un gouvernement RN créerait « une explosion de précarité », préviennent ces associations

un gouvernement RN créerait « une explosion de précarité », préviennent ces associations
un gouvernement RN créerait « une explosion de précarité », préviennent ces associations
Maskot/Getty Images « Nous avons des mécènes, des bénévoles, mais jusqu’où peut aller la sphère privée pour lutter contre la misère ou la pauvreté ? » demande Vincent de Lahaye, directeur de l’association Le Village

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« Nous avons des mécènes, des bénévoles, mais jusqu’où peut aller la sphère privée pour lutter contre la misère ou la pauvreté ? » demande Vincent de Lahaye, directeur de l’association Le Village

PRÉCARITÉ – Un gouvernement aux couleurs du Rassemblement national ? “Pour le monde associatif, c’est un danger” alerte Manuel Domergues, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre. Dans ce contexte comme dans bien d’autres, l’inquiétude se fait sentir depuis les élections européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale.

La lutte contre la précarité serait-elle encore possible si les élections législatives menaient la France vers l’extrême droite ? Le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, qui lutte contre le mal-logement, et le directeur de l’association de solidarité citoyenne Le Village ont fait part de leurs craintes au HuffPost.

Peur de trier les bénéficiaires

“Le Rassemblement national a toujours été à l’attaque contre les étrangers, les immigrés et autres minorités de tous bords.soupire Manuel Domergue. Si le gouvernement décide de réduire leurs droits, cela aura des conséquences directes sur la pauvreté et les violences sociales, et donc sur les associations qui viennent en aide aux personnes qui en sont victimes.»

Au premier plan des craintes, la question de la « préférence nationale » régulièrement brandi par le RN et notamment par Jordan Bardella, qui a affirmé, le 18 juin sur France 2, qu’il soutenait le « priorité nationale » pour le logement social. Mais pour le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, « S’il y a des règles discriminatoires à l’égard des étrangers, s’ils n’ont plus le droit d’accéder aux logements sociaux, cela va créer une explosion de précarité qui touchera tout le tissu associatif. »

Il exprime sa crainte d’un élargissement de cette priorité nationale aux domaines de la solidarité. « Nous gérons des pensions, qui sont des lieux d’accueil pour des personnes qui ont un passé de rue. Si l’on devait exclure les étrangers, ce serait très inquiétant et poserait des problèmes éthiques très forts.souligne-t-il. Quand les gens n’ont pas de droits, comment pouvons-nous les aider ? »

Il rappelle qu’en France, une grande partie de l’action sociale est menée par des associations, sur mandat de l’Etat. «S’il fallait trier parmi les bénéficiaires des aides pour l’accès au logement, aux soins, à l’aide alimentaire, on demanderait aux associations de le faire, ce qui mettrait les travailleurs sociaux dans de grandes souffrances, ou bien cela les obligerait à contourner la règle ou s’engager dans la désobéissance civile. » Au nom de la Fondation qui soutient les personnes mal-logées, Manuel Domergues s’inquiète également de l’avenir du droit au logement.

« Que nous resterait-il en termes de soutien ? »

Vincent de Lahaye est directeur de l’association Le Village, dont la mission est d’accueillir et de soutenir des personnes en grande précarité dans le sud du Vaucluse. Dans ce département où le Rassemblement national a obtenu plus de 40 % des voix aux élections européennes, l’association propose diverses activités, des projets d’insertion et même des maraudes. Sur le terrain, elle se heurte déjà régulièrement à ce que son directeur appelle « la droite conservatrice »dans le cadre duquel il rassemble certains élus de droite ” dur “ et le Rassemblement national.

« Il y a des groupes plus difficiles à accepter pour ces couleurs politiques : les gens dans la rue, les gens qui relèvent du ministère de la Justice, les gens qui bénéficient du RSA… » souligne le directeur, qui affirme que certaines communes dans lesquelles ils opèrent ont désormais réduit les subventions qu’elles leur allouaient et que lorsqu’ils tentent d’y créer des projets, ils trouvent « portes closes »voire obstruction selon lui.

Pour maintenir son activité, l’association compte sur le soutien de l’État – pour combien de temps ? « Même si l’État devenait d’extrême droite, quel soutien nous resterait-il ? demande Vincent de Lahaye. Nous avons des mécènes, des bénévoles, mais jusqu’où la sphère privée peut-elle aller pour lutter contre la misère ou la pauvreté ? »

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