« J’aimerais que notre ministre connaisse mieux le logement social »

« J’aimerais que notre ministre connaisse mieux le logement social »
« J’aimerais que notre ministre connaisse mieux le logement social »

Il y a quelques jours, le ministre du Logement Guillaume Kasbarian évoquait la fin du « logement social à vie » et un meilleur réexamen des critères sociaux de la part des bailleurs sociaux. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je pense que nous avons un ministre qui veut avant tout interpeller l’opinion publique autour d’un problème, l’occupation des logements sociaux par des ménages qui partiraient…

Il y a quelques jours, le ministre du Logement Guillaume Kasbarian évoquait la fin du « logement social à vie » et un meilleur réexamen des critères sociaux de la part des bailleurs sociaux. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je pense que nous avons un ministre qui souhaite avant tout interpeller l’opinion publique autour d’un problème, l’occupation des logements sociaux par des ménages qui sortiraient des critères d’attribution parce qu’ils ont trop de revenus… J’aimerais que notre ministre crie moins avec choc phrases, mais connaît mieux le logement social et le travail de ses acteurs.

Ce est-à-dire ?

Les acteurs du logement social scrutent les revenus des ménages à leur arrivée, et ils les contrôlent tous les trois ans. Il y en a certes qui, au fil du temps, échappent aux critères de revenus initiaux, et c’est une bonne chose, mais pour la majorité d’entre eux, leurs revenus ne dépassent pas plus de 20 % du maximum d’attribution du loyer. C’est seulement dans ce cas qu’ils paient, temporairement, un loyer supplémentaire et restent sur place avec des moyens qui ne leur permettent pas de se loger dans le parc privé.

Mais si le ménage déclare des revenus au moins 50 % supérieurs au plafond, il doit partir. Est-ce effectivement le cas ?

Oui… mais même dans ce cas précis, il existe des exceptions légales qui s’appliquent. Par exemple, on ne peut pas forcer une personne de plus de 65 ans, ni une personne souffrant d’un handicap, à quitter un logement social. En fait, la petite phrase sur « un logement pour la vie » est l’arbre qui cache la forêt.

« On ne peut pas résoudre le problème du logement social avec des formules qui opposent et stigmatisent locataires et propriétaires »

Que veux-tu dire ?

Premièrement, les locataires qui occuperaient un logement social alors même que leurs ressources dépassent les plafonds et devraient le quitter ne représentent qu’une infime marge qui ne résout pas le véritable problème du manque de logement social. En Nouvelle-Aquitaine, nous avons 174 000 demandes de logement en cours… Nous gérons 320 000 logements sociaux. Seuls 4% de leurs locataires disposent d’un revenu nécessitant un loyer supplémentaire. La grande majorité de nos locataires ont un revenu bien inférieur au revenu maximum admissible. Evitons donc les formules simplistes ; on ne peut pas résoudre le problème du logement social avec des formules qui opposent les locataires les uns aux autres et les stigmatisent comme bailleurs. Nous ne pouvons pas non plus le résoudre avec un simple tableau Excel.

De quoi ont besoin les bailleurs sociaux alors qu’un projet de loi est sur le point d’être examiné ?

Des mesures de bon sens. Dialoguer aussi. La loi qui se dessine n’a pas été élaborée avec les acteurs du logement social… Cela semble difficile à croire mais c’est le cas. Il faut plus de logements, faciliter la construction, simplifier certaines normes. Expulser les ménages dont les revenus dépassent légèrement les plafonds d’éligibilité initiaux n’est pas une bonne solution. Cela réduirait encore davantage la mixité sociale dans ces logements et ensuite, compte tenu de l’état du marché immobilier et des prix, où iraient ces ménages trop « confortables » pour le logement social, généralement trop modestes pour le logement privé ?

 
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