés le sont depuis 2 ans et plus, selon Chiffres de Statbel. Dans la proposition des Engagés, il est précisément expliqué qu’à l’issue d’une période de chômage de deux années consécutives, tout demandeur d’emploi se verra automatiquement proposer un contrat de travail dans le secteur public ou associatif, en tenant compte de son profil. et son parcours de formation.

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Cette mesure ne semble pas surmontable pour le budget de l’Etat.

Le demandeur d’emploi peut également demander à transformer son allocation de chômage en aide au démarrage pendant un an s’il propose un projet entrepreneurial qui sera jugé viable par une banque. Si le demandeur d’emploi refuse, il perdra ses allocations de chômage.

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Si les deux partis de la future majorité sont unanimes sur cette idée, de nombreux économistes sont sceptiques quant à la faisabilité de cette réforme. C’est le cas de Philippe Defeyt, de l’Institut du développement durable (IDD), qui souligne par avance que la mesure n’a pas été proposée pour être chiffrée par le Bureau fédéral du Plan. « Tout d’abord, il faut dire que cette mesure va engendrer un coût très importantil explique. Si l’on suppose que les emplois proposés sont à temps plein, que le salaire utilisé est le revenu minimum mensuel moyen garanti actuel (soit 2 070,48 €/mois) que 90% des chômeurs concernés acceptent l’emploi, les autres refusent ou se lancent aide, le retour de 90% des chômeurs de 2 ans et plus à un emploi salarié coûterait, au total net, un peu moins de 850 millions par an.

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«On a mis la barre beaucoup trop haute»

Selon l’économiste, l’application de cette mesure pourrait même coûter encore plus cher à l’État étant donné que des revenus d’insertion doivent être pris en compte pour une partie de ceux qui refusent l’emploi proposé et que les salaires minimums dans les secteurs public et associatif sont nettement plus élevés.

« Avec cette proposition, nous avons placé la barre beaucoup trop haute et, dans l’état actuel des choses, cela ne semble pas surmontable pour le budget de l’État. Les Engagés proposent de faire des économies de 10 milliards mais il faudra trouver de quoi financer cette proposition, il continue. Il faudra évidemment du temps pour déployer cette approche. Et puis une autre question se pose : tant qu’on n’est pas en mesure d’offrir un emploi à tous ceux qui auraient accepté d’entrer dans ce système, comment « traiter » les chômeurs de longue durée qui se retrouvent de facto en « attente » ? liste”? Allons-nous appliquer le principe de dégression ?.

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Sans « adéquation » entre l’offre et la demande, on risque également de voir se multiplier les orientations des chômeurs de longue durée vers les CPAS, notamment pour certains profils de travailleurs isolés et déconnectés du monde du travail depuis plusieurs années. . années. La question de la distance géographique entre le lieu de résidence et l’emploi proposé se pose également. Il est difficile d’imaginer qu’un chômeur ayant des responsabilités familiales doive accepter un emploi qui nécessite un voyage en train de deux heures ou l’achat d’une voiture qu’il n’a pas les moyens de se rendre au travail.

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L’autre question qui se pose est où et comment trouver plus ou moins 115 000 emplois dans le secteur public ou associatif ? Surtout quand on sait que le président du MR et celui des Engagés estiment que le secteur public est déjà surchargé. “J’ai vraiment des doutes sur la capacité de créer autant d’emplois dans ces secteurs avec tout ce que cela implique et sans affecter l’emploi existant, sans oublier le risque de création d’emplois en double”, répond Defeyt. Le coût net pour le budget sera probablement plus élevé étant donné que des emplois fortement subventionnés seraient remplacés, au moins en partie, par des emplois moins subventionnés, voire pas du tout. Ils voulaient nous faire croire à une présentation sérieuse mais on commence déjà à voir apparaître de nombreuses limites ».

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