Cinéma. « Le Deuxième Acte », que vaut la nouvelle comédie cinglante de Quentin Dupieux ? – .

Cinéma. « Le Deuxième Acte », que vaut la nouvelle comédie cinglante de Quentin Dupieux ? – .
Cinéma. « Le Deuxième Acte », que vaut la nouvelle comédie cinglante de Quentin Dupieux ? – .

2 août 2023 : « Yannick ». 7 février 2024 : « Daaaaaali ! » » Et ainsi, le 14 mai 2024 : « Le Deuxième Acte ». Extrêmement prolifique, Quentin Dupieux signe son troisième long-métrage en moins de dix mois… et s’offre le luxe d’ouvrir le Festival de Cannes, un événement où il présentait il y a deux ans la parodie “Fumer fait tousser”. Dans la veine inventive de ses prédécesseurs, cette nouvelle comédie surprenante abandonne rapidement sa soi-disant intrigue pour s’imposer comme une mise en abyme aussi drôle que géniale du monde du cinéma et de ses travers.

Il faut dire que le film démarre fort, très fort, et dicte son ton au fil de quelques plans séquences. Sous un ciel gris, deux amis se dirigent vers ce « Second Act », un petit bar-restaurant situé au milieu de nulle part. L’un d’eux (Louis Garrel) veut se débarrasser de sa petite amie en la jetant dans les bras de son ami (Raphaël Quenard). Une situation qui n’est pas si éloignée des « Caprices de Marianne » d’Alfred de Musset. Tout bascule lorsque l’acteur, fraîchement récompensé d’un César pour “Scrapyard Dog”, tient des propos sur l’homosexualité tout en flirtant avec la zone grise. Dès lors, son partenaire brise le quatrième mur pour lui rappeler qu’ils sont filmés et qu’il doit utiliser des termes plus appropriés…

Quelques minutes plus tard, la chérie en question (Léa Seydoux) discute avec son père (Vincent Lindon), qui coupe à son tour la scène, pas convaincu de l’utilité du 7ème art en comparaison des événements dramatiques qui se déroulent dans le monde… Puis, mine de rien, il se retourne lorsqu’il apprend que l’Américain Paul Thomas Anderson souhaite le caster dans son prochain film.

Ce « Deuxième Acte » a le mérite de ne jamais être donneur de leçon et de ne pas tomber dans la facilité.

Colère, #MeToo, pièces sombres…

Fantastique directeur d’acteurs, Quentin Dupieux joue de la complicité de son quatuor pour susciter le débat, sans jamais oublier d’être ludique. Voir Vincent Lindon se vanter d’avoir 40 ans de métier et s’amuser à faire des crises de colère démontre toute l’autodérision dont il fait preuve. De la même manière, Léa Seydoux, en mode #MeToo, menace de poursuivre Raphaël Quenard en justice alors qu’il tente de l’embrasser dans les toilettes…

Loin de s’arrêter là, le réalisateur évoque l’état des figurants et effleure habilement la surface de l’intelligence artificielle… qui dirigerait le long métrage en question ! Lors d’une réplique, il rappelle également la situation délicate des cinémas depuis l’ère Covid. Difficile d’être plus complet.

Résolument libre dans sa démarche et marqué de l’empreinte de son auteur, qui, comme à son habitude, délivre un geste vif en assumant le côté « fou », ce « Deuxième Acte » fait donc le point sur la situation actuelle du monde cinématographique au moment où plusieurs tournants ont lieu. Il a aussi le mérite de ne jamais donner de cours et de ne pas emprunter la voie de la facilité. Pertinent et caustique donc, jusqu’à son dernier travelling, clin d’œil décalé aux frères Lumière.

« Le Deuxième Acte », de Quentin Dupieux. Durée : 1 heure 20 minutes. Sortie ce mardi 14 mai.

 
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